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Tome premier.
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peut tirer de ces observations, à l’efTet de favoriserla formation des bois propres aux constructions na-vales.

Bonnet, ayant semé des haricots dans une cave,observa que, dans le jour, les tiges s’inclinaientvers le soupirail, et que, dans la nuit, elles se redressaient un peu. a La même chose arrive en pleinair , dit Duhamel ; car on peut remarquer que sou-vent les arbres isolés poussent plus vigoureusementdu côté du midi que du côté du nord : néanmoinscet effet est souvent dérangé par la vigueur des ra-cines , parce que les arbres poussent avec plus deforce du côté où les racines sont plus vigoureuses.

m La direction des tiges du côté de l’air , ajoutel’auteur de la Physique des arbres , est bien autre-ment sensible dans les massifs d’un bois : un jeunearbre, qui se trouve entouré de tous côtés par degrands arbres qui ne lui laissent d’air qu’au-dessusde lui , pousse tout droit, toujours en s’élevant,mais prenant peu de corps ; de sorte que cet arbre ,fort mince, gagne en peu de temps la hauteur de ceuxqui l’environnent.

-» J’ai particulièrement fait cette observation surun chêne-vert qui était planté entre des cyprès beau-coup plus grands que lui ; il s’éleva en un an deprès de 4 pieds, et en peu d’années il gagna la hau-teur des principales branches de ces cyprès : quandsa tête se trouva assez élevée pour profiter de l’air ,il cessa de croître en hauteuret prit de la grosseur.

» Si un jeune arbre, planté dans le massif d’unbois , n’a pas la liberté de l’air au-dessus de'sa tête,mais , qu’à une certaine distance il se trouve uneclairière, toutes ses productions tendront à gagnerl’air que leur fournit cette claire-voie ; de sortequ’elles s’inclineront de ce côté-là , comme les ar-bustes placés dans une chambre s’inclinent vers lacroisée.

» On sait que toutes les branches des arbresplantés en espalier, le long d’un mur, s’en écartentpour gagner l’air , et il m’a paru que les branchesdes arbres frappés par le soleil du midi s’en écar-taient plus que celles des arbres plantés à l’expositiondu nord. »

Tout ce qui vient d’être extrait de Duhamel est.incontestable, et nous n’avons jamais remarqué unfait qui fût contraire aux expériences qu’il rapporte.Nous nous sommes même assuré que ce qu’il dit dela plus grande inclinaison des arbres à l’exposition :du midi était fort exact.Nous avons vu des rangéesd’arbres plantés au midi devant des maisons élevéesqui ne leur permettaient pas de recevoir d’air ni delumière du côté du nord; ces arbres, pour chercherl’air au midi, s’étaient inclinés aupoint que plusieursd’entre euxformaient,avec le terrain,desanglesaigus. '

Duhamel fait ensuite une observation qui ne nousparait pas de la même exactitude que celles qui pré-cèdent. Il dit qu’en examinant avec attention la di-rection des branches des arbres touffus, on remarqueassez ordinairement que les branches du haut fontun angle plus aigu avec la tige que les branches dubas. Cela est vrai ; mais la cause à laquelle il rap-porte cette différence n’est peut-être pas la seule quila produise : il attribue cet écartement des branchesdu bas à ce qu’elles s’inclinent pour chercher l’air.

Nous ne pensons pas que ce soit là la cause principalede cet écartement, car il a lieu dans toutes les positionsoù puissent se trouver les arbres , même dans cellesoù leur tête est plus exposée à l’air et à la lumièreque ne le sont leurs branches inférieures. On peuts’en convaincre dans les hauts taillis où les futaiesréservées n’ont que le tiers ou le quart de leur hau-teur au-dessus du plein bois ; nonobstant cette cir-constance , qui , d’après l’opinion de Duhamel fdevrait causer l’écartement des branches supérieures,puisqu’elles reçoivent beaucoup plus d’air et plusde lumière que celles d’en bas, et à l’extérieur del’arbre qu’à l’intérieur , on remarque toujours quele contraire arrive, et que les angles formés par lesbranches inférieures sont infiniment plus ouvertsque ceux décrits par les branches de la cime. Maisquelles seront alors les causes de l’inclinaison quia lieu successivement dans les branches des arbresen commençant toujours parcelles d’en bas? Ellesrésident principalement dans l’alongement que cesbranches reçoivent chaque année ; dans leur proprepoids , qui augmente à raison de cet alongeœent etde leur grossissement; dans le poids de l’air qui pèsesur elles , et qui est d’autant plus considérable queleur surface est plus grande, comme dans le hêtre ,dans le cèdre du Liban , les pins et sapins ; ellesrésident encore dans la pesanteur des feuilles et leurpersistance pendant l’hiver ; dans la surcharge deseaux pluviales , des neiges et du givre; dans L'obli-tération des vaisseaux de la partie inférieure desbranches et la distension des fibres de la partie su-périeure, où la sève abonde en raison du rétrécisse-ment des vaisseaux de dessous. Ces causes réuniesnous paraissent plus efficaces que la cause uniquesupposée par Duhamel. D’ailleurs, lesarbresen pleinair reçoivent les rayons de la lumière dans toutesles parties de leur surface , et même beaucoup plusvers leur cime que plus bas , et cependant l’incli-naison des branches inférieures est toujours plusconsidérable.

a C’est probablement, continue Duhamel, cettemême raison ( celle qu’il a indiquée ) qui produitle parallélisme des branches des arbres qui sontplantés sur une colline , suivant l’observation deM. Dodart, où l’on voit qu’un arbre planté sur lacroupe d’une montagne élève sa tige suivant uneligne perpendiculaire, et que ses branches sont à-peu-près parallèles au terrain. Comme les branchesopposées à la montagne doivent plus profiter quecelles qui sont du côté même de la montagne , etcomme elles doivent se porter en dehors, elles for-ceront les branches d’en bas de baisser , au lieu quecette cause ne subsistant pas du côté de la montagne,il en résultera le parallélisme que ce naturaliste a re-marqué.

» Une observation encore bien singulière , c’estqu’un arbre qui viant de semence élève sa tige fortdroite ; il en est de même d’une bouture qu’on feraitd’une tige droite ; mais celle qu’on ferait avec lesbranches latérales et des jets courbes sur l’arbre, secourbe beaucoup , sur-tout si c’est un arbre dont lebois soit fort dur. »

Cette dernière observation serait de quelqu’im-portance pour l’objet qui nous occupe, si le chêne et