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Tome premier.
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 3l

» De leur conservation dépendent les succès de l’agriculture, du commerce, des manu-factures et des arts, la marine, la navigation intérieure, les mines, toutes les commodité»de la vie et notre existence même.

» Le domaine a perdu par des échanges onéreux et abusifs les plus belles forêts , que le»usurpateurs se sont empressés de détruire , pour rendre impossible la réparation.

» Dans la révolution, des communes entières, par attroupemens.... y et les gardes mêmessont devenus les premiers dévastateurs des forêts. »

Il évalue les besoins de la consommation des foyers et des usines à.... 8,333,320 cordes

et le déficit à. 2,016,680

et il ne trouve plus de moyen de compensation que dans les mines et les tourbières. Lesbesoins de la marine sont évalués à sept millions de pieds cubes, et il fait observer qu’iln’existe plus de futaies que dans les bois du gouvernement. Il termine par des réflexionsfortes contre le système des aliénations et contre le mode d’administration suivi à cetteépoque.

Mais la convention, plus occupée de détruire que de conserver, ne pouvoit apprécier lasagesse des observations qui lui étoient adressées.

La quatrième époque, assignée par M. de la Bergerie à l’histoire des forêts, nous pré-•ente encore des désordres, mais plus rares, moins désastreux. Le gouvernement consu-laire adopte des mesures réparatrices ; une administration spéciale, est organisée ; le désirde rétablir succède à la fureur de détruire, une meilleure surveillance réprime les délits;plusieurs lois remettent en vigueur les principes si long-temps oubliés de la conservationdes forêts ; l’impulsion des améliorations est donnée, et l’on voit les débris du domaineforestier se ranimer et promettre encore des ressources à la France .

Mais les désastres de 1812 à 1815 ramènent la dévastation au sein des forêts ; les coupesextraordinaires qu’exige la défense des places de guerre ; les gardes éloignés de leur postepour faire un service militaire; les invasions de l’étranger; les délits commis par les habi-tans, etc., etc.; tout concourt à consommer la ruine de ce malheureux domaine, toujoursen butte à la cupidité, toujours attaqué et toujours affoibli.

Terminons cet essai de l’histoire des forêts par l’exposé de celles qui nous restent pourfoire face à tous nos besoins.

Les forêts appartenant à l’état, en 1808, pour tout le territoire dont la France étoit alorscomposée, présentoient une étendue de 2,321,802 hectares, et un produit de près de5o millions.

La réduction du territoire, les restitutions et les aliénations ont réduit la contenance desforêts du domaine à environ 1,200,000 hectares, et celle des forêts communales à 2,000,000:ainsi le total des bois soumis à l’action du gouvernement est de 3,200,000 hectares. Uncinquième environ de cette masse est aménagé en futaie, demi-futaie et haut-taillis; lereste ne forme que de petits taillis.

Suivant l’exposé de la France en 1813, présenté au corps législatif, les bois appartenantaux particuliers n’auroientformé que le quart du sol forestier; car on estimoit que la France ,possédant alors 8 millions d’hectares de bois , il n’y avoit dans cette masse que 2,000,000hectares de bois de particuliers. Mais les restitutions qui ont été faites, et qui se montent à