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sein des futaies pleines des pièces de longueur ,difficiles à trouver dans tout autre endroit ; qu’onen tire aussi des arbres droits et d’une légère cour-bure , des bois de fente, de charpente , de menui-serie , et beaucoup d’autres qui sont propres à uneinfinité d’ouvrages qui exigent de la flexibilité; quecependant nos principales ressources en bois courbesrésident dans les futaies sur taillis, dans les arbresépars, les bordures et les lisières ; que ces ressourcesaugmenterontà mesure qu’on apportera plus de soinsdans le choix , l’espacement et la marque des bali-veaux , et que l’exploitation des taillis situés enbons fonds sera retardée jusqu’à 5 o , l\0 , 5 o et60 ans, suivant les terrains; que les reproches faitsaux futaies sur taillis sont fondés , par rapport auxtaillis situés en mauvais fonds qu’on exploite de
10 à i 5 ans ; qu’il ne faut faire de réserves dans cessortes de bois que pour en assurer le repeuplementet abriter le jeune taillis; que, dans les taillis coupésà 2 5 ans et au-dessus , les futaies ayant beaucoupmoins de largeur de tête et une tige plus élevée,elles n’offusquent point autant le jeune bois et four-nissent beaucoup de pièces utiles ; qu’on ne peutcependant disconvenir du tort qu’elles font aux tail-lis,sur-tout quand V aménagement est trop rapprochéet le nombre des réserves trop grand ; qu’on ne doitpas trop multiplier les baliveaux dans les endroitshumides et privés d’air , parce que les taillis y de-viennent bien plus endommageables par les gelées ;que les réserves, soit en bordures, soit en petitsmassifs , proposées par Duhamel pour tenir lieu debaliveaux et d’arbres modernes et anciens, produi-ront certainement de très-bons bois de marine ; maisqu’elles ne seront point suffisantes, et qu’on doitdans les bons fonds, non-seulement faire ces ré-serves en bordures, mais encore conserver et mêmeaugmenter le nombre de baliveaux prescrit par l’or-donnance, malgré le tort qu’ils feront aux taillis ,attendu que c’est le meilleur moyen d’assurer desressources à la marine.
Toute cette dissertation se réduit donc à prouverces vérités : les baliveaux font quelquefois du tortaux taillis , mais ils sont indispensables pour le re-peuplement des coupes , et pour fournir des boispropres aux constructions navales ; plus les terrainssont bons et les coupes éloignées , plus ces arbressont utiles ; néanmoins on ne doit pas trop les mul-tiplier, sur-tout dans les endroits humides et privésd’air ; il est nécessaire de les abattre à des époquesrapprochées dans les terrains maigres où ils ne pro-fitent point : s’ils sont utiles dans ces terrains etdans ceux brûlés par le soleil, c’est sur-tout pourabriter le jeune taillis et favoriser le repeuplement.Un bon moyen de suppléer à l’insuffisance des ba-liveaux considérés comme bois de construction, c’estde conserver des bordures, et même des bouquetsde futaie.
Ajoutons une vérité importante qui ressort natu-rellement des observations ci-dessus : pour avoir debeaux baliveaux propres aux usages de la marine ,
11 faut les réserver dans des taillis de 25 , 3 o, 4 °et 5 o ans ; les particuliers ne peuvent aménagerleurs bois qu’à 1 8 ou 20 ans, parce qu’ils perdraient
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sous le rapport des produits pécuniaires s’ils atten-daient davantage pour les couper ; donc il n’y a queles bois tenus par le gouvernement qui puissentoffrir des ressources réelles à la marine et aux cons-tructions.
DEUXIÈME PARTIE.
Des futaies de chênes et de hêtres ; de leur amé-nagement.
Chap. 1 er . De P utilité des futaies pleines en général ,
et de V avantage de ce genre d’aménagement pour
les grandes constructions et pour le panage.
Nous allons appuyer par des calculs la théorieque nous venons d’établir relativement aux futaiespleines , en commençant par exposer l’utilité de cesfutaies en général.
Plusieurs auteurs ont critiqué le mode actuel d’a-mênagement des futaies pleines. Us ont trouvé quele terme de leur exploitation , fixé quelquefois àa 5 o et 3 oo ans , était beaucoup trop éloigné ; queces futaies étaient en trop grande masse ; qu’ellesétaient privées d’air et étouffées par des brins su-perflus et des bois blancs ; que dans cet état ellescroissaient lentement et ne produisaient que des boisde faible qualité. Frappés de ces inconvéniens , ilsont voté la suppression des futaies en massif.
Les vices de cet aménagement sont grands , sansdoute ; mais ne peut-on pas y remédier, et dans lecas même de cette impossibilité, doit-on renoncerà élever des futaies pleines ? On ne le pense pas, etcette opinion est fondée sur les ressources qu’ellesprésentent, même dans leur état actuel.
Defroidour, qui écrivait avant l’ordonnance de1669, regardait le réglement de s 56 i, qui avaitordonné que le tiers de tous les bois du domaine etautres serait conservé pour croître en futaie, commeayant empêché la ruine entière des forêts du roi,qu’on réduisait toutes en taillis, et comme ayantaussi empêché la dissipation des bois des ecclésias-tiques. Les futaies lui paraissaient d’ailleurs indis-pensables pour pourvoir aux nécessités publiques ,et ménager à chaque pays une ressource dans lescas d’incendie.
Duhamel regardait les futaies comme pouvantprocurer aux familles des sommes considérables pouracquitter des dettes, établir des enfans , réparer desbàtimens , etc. , et il applaudissait beaucoup auxsages dispositions de l’ordonnance qui avait mis desentraves à la cupidité des usufruitiers, en leur pres-crivant de conserver un quart de leurs bois pourcroître en futaie, afin de subvenir aux besoins du pu-blic, et de fournir de temps en temps aux usufruitierseux-mêmes des ressources pour rétablir les églises ,chapelles , hôpitaux , abbayes , fermes et autres bà-timens dépends ns de leurs bénéfices. Il pensait ausurplus que l’état, en conservant des futaies pourfournir du bois aux constructions, ne perdait riendu côté des produits en argent, parce qu’il était in-différent, dans une forêt de 2,000 arpens, de vendre
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