DICTIONNAIRE GÉNÉRAL,
RAISONNÉ ET HISTORIQUE
DES EAUX ET FORÊTS,
CONTENANT
Tout ce qui a rapport à leurs diverses parties physique , économique et
réglementaire.
A.
ABANDON. Ce mot vient de l’italien , aban-donnare , et <lu latin bandum deserere , quitter sesdrapeaux. C’est l’état où est une personne, unechose abandonnée. Les bestiaux a l’abandon, quicausent des dégâts sur les propriétés d’autrui, peu-vent être saisis par le propriétaire qui éprouve lesdommages, sous l’obligation de les conduire, dansles 24 heures, dans un lieu de dépôt. ( Loi du 28septembre 1791 , tit. 2, art. 12.)
Les bestiaux trouvés à l’abandon dans un boisaliéné et qui ne sont point réclamés doivent êtrevendus, pour le prix en être employé à payer lesdégâts causés au nouvel acquéreur de fa forêt,quand même celui-ci n’en auroit pas payé la totalitédu prix. C’est la conséquence d’une ordonnance duroi du 29 octobre 1817. ( V. cette ordonnance auRecueil.)
ABATAGE. ( Terme de forêt). Il signifie , entremarchands de bois, la peine et les frais pour abattreles bois qui sont sur pied. C’est à V acheteur à payerVabatage , à moins qu’il n’y ait une conventioncontraire. La signification propre de ce mot est l’ac-tion d’abattre le bois.
L’amende et la confiscation des bois doivent êtreprononcées pour abatage, après le 1 5 avril. ( Arrêtde la cour de cassation , du 29 mai 1807. )
C’est aux tribunaux correctionnels, saisis delàpoursuite pour abatage au-delà des limites d’unecoupe, à apprécier les exceptions de l’adjudicataire,qui prétend n’avoir pas dépassé ces limites. ( Id. du3 novembre 1810.)
Abatage des arbres de réserve, des bois de marine.V. adjudicataire, arbres de réserve, marine.
ABATBIS. Ancien terme qui signifiait une forêt ;il n’est plus d’usage.
AB A FIS. Quantité de choses abattues , telles quebois, arbres, pierres, maisons: on dit le vent a faitde grands abatis de bois. Les forestiers emploient
ABE
aussi ce mot pour désigner les branches des arbresqu’on a élagués. Enfin, on dit: faire un abatis, ungrand abatis de gibier , pour dire, en tuer beau-coup. •
ABATTEUR. Qui abat. 11 ne se dit guère abso-lument, maison dit: ce bûcheron est un grand abat-teur de bois.
ABATTRE. Ce mot qui vient de l’italien , abba-tiere , formé de ad et de battere, jeter bas, renverserpar terre, abaisser. En terme de forêts, il signifiecouper des bois , et se dit sur-tout en parlant desarbres, tandis qu’on dit mieux couper un taillis.L’art. XLII du tit. XV de l’ordonnance de 1669prescrit d’abattre les futaies le plus bas que faire sepeut, et de couper les taillis à la cognée, à Heur deterre, sans les écuisser ni éclater; en sorte que lesbrins de cépées n’excèdent la superficie de la terre,s’il est possible, et que les anciens noeuds recouvertset causés par les précédentes coupes, ne paraissentaucunement. V. exploitation , coupe, adjudica-taire.
ABATTURE. Ancien mot qui avoitla même si-gnification qu’abatis; mais il s’emploieroit plus par-ticulièrement pour désigner l’action d'abattre legland ; on disait : abatture de glands.
Abattures , est aussi un terme de chasse. V- cemot dans le Dictionnaire des chasses.
ABEILLE, apis (Lin.). Les abeilles sont sortiesdes bois pour passer dans l’état de domesticité. Onles voit encore répandues dans toutes les forêts dunord et du midi, et même dans celles de l’Amé-rique, où elles ont été apportées de l’Europe , il ya environ cent cinquante ans. En Pologne et enRussie , elles procurent des revenus très-considé-rables aux propriétaires de bois, et c’est d’aprèsl’exemple donné par ces pays que plusieurs auteursont proposé d’introduire la culture des abeilles dansles forêts de la France .
Une circulaire du 4 avril 1811 , de l’administra-