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Tome premier.
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ALK

au sel qu’on tire des cendres d’une plante qu’ils ap-pellent kali , en français soude.

Les alkalis sont des substances solides ou fluides,très-reconnaissables par leur saveur âcre , brûlante,urineuse ; par la propriété qu’elles ont de verdir lescouleurs bleues végétales, et de former des savonsavec les huiles et les graisses; par leur facilité d’u-nion ou leur force d’attraction pour les acides aveclesquels elles forment des sels; par leur énergie surles matières animales qu’elles dissolvent.

Il y a trois alkalis anciennement connus : l’alkalivégétal ou potasse qui se trouve toujours en plus oumoins grande quantité dansles cendres de nos foyers;Valkali minéral ou soude , qui est une des bases dusel marin, et qui provient de la combustion desplantes qui croissent sur les bords de la mer ; Val-kali volatil ou ammoniac , qui jouit de la propriété des’évaporer à la plus faible température, et qu’onretire des matières animales en putréfaction.

La chaux jouit d’une partie des propriétés des al-kalis.

Les alkalis ne se trouvent jamais purs dans la na-ture : ils sont toujours combinés, principalementavec l’acide carbonique.

L’alkali végétal attire l’humidité de l’air, c’est-à-dire qu’il est déliquescent; l’alkali minéral perdson eau de cristallisation à l’air, c’est-à-dire qu’ilest efflorescent.

L’emploi des alkalis est très-étendu dans les arts,et pour les lessives.

Les combinaisons de l’alkali végétal, formentavec l’acide nitrique, le nitre ou salpêtre , nitrate deOtasse , dont on fait un si grand usage pour la fa-rication de la poudre à canon et pour la médecine;avec le vinaigre, 1 ’acétate de potasse ; avec l’acidetartareux, le tartrite de potasse ou sel végétal. Tousces sels sont employés en médecine comme pur-gatifs.

Suivant la plupart des chimistes, l’alkali végétalte trouve tout formé dans les végétaux. Théodore deSaussure , et depuis lui, M. de Y^arneck, ont prouvéqu’il était plus abondant dans l’écorce des arbresque dans le bois, plus dans les feuilles que dansl’écorce ; plus dans la jeunesse des plantes que dansleur vieillesse. (V. potasse.) On le retire par l’in-cinération des végétaux, et par la lexivation deleurs cendres. M. Bosc conseille avec raison auxcultivateurs de semer dans les mauvais sols certainesespèces de plantes vivaces, pour en retirer de lapotasse. Les fougères qui croissent dans les forêts siabondamment, sont très-riches en salins ainsi qu’onle verra au mot potasse.

Le marc et la lie de vin, desséchés et brûlés,fournissent une cendre qui est très-riche en alkalivégétal, et qu’on vend dans le commerce sous le nomde cendre gravelée.

L’alkali minerai forme par sa combinaison avecl’acide muriatique, le muriate de soude ou sel marin fet avec l’acide nitrique, le nitrate de soude. Onretire cet alkali des cendres de certaines plantes ma-rines, qui décomposent ce sel marin par l’acte mêmede leur végétation. On cultive ces plantes dansbeaucoup d’endroits pour cet objet : c’est principa-

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lement cet alkali qui sert à la fabrication dusavon.

L’alkali volatil ou ammoniac se retire du muriated ammoniac ou sel ammoniac , au moyen des autresalkalis ou de la chaux. Celui qu’on obtient par ledernier moyen est caustique et extrêmement péné-trant : on l’appelle alkali volatilfluor , et il est fré-quemment employé en médecine comme stimulant.On s’en sert aussi pour adoucir les douleurs des brû-lures légères, les piqûres d’abeilles, pour tenterde rappeler à la vie les asphyxiés , et pour cautériserles morsures des vipères, des chiens enragés, etc. ;ce dernier effet est mieux produit par la potassecaustique.

ALLAISES. Ce sont des barres qui se mettent àtravers les rivières; ce qui est prohibé par arrêt dela table de marbre, du 28 février 1716.

ALLEES. Lieux propres à la promenade, qui s’é-tendent en longueur, et qui sont bordés d’arbresQU de verdure. Il y a plusieurs sortes d’allées : lesallées couvertes et découvertes , les allées simples etles allées doubles , les allées droites et tournantes ,ou en zigzag , etc.

Les allées couvertes sont celles qu’on forme avecdes arbres, comme le tilleul, l’orme , le marron-nier d’Inde, la charmille, etc. Les branches de cesarbres doivent se croiser, ou être tellement rangéesen éventail, qu’elles dérobent la vue du ciel. Cesallées doivent être fort larges, lorsqu’elles ont unecertaine longueur, parce que l’effet de la perspec-tive est de les rétrécir à l’œil dans l’éloignement,et à cause aussi de la hauteur qu’on doit laisser à lavoûte. Si la naissance de la voûte est prise trop bas,la voûte ressemblera à celle d’une cave, sera hu-mide et remplie d’insectes et de cousins. Si elle esttrop élevée, il faudra élever en proportion le mi-lieu de la voûte; et pour peu que l’allée soit lon-gue , elle paraîtra trop étroite. Il n’y a point derègles fixes pour déterminer la largeur des alléescouvertes; il faut consulter le local, la hauteur etl’espèce des arbres qu’on doit planter.

Les allées principales d’un jardin, qui font faceà une maison, doivent toujours être découvertes etplus larges que les autres, afin de ne point borner Lavue.

Les allées simples sont composées de deux rangsd’arbres, et les doubles de quatre rangs, ce qui formetrois allées jointes ensemble ; une grande dans lemilieu, et deux autres de chaque côté: celles descôtés sont appelées contre-allées.

Les allées doivent être bombées dans le milieusur toute leur longueur, pour l’écoulement des eauxqui vont maintenir la fraîcheur au pied des arbres.

Les proportions des allées sont ordinairement,pour les simples, de 10 à 12 mètres de large sur200 mètres de long ; de 14 à 16 mètres sur 400 mè-tres; de 18 à 24 mètres sur 800; dans les allées doubles,on donne la moitié de toute la largeur à l’allée dumilieu, et l’autre moitié se divise en deux pour lescontre-allées. Afin d’éviter le grand entretien desallées un peu longues, on remplit le milieu d’untapis de gazon, et l’on pratique de chaque côté dessentiers assez larges pour se promener. V. pour plusde détails, le Traité des semis et plantations de Du-

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