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Tome premier.
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AIR AIR • 143

a été constatée par des expériences rigoureuses :l’impossibilité de soutenir l’eau à plus de 32 pieds ,fit soupçonner à Torricelli qu’une cause extérieuresoutenait ce liquide à cette hauteur, et que ce n’étaitpoint l’horreur du vide qui précipitait l’eau dansles tuyaux des pompes. Ce célèbre physicien remplitde mercure un tube bouché par une de ses extré-mités 5 il le renversa sur une cuvette pleine de cemêirffe métal, et vit le mercure s’arrêter constammentà 28 pouces après plusieurs oscillations ; il vit dansle moment que les différences dans les hauteurs ré-pondaient à la pesanteur relative des deux fluides,qui est dans le rapport de 14 à 1 : l’immortel Pas-chal prouva, quelque temps après, que c’était lacolonne d’air atmosphérique qui soutenait les li-quides à cette élévation et s’assura que la hauteurvariait selon la longueur de la colonne qui presse.

Perricr constata le même fait ; il porta le baro-mètre fixé sur une planche graduée en pouces et enlignes, au Puy-de-Dôme , et pbserva qu’à mesurequ’il s’élevait vers le sommet de la montagne, lemercure s’abaissait dans le tube, et qu’au contraireil s’élevait dans le tube à mesure qu’il descendait versle pied de la montagne. La colonne de mercure, sou-tenue par le poids de l’atmosphère , était donc pluslongue dans le bas de la montagneque danslehaut.

On ne connaît point la hauteur jusqu’à laquelles’étend l’atmosphère au-dessus de la surface de laterre. On a cependant supputé avec assez de vrai-semblance que cette hauteur "^tait d’environ 16lieues.

On a voulu connaître quelle était la pression del’atmosphère sur la surface de notre corps. Cettepression est énorme.

Notre corps est pressé, dans tous les points de sasurface, par l’air de l’atmosphère, puisque ce fluide,de même que tous les autres, exerce sa pressiondans tous les sens ; et le poids qu’il soutient est ce -lui d’une colonne d’air dont la base est égale à lasurface de notre corps, et dont la hauteur est cellede l’atmosphère.

Or le poids de cette colonne d’air est égal à celuid’une colonne de mercure de même base et de 28pouces de hauteur. D’après cela, il est aisé de con-naître la valeur de cette pression sur nous. On sup-poseque la surface du corps d’un homme demoyennetaille est de i 5 pieds carrés. Or un pied cube demercure pèse 948 livres 12 onces 2 gros i 3 grains :une colonne de mercure d’un pied carré de base etde 28 pouces de haut pèse donc 2,216 liv. 1 once7 gros 54 grains ; lequel pied , multiplié par i 5 ,donne pour produit 33 ,241 livres i 3 onces 4 gros.Telle est la pression moyenne que nous éprouvonsde la part de l’atmosphère. Cependant nous ne nousen apercevons guère, parce que nous respirons lemême fluide que celui qui nous presse , et parce quecette pression est une sensation continuelle, et quenous ne nous apercevons bien que des choses qui nenous sont pas ordinaires.

Il y a dans l’atmosphère beaucoup de substancesétrangères, de différente nature, qui s’élèvent dela terre dans l’air.

On divise ces matières en deux classes : celle desmatières qui tiennent de la nature de l’eau, et qu’on

appelle vapeurs ; celle des parties salines, grasses ,spiritueuses , etc., auxquelles on a donné le nomd’ exhalaisons. Toutes ces substances différemmentmélangées ou modifiées, prennent différentes formes,et produisent différens phénomènes qu’on nommemétéores.

Les météores sont des phénomènes qui ont lieudans l’atmosphère; on en distingue de trois sortes :les météores aqueux, les météores lumineux, lesmétéores enflammés.

Les météores aqueux sont toujours produits parl’eau qui se trouve dans l’atmosphère , soit en va-peur, soit en dissolution : tels sont le serein , la ro-sée, les brouillards , les nuages, la pluie, la neige , lagrêle, etc.

Les météores lumineux sont ceux qui rendentapparentes les couleurs de la lumière : tels sont,l’ arc-en-ciel, Viris , les couronnes, etc.

Les météores enflammés sont ceux qui occasionnentdes inflammations ou embrasemens dans l’atmos-phère : tels sont, les éclairs, le tonnerre , les globesde feu, les aurores boréales , etc.

L’atmosphère considérée comme un fluide agité.

On observe dans l’air de l’atmosphère deux sortesde mouvement : l’un n’est qu’un mouvement detremblottement ou de vibration, imprimé aux par-ties de ce fluide, et qui les agite pendant quelquetemps, sans le déplacer: c’est celui qui nous apportele son ; l’autre est un vrai mouvement de transla-tion, par lequel une portion assez considérable del’atmosphère est poussée d’un lieu dans un autre ,avec une vitesse plus ou moins grande, et dans unedirection déterminée : c’est celui qui produit le vent.V. ce mot.

De l’influence de l’air sur les végétaux.

L’air est un fluide aussi nécessaire à la vie des vé-gétaux qu’à celle des animaux ; c’est une véritéconnue de tout le monde. Une plante que l’on prived’air en la plaçant sous le récipient d’une machinepneumatique y périt çn peu de temps ; les semencesne peuvent germer dans le vide , et celles qui sonttrop enterrées ne poussent point.

Les plantes qu’on élève dans des lieux étroits etrenfermés y languissent, et il en périt beaucoup,si on néglige de leur procurer de l’air. Celles qu’oncultive dans des petits jardins entourés de bâlimensélevés, acquiérent peu de vigueur et meurent ordi-nairement avant d’avoir porté des fruits. Souventelles sont étiolées: ces effets qui sont dus autant aumanquç d’air suffisant, qu’à la trop faible quantitéde lumière dont elles jouissent, se remarquent aussidans les pépinières où les arbres sont trop serrés,et dans les bois qui sont trop épais.

C’est l’air qui par sa chaleur raréfie les liqueurs,les dissout, les tient en vapeur, forme sous la-quelle elles sont facilement absorbées par les végé-taux. C’est lui qui contribue au mouvement et àl’ascension de la sève dans les arbres : il contientl’un des principaux alimens des plantes, l’acide car-bonique. Cet acide répandu dans l’atmosphère oudans l’eau est absorbé par la plante qui le décom-