Band 
Tome premier.
Seite
573
JPEG-Download
 

RÉGLEMENS FORESTIERS. Année 1802 (an io). 5 7 5

» Le second jugement a été rendu le 22 du mememois , au rapport du C. Liborel , entre 1 é-tat , demandeur en cassation , et la communeJe Forcwhir , défenderesse. Les circonstances decette affaire étoient les mêmes que celles de la pré-cédente, et le jugement de cassation est rédigé à peuprès dans les mêmes termes que celui dont nous ve-nons de vous rendre compte.

35 Le troisième jugement est du i er . thermidoran 9. En voici le prononcé : « Ouï le rapport33 du C. Aumont. ... Vu larticle 8 de la33 loi du 28 août 1792; V u les lois concernant la33 suppression du régime féodal, dont aucune ne fait33 mention du prétendu droit des ci-devant seigneurs,33 de disposer , à ce titre , des chenes dans 1 étendue33 de leurs seigneuries ; Considérant que la com-33 mune dHeimbsprunn na pas prouve avoir jamais33 joui des chênes dans la forêt contentieuse; quelle33 a au contraire formellement et authentiquement33 reconnu que les ci-devant seigneurs du lieu avoient33 la libre et exclusive disposition de cette espèce33 darbres ; Considérant que rien ne justifie que33 les ci-devant seigneurs aient disposé des chênes de33 la forêt dont il sagit, autrementque comme pro-33 priétaires, et uniquement à titre de servitude féo-33 dale ; et que, lorsquil sagit dobjets immobiliers33 sur-tout, la présomption est toujours que la jouis-33 sance a eu pour cause la propriété ; que le droit33 de jouir et disposer des chênes ne saurait être33 considéré comme dérivant de la féodalité, et quil33 nest pas compris parmi les droits seigneuriaux33 abolis par les lois qui ont détruit le régime féodal;33 quil suit de quil y a dans le jugement attaqué33 (rendu par le tribunal civil du département des33 Vosges, le 11 floréal an 7) , contravention for-33 melle à larticle cité de la loi du 28 août 1792 ,33 et fausse application des lois concernant la feo-33 dalité ; Le tribunal casse et annulle ledit juge-33 ment ; renvoie les parties devant le tribunal dap -33 pel séant à Nancy ....33

33 Des décisions aussi formelles et aussi bien mo-tivées ne laissent plus le moindre doute sur laparfaite conformité du jugement attaqué aux vraisprincipes et aux lois de la matière.

33 Nous estimons , en conséquence , quil y a lieude rejeter la requête en cassation , et de condamnerla commune demanderesse à lamende de i 5 ofr.uCes conclusions ont été adoptées par jugement du23 ventôse an 10, au rapport de M. Lombard;« Attendu que , si larticle 10 de la loi du 3 brumairean 2 prescrit aux juges de prononcer le jugement lemême jour quils ont vidé le délibéré , il ne leurimpose pas le devoir de prononcer le jugementavant quils aient fait lexamen des pièces , et puvider le délibéré quils ont ordonné; Que les ha-bitans de la commune de Mesnil-Latour nont pasprouvé avoir possédé dans aucun temps la futaie desbois de chêne des bois communaux ; et quau con-traire il a été établi que les ci-devant seigneurs decette commune ont possédé , depuis un temps im-mémorial , cette futaie: D il suit que le tri-bunal dappel de Nancy na point contrevenu auxarticles 8 et 12 de la loi du 28 août 1792; etquau contraire, il en a fait la juste application. »

iV. Il nest pas extraordinaire, ainsiquon vient dele voir, que la futaie dune forêt appartienne à unautre propriétaire que celui du taillis. Des seigneursont pu, à lexemple du roi, qui se réservoit tou-jours la futaie dans les engagemens quil faisoit desforêts du domaine , faire la même réserve en leurfaveur dans les aliénations de leurs biens.

1802. 17 mars. (26 -ventôsean 10. ) Circulairen°. 74. Droits dépassé.Fraisde bureau.Portsde lettres. V. le Mém. for., t. 4, p. t 3 o, et lanouvelle Instruction générale du 23 mars 1821.

1802. ii) mars. (27 ventôse an 10 .) Ordonnanced u *préfet de police de Paris, concernant lar-rivée y le départ et la vente des bois de chauffagedans cette ville. V. le Mém. for. , t. 2 , p. 83 .

1802. 19 mars. ( 28 ventôse an 10.) Circulairen°. 75, état général des ventes. Ne doit com-prendre aucun objet étranger. V. le Mém. for. ,t. 4, p. i 33 , et la nouvelle Instruction généraledu 23 mars 1821.

VWCVWWWV VV»VVVVVVVVVWVW WW^VWWWVWVVW

1802. 20 mars. ( 29 ventôse an 10.) ARRÊTÉDU GOUVERNEMENT.

Défense de faire des coupes extraordinaires dans

les bois dont les acquisitions sont attaquées comme

illégales (1).

Les consuls , etc.

Vu les mémoires et lettres adressés au ministredes finances par les administrateurs généraux desforêts , portant quun grand nombre dacquéreursde bois nationaux illégalement vendus, et dont lesacquisitions sont actuellement attaquées devant lescorps administratifs , se permettent, au préjudicede la litispendance , de faire dans ces bois des coupesextraordinaires , et même de les défricher en entier,et que ces excès ont eu lieu sur-tout dans le dépar-tement de lAisne ;

Sur le rapport du ministre des finances , le con-seil détat entendu , arrêtent :

Art. I er . Défenses sont faites à tous acquéreursde bois nationaux dont les acquisitions sont atta-quées comme illégales, de faire dans lesdits bois,avant la confirmation définitive de leurs acquisitionspar lautorité compétente , aucune coupe , exploita-tion , défrichement ou toute autre entreprise , au-delà des coupes ordinaires ; à leffet de quoi ces boissont mis sous la surveillance des agens forestiers.

2. Le ministre des finances est chargé de lexé-cution du présent.

(1) P'oy. la Circulaire n®. 84 > du 26 germinal an 10.