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Tome premier.
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au livre 18 du cliapitre 21 de l’Histoire naturelle dePline; desquelles il résulterait que les dénomina-tions d 'hyacinthus et de vaccinium employées parPline, sont relatives à la même espèce, c’est-à-direà notre glaïeul. Mais il paraît bien que notre myr-tille est la plante dont Virgile a parlé dans sadeuxième églogue : « Alba ligustra cadunt, vacci-nia nigra leguntur.n Selon Varron , la dénominationlatine fut tirée du mot bacca , baie , dont on fitvacca , d’où est venu vaccinium. Les anciens em-ployaient, comme nous, les baies du myrtille à lateinture, et c’est à quoi le vers de Virgile fait allu-sion.

ESP È CES.

Il y a une trentaine d’espèces d’airelles dont laplupart croissent dans l’Amérique septentrionale ,quelques-unes dans l’Amérique méridionale , et lesautres en Europe et en Asie . Ce sont des arbustesde petite taille ou des arbrisseaux de 8, 10, i 5 et 20pieds, qui ont des fleurs blanches ou purpurines,un assez joli feuillage qui est toujours vert dans unepartie des espèces et des fruits aigrelets, bons àmanger, et de la grosseur d’un pois ou d’une petitecerise. On en récolte des provisions considérables enAmérique pour en faire des confitures. Nous ne fe-rons mention ici que des principales espèces.

Espèces d’Europe .

1°. Airelle-myrtille ou raisin des bois, vac-cinium myrtillus, Linn. En allemand Heidel beer-Strauch , en anglais Black- VEhortle-berry.

2°. Airelle veinée ou des ma^vis, vacciniumuliginosum , Linn. En allemand Sumpf-Heidelbeer-Strauch.

3 °. Airelle ponctuée, vaccinium vitis idœa ,Linn. En allemand Preusselbeer-Strauch.

4 °. Airelle-canneberge, vaccinium oxycoccos ,Linn. En allemand Mosber-Strauch.

Espèces d’Amérique .

5 °. Airelle de Pensylvanie, vaccinium pen-sylvanicum , Linn.

6». Alrelle a longues étamines , vacciniumstamineum , Linn.

7 0 . Airelle a gros fruits , vaccinium macro-carpon, Linn.

8°. Airelle - corymbifére , vaccinium corym-bosurn , Linn.

9 0 . Airelle feuillue , vaccinium frondosum ,Linn.

1 o°. Airelle résineuse, vaccinium resinosum ,Linn.

11°. Airelle en arbre, vaccinium arboreum ,Linn.

Nous ne nous occuperons que des quatre pre-mières espèces, qui croissent naturellement dansnos forêts.

L’airelle-myrtille ou raisin DE 3 bois, oubluet dans plusieurs endroits de la France , mau-ret en. Normandie, Ircet en Bretagne, aires en Lan-guedoc , aïons en Gascogne , est un arbuste com-mun dans les bois des montagnes froides de la

France et de plusieurs autres endroits de l’Europe .11 s’élève à un pied ou un pied et demi au plus ; sesrameaux sont anguleux, verts, garnis de petitesfeuilles alternes , ovalçs, dentées en scie, longuesd’environ trois quarts de pouce et semblables pourla forme à celles du buis: elles tombent tous les ansen automne ; ses fleurs sont solitaires aux aissellesdes feuilles vers le sommet des rameaux, et portéessur un court pédoncule courbé vers la terre, globu-leuses , grosses comme un pois, vertes à la base ,blanchâtres au milieu et pourpres au sommet : elless’épanouissent dans les mois d’avril et mai ; ses fruitsqui mûrissent dans le courant de juin, ont la gros-seur d’un grain de raisin et sont teints d’un pourprenoirâtre, couverts d’une poussière bleuâtre, et rem-plis de suc rouge et de petites graines blanches ;leur saveur est acidulé et assez agréable.

Cet arbuste se propage beaucoup par les semencesque les oiseaux emportent au loin. 11 vient dans touteespèce de terrain , pourvu qu’il ne soit pas trop hu-mide , et il se plaît mieux dans les climats froidsque dans les climats tempérés. Il aime les lieux quisont alternativement exposés à l’ombre et au soleil.On ne le voit guère dans les endroits entièrementdécouverts ; c’est principalement sur le revers sep-tentrional des montagnes qu’il est abondant.

Cette plante qu’on peut ranger au nombre desplantes nuisibles, se multiplie dans les forêts maltenues et coupées de clairières, avec une telle abon-dance , que les semis naturels en bois ne peuventplus y prospérer et qu’il faut avoir recours à la cul-ture industrielle; de plus , elle épuise le sol par sesracines qui tracent beaucoup et s’entremêlent commede la filasse.

La culture artificielle de l’airelle est difficile : sesgraines restent un ou deux ans en terre avant delever ; et en général elles ne lèvent que dtns lamousse et la terre de bruyère, et il n’est guère pos-sible de conserver les plants plus de deux ou troisans dans les jardins.

Usages. Les baies du myrtille se mangent fraîchesou sèches. On les sert dans quelques endroits sur le*tables. On pourrait en faire des confitures sèches,ainsi que l’a prouvé M. Bosc. Les enfans des cam-pagnes les recherchent, et les mangent crues, quel-quefois avec du lait ou de la crème. Les coqs debruyères en sont très-friands, ainsi que plusieursautres oiseaux et même des quadrupèdes.

On en fait de l’eau-de-vie par la distillation. Lesmarchands de vin les emploient pour colorer en rougedes vins artificiels.

On les emploie aussi en médecine comme ra-fraîchissantes et astringentes; on en exprime le sucdont on fait un sirop employé contre la dyssenterieet les ardeurs d’urine. Mêlé avec de l’alun , le sucde ces fruits teint les toiles en violet; avec de l’alun,du cuivre et des noix de galle, il teint en bleu ; avecde la chaux, du vert-de-gris et du sel ammoniac , iluroduitpar une longue digestion une couleur pourprepour la teinture. Les chèvres et les moutons man-gent les feuilles du myrtille; les vaches et les che-vaux n’en veulent point. La plante possède une pro-priété astringente qui la rend propre à tanner lesI cuirs.