TROISI'EME PARTIE. 341
Toute forte de cuivre, n’est pas matière convenable , pour Elire ces for-mes-, mais feulement, celuy qui est jaune, que l’on nomme leton doux, commeest ceì u y des rerail les de battanes,ou chaudières j qui n’est aucunement alliéd’étain, ny de plomb. Le premier, devenant trop dur, par cet alliage ;&nefe pouvant perfectionner à Toutil, fur le tour : 6c le second, trop mol , com-me est le potin, qui ne peut donner radoucissement à un verre , ny le con-duire au polir.
L’Estain pur d’Angleterre, ou à défaut celuy d’Allemagne , allié par moi- EstaJtié d’étain de glace, 6c rendu assez dur, par cet alliage 3 y peut commode- d’Angle*ment servir ï comme j’ay dcja remarqué. Pour le choix de l'étain, je préféréceluy d’Angleterre, qui fe vend en saumon ; d’autant que celuy d’Allema- «lu?gne, que l’on vend communément en grille, ayant ordinairement passé au àii-m»-»fer blanc, y décheoit beaucoup de fa bonté ; mefme pour le polir : perdant gnc *beaucoup, de fa qualité détersive. '
Les Platines, ou formes de fer bien doux , Se bien net, font excellentespour le travail des verres • 6c les conduisent parfaitement au polir, par un^ n s fadoucissement fort égal. Estes doivent aussi avoir une épaisseur suffisante, cdiét’pourpour les tenir en coníìstence solide, soit sur le tour , en les formant ; ou au baslfns*^' *travail du verre. Lors que l’on s’en fera fervy, pour les laisser de repos, on les travaiiicressuyera bien, de toute humidité ; 6c on les frottera legerement , d’un linge lci verrcs *un peu enduit d’huile d’olives, asin qu’elles ne fe rouillent.
La maniéré plus commode, de preparer toutes ces formes, estant de lesjetter en fonte ; íans m’arrester à en particulariser les moyens , qui font assezcommuns^ je me contenteray de donner feulement â nostre Artiste, les avis Precmuóssuivants fur ce sujet. Premierement, de ne mêler , ou allier aucunement le r/s^ûrcuivre, duquel il fera fondre fes platines, ou formes, ne s’y servant que du pur faire venirleton ; le plus doux, est le meilleur : c’est-pourquoy, il fera prudemment d’e- y*,, 0 *™ 6 *stre présent , à les voir fondre. Secondement, les châssis estants formez, il y lemenf*fera faire plusieurs évents, de la partie inferieure de ta forme , vers la fuperieu- P lc ‘ nes »*re, en divers endroits ; asin que les platines,viennent bien pleines à la fonte ; 6c ° nu 'fans flatuositez ou soufflures. Troisièmement, pour fermer les espaces, en-tre les grains du fable : les formes estants moulées, il y fera secouer dessus,
Un poncif d'ardoife calcinée , 6c tres-fubtilement pulvérisée , mélée d’untiers de sine fleur de farine de froment; 6c en fuite, il fera flamboyer leschâssis, avec la fumée d’un flambeau de raisiné. En quatrième lieu, âpres ceponcif, il fera remettre les modelés dans les châssis, pour represser le fable 5 6crendre les moules plus unis, 6c glissants6c estants fermez, il les fera situer débout, mais fort peu en panchant furie costédu travail des formes ; pour leurfaire recevoir plus égalemeijit le métal. Cinquièmement, il faut toujours quele creuzet contienne deux ou trois livres de métal, plus qu’iln’en est necessii.te -, 8cle métal estant fondu, 6c prest à jetter dans les moules , ou châssis •
Payant bien agité dans le creuzet, avec une verge de fer, il y jettera à diversesfois, la grosseur d’une noix ,de raisiné pulvérisée, 6c mélée d’une quatrièmepartie de falpetre raffiné ; mêlant bien le métal à chaque fois. Et enfin, ayanttiré le creuzet du fourneau, 8c bien écumé la crasse du métal, il y mettra lereste de cette mixtion, fans plus le mouvoir : laquelle consommée , ij ferapromptement verser le métal, dans les châssis. Car estant parfaitement lique-Eé,ôc épuré en cette maniéré : les formes y viendront parfaitement pleines, 6cUnies,fans aucun grain , ny defectuosité. Ainsi estants refroidies , i! resterafeulement, de faire limer, ce qui a coutume de s’y trouver superflu , á l’endroicjet, 6c des jointures des châssis, 8çc. 6celles feront entierement disposées, à€ stre rectifiées, 6c perfectionnées, fur le tour : duquel devant qu’en donner la
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