TROISIEME PARTIE. 3J3
■qu’ellesoit bien également méiée 5 8c que cette composition, soit en consi-stance assez forte. Ce que l’on connoistra par la resistence , que la composi-tion fera, au mouvement de la spatule : en quoy l’on considérera neantmoins,la qualité de la saison ; la faisant plus forte, pour servir dans l’Esté, que dansl’Hyver.
DE LA MATIERE t DF MORDANT .
D Ans le besoin, l'on ne fait pas élection particulière, de la matière du mor-dant 5 le fable de rivière, peut passablement servir, à former le verre $ il nedure pas neantmoins assez au travail, perdant en peu de temps fa pointe, 11 elìtrop lent en son effet. L’émeril, au contraire, est trop dur, pour le verre } 8cpour les platines de leton : ausquelles, il laisse une mauvaise qualité , incru-stant leur superficie, de sa poussière ; qui y retenant long.temps íà pointe, ga-ste ordinairement les verres, que l’on veut adoucir, 8c conduire au polir : lesrayant de traits, que l’on ne peut souvent oster, sans recommencer le travail,ce qui est importun. Le grez médiocrement dur, est donc le plus propre pource travail j il íé trouve assez communément, chez ceux qui se servent de meu-les à aiguiser, lesquelles se rompants souvent, leur demeurent inutiles, à autreschoses. Ce grez n’a besoin d’autre préparation, que d’estre broyé en poudre 5l’on en doit toujours conserver séparément, de trois, ou quatre degrez de for-ce : pour les employer selon la qualité du travail. On les séparera fort com-modément, mettant tout le grez qui a servy, dans un grand vaisseau pleind’eau ,6c le mouvant bien ; car le laissant un peu r’asseoir , tout le plus gros.Ira au fond -, 8c alors inclinant promptement ce vaisseau , pour remettre toutecette eau dans un autre , tout le plus subtil, s’y écoulera avec l’eau ; que l’onlaissera entierement r’asseoir , écoulant en fuite.doucement i'eau , pour avoirle grez, qui fera demeuré au fond. Ce que réitérant diverses fois, l’on aura sé-parément , tant de degrez de force, de ce grez $ que l’on voudra. On le conser-,veraendes vaisseaux, séparément.
D F TRIPOLY.
P Our polir les verres déja formez ,8c adoucis par le mordant z l’on se peutservir de tripoly , ou de potée d’estain. Le meilleur tripoly, est celuy<l’AI!emagne. Mais de quelque forte de tripoly , que l’on se serve, le plusle-ger, est toujours le meilleur. L’on s’en peut servir en pierre, comme la natu-re le produit, lors qu’ilales bonnes qualitez ; autrement, on le broyera par-faitement avec de l’Eau-de-vie, ou á défaut avec du vin blanc : 8c l’on en met-tra une quantité ensemble, dans un vaisseau de verre, bien fermé ; car en cetteManiéré, il se fermentera, & adoucira excellemment. Apres que ce tripoly,a ura demeuré dans son vaisseau, quatre, ou cinq mois, l’on en pourra pren-dre, & en faire de petites masses, que l’on laissera sécher à l’ombre, pour s'enservir à sec : l'on pourra aussi s'en servir mol , 8c le prendre immediatementc omme il est dans le vaisseau.
On le peut encore autrement preparer, pour l’adoucir parfaitement, & íuya ugmenteradmirablement fa qualité détersive: c’est-à-sçavoir , en emplissant"deux creusets,que l’on lutera tres-bien, 1 ’unsur l’autre j & tout à l'entourlaissant-bien scicher le lut, àl’ombre ; afin qu’il ne sc fende, & n’évapore aulc unemenr. L’on mettra en fuite ce creuzet, dans un four de Boulanger • le cou-rant entierement de braize , 8c l’y laissant l’espace de deux jours, ou da van-