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Tome premier.
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AIR

AIR

Le gaz azotique , lorsqu’il est pur , n’a aucuneodeur ni saveur sensibles.

11 n’est point soluble dans l’eau , ou du moinstrès-peu.

Il ne donne aucun signe d’acidité , et ne rougitpoint les couleurs bleues des végétaux.

Il éteint subitement les corps embrasés , et tueavec beaucoup de promptitude et d’énergie les ani-maux qu’on y plonge.

Le gaz azotique se rétablit et devient respirablepar la végétation de la verdure , parce que les vé-gétaux fournissent de l’air pur, en absorbant l’hydro-gène de l’eau qui sert à la végétation, et en laissantl’oxigène libre. En effet, si avec 72 parties de cegaz, on mêle 28 parties d’air pur, on en fera un airsemblable à celui de l’atmosphère , et respirablecomme lui.

L’azote est un des principes les plus abondammentrépandus dans la nature.

Il e«t aussi un des élémens qui constituent essen-tiellement les matières animales.

Des propriétés de l’air.

Nous venons de voir que l’air atmosphérique étaitun mélange de deux fluides élastiques, le gaz oxi-gône et le gaz azotique ; que le premier est le seulpropre à l’entretien de la vie des animaux ; que ce-pendant, si nous le respirions seul et sans mélange,il pourrait nous faire périr assez vite, par la chaleurardente qu’il communiquerait à tout notre être ; quele second , s’il était seul, nous suffoquerait aussitrès-promptement.

Nous avons dit aussi que l’air était pesant, com-pressible , élastique , transparent, sans couleur ,invisible et incondensable en liqueur par le froid.

Il ne devient jamais partie constituante d’aucuncorps; mais ses bases, l’oxigène et l’azote entrentdans la composition d’un grand nombre de subs-tances ; l’oxigène entre dans la composition de tousles acides, de tous les oxides, etc. , et l’azote danscelle des animaux et de quelques végétaux, pourvuque ces bases cessent d’être combinées avec le ca-lorique.

Tant qu’elles demeurent ainsi combinées , ellesforment un fluide qui ne cesse jamais de l’être , etcette fluidité est causée par l’élasticité , qui tendtoujours à dilater la masse , et qui conserve la mo-bilité respective des parties. Si l’air n’était que com-pressible , il pourrait former un corps dur, commefait la neige fortement pressée.

L’air adhère assez fortement à la surface des corps.

Sa pesanteur spécifique est à celle de l’eau dis-tillée à-peu-près comme 1 est à 800. On a calculéque le corps d’un homme d’une moyenne taille sup-portait une colonne d’air du poids de 3 i , 36 o livres,poids plus que suffisant pour l’écraser, si l’actiondes poumons et d’autres causes n’en contre-balan-çaient les effets. On est surpris aussi qu’un grandrécipient dans lequel on fait le vide , par le moyend’une machine pneumatique , ne soit pas écrasé parla pression de l’air extérieur; car cette pression égalele poids d’une colonne de mercure, qui aurait pour

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base la largeur des récipiens et pour hauteur environ28 pouces, ce qui est un poids énorme à soutenirpour un vase de verre. Ce qui peut les garantir de cetaccident est leur figure arrondie en forme de cy-lindre.

L’air se comprime par son propre poids dans l’at-mosphère ; de sorte que dans un lieu bas il est pluscomprimé et a plus de densité que dans un lieu élevé.11 diminue de volume dans le même rapport que lacompression augmente. On ignore jusqu’à quel pointon peut condenser l’air. Halès dit l’avoir réduit, parcompression, à la i, 838 e . partie de son volume ; maison doute de l’exactitude de son expérience.

Y? élasticité de l’air tend toujours à dilater sa masse.Mais il en est de sa dilatation comme de sa conden-sation ; on ignore jusqu’à quel point elle peut aller.Boy le prétend l’avoir dilaté jusqu’à lui faire occuperun espace 13,679 fois plus grand que celui qu’il oc-cupait.

L'élasticité de l’air est parfaite ; c’est-à-dire quesi une masse d’air a été comprimée par une forcequelconque, et qu'ensuite cette force cesse d’agir ,la masse d’air se rétablit complètement, reprendprécisément le même volume qu’elle avait avant lacompression , et se rétablit avec la même prompti-tude que celle avec laquelle elle a été comprimée.Son élasticité est également inaltérable , car ni laforce , ni la durée de compression n’altèrent en au-cune manière le ressort de l’air , ainsi qu’on en afait l’expérience dans des cannes à vent.

La chaleur augmente le volume de l’air , et lefroid le diminue. La chaleur augmente aussi le res-sort de l’air; et c’est pour cette raison que l’air d’unechambre échauffée par un poêle, quoique raréfié parla chaleur, fait cependant équilibre à la pression del’atmosphère. Dans cette circonstance , la chaleurqui diminue la densité de l’air , augmente en mêmetemps son ressort, et l’augmentation de l’un com-pense la diminution de l’autre.

L'air atmosphérique est non-seulement le fluideessentiel à l'entretien de la vie des hommes et desanimaux , mais il est encore le plus approprié à cettefonction. L’oxigène qu’il contient ayant une grandeaffinité avec une matière charbonneuse qui se trouvedans le sang et les poumons, se combine très-aisé-ment avec elle , et par là abandonne une portion dela grande quantité de calorique qui entre dans sacomposition, lequel calorique demeure pour l’entre-tien de la vie, à laquelle il est essentiel. Mais commecet oxigène, cet air vital, si on le respirait pur, fe-rait perdre la vie en assez peu de temps, à cause dela trop grande quantité de calorique qu’il commu-niquerait à l’économie animale, il est toujours mêlé,dans l’air atmosphérique, avec environ trois quartsde gaz azotique, qui non-seulement sert à en tem-pérer les effets , mais dont la base , l'azote , entredans la composition des chairs, et sert à les anima-liser.

Les animaux qui vivent toujours dans l’eau ontbesoin d’air comme les autres. Aussi les poissonssavent-ils s’approprier celui qui est disséminé dansl’eau , et ils s’élancent souvent à la surface pour enprendre de nouveau et en plus grande quantité. S’ilsmeurent dans les étangs, sous la glace, il n’est pas