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Tome premier.
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ÀMÉ

pour les besoins présens, plus de bois que si on eûtconservé la division de la forêt telle qu’elle étaitfixée par l 'aménagement en futaie. Mais comme ilest démontré que les taillis dans une révolutiondonnée, par exemple 120 ans, produisent moinsde bois que les futaies , on devra, dès que lescirconstances le permettront, rendre à la forêt sonpremier aménagement. Pour cet effet, il convien-dra de procéder petit-à-petit, et de réserver, àchaque exploitation du taillis, un nombre de bali-veaux assez considérable pour former la nouvellefutaie.

Quatrième cas.

Le propriétaire particulier n’a point d’intérêt àlaisser croître ses bois en futaie, à moins de circons-tances rares. Il a, au contraire, un intérêt réel àsuivre l 'aménagement en taillis. 11 tirera ainsi de sapropriété des produits rapprochés, dont la valeurcalculée avec les intérêts et les intérêts des intérêts,lui formera, dans un temps donné , un capital beau-coup plus considérable que celui qu’il aurait descoupes en futaies qu’il lui faudrait attendre fortlong-temps. Cependant, si ce propriétaire possédaitune haute futaie dans laquelle il y aurait des boisde tout âge en quantité suffisante pour lui donnerdes produits annuels proportionnés à l’étendue de laforêt, et que, d’un autre côté, il fût tenu d’exploitercette forêt en bon père de famille , il devrait s’abs-tenir de convertir sa forêt en taillis , parce que ceserait diminuer beaucoup ses produits en nature, etpar conséquent ses revenus en argent. Dans ce cas,il exploitera sa futaie par éclaircie pour favoriserl’accroissement du bois, le repeuplement naturel,et pour obtenir des produits annuels en bois dechauffage dans les éclaircies , et des grands arbresdans les dernières exploitations. Mais hors le casque nous venons de poser , c’est-à-dire toutes lesfois qu’un propriétaire pourra user de sa chose sansavoir égard aux intérêts de la société, il trouveraun avantage particulier à couper ses bois en taillis,et il complétera son système d’exploitation , s’il ad-met la méthode des éclaircies périodiques et duréensemencement naturel, telle que nous l’avonsfait connaître.

Tels sont les cas où Vaménagement en taillis estnécessaire ou utile.

Nous avons , en parlant des futaies , démontréque , sous le rapport des produits en bois, Vaména-gement en futaie était beaucoup plus avantageux quel’ aménagement en taillis ; nous ne reviendrons pointici sur cet objet.

Mais nous allons présenterla série des expériencesqui ont été faites sur l’accroissement des taillis, pouren déduire Vaménagement le plus avantageux sousles rapports des produits en matières et en argent, etde la reproduction.

Chap. II. De P accroissement des taillis , et desdifférens âges auxquels il est avantageux de lescouper.

Il n’y a point de partie dans l’économie forestière,sur laquelle on ait lait autant d’expériences que sur

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l’accroissement des taillis , et sur laquelle aussi onait présenté des résultats plus variés. Que l’on con-sulte les ouvrages de Duhamel , Buffon , Tellèsd’Acosta, Plinguet, Juge de Saint-Martin, Varennesde Fenil le , de l’erthuis, Fontayne , Hassenfratz ,Dralet, Burgsdorf, Ilirtig , VVarnek , et de tousles physiciens qui se sont occupés de cet objet ; onverra que les résultats qu’ils ont présentés, diffèrententre eux d’une manière quelquefois étonnante. Celatient, sans doute , au mode suivi dans ces expé-riences , aux localités où elles ont été faites, à la con-sistance plus ou moins serrée des taillis, et à d’autrescirconstances particulières qui n’auront pas été bienappréciées. Cependant ces expériences se réunissenttoutes pour prouver quelques points de doctrineforestière , et sur-tout l’avantage des aménagemensprolongés dans les bons fonds.

Nous allons donner , le plus succinctement pos-sible , l’analyse de ces expériences.

i°. M. de Buffon (1), en parlant de l’àge auquelon doit couper les taillis , disait que c’était celui oùl’accroissement des bois commençait à diminuer, etil faisait observer que, dans les premières années ,le bois croissait de plus en plus , c’est-à-dire que laproduction de la seconde année était plus considé-rable que celle de la première année ; l’accroisse-ment de la troisième, plus grand que celui de laseconde , et qu’ainsi l’accroissement du bois augmen-tait jusqu’à un certain âge , après quoi il diminuait,a C’est ce point, ce maximum , ajoutait-il , qu’il» faut saisir pour tirer de son taillis tout l’avan-» tage et tout le profit possibles. Mais comment le33 reconnaître? comment s’assurer de cet instant ? 1133 n’y a que des expériences faites en grand , des33 expériences longues et pénibles, des expériences33 telles que M. Réaumurles a indiquées, qui puis-33 sent nous apprendre l’âge où les bois commencent33 à croître de moins en moins. Ces expériences con-33 sistent à couper et peser, tous les ans, le produit33 de quelques espèces de bois pour comparer l’attg-33 mentation annuelle, et reconnaître, au bout de3 » plusieurs années, l’âge où elle commence à di-33 minuer. x> Il est évident, par cette proposition ,que Buffon n’avait en vue que le maximum des pro-duits en matières, qui est en effet le plus importantpour la consommation, abstraction faite de quelquesespèces de bois , qu’il faut exploiter jeunes pourcertains usages.

Mais les expériences qu’il conseillait de faireétaient d’une exécution bien difficile, et Réaumur,qui les avait indiquées , ne se le dissimulait pas lui-même. Varennes de Fenille trouva qu’elles seraient,non-seulement peu praticables, mais encore insuf-fisantes et fautives, et il s’occupa de rechercher uneméthode à l’aide de laquelle un propriétaire pûtreconnaître de combien son taillis, situé en boncomme en mauvais terrain , aurait augmenté chaqueannée en valeur intrinsèque, l’iusieurs autres phy-siciens ont fait des expériences sur cet objet : commeil est important de connaître ces expériences et d’encomparer les résultats, nous en ferons passer lestableaux sous les yeux du lecteur, en lui faisant

(1) Eiitoire naturelle, partie expérimentale.