AMÉ
contenant plus de tubes ligneux convertis en glace ,l’effort se faisant en raison de la masse de sèvecongelée et tuméfiée, il doit rompre plutôt que lejeune arbre , dont la masse congelée se trouvebeaucoup moindre. D’un autre côté , les tubesligneux de l’ancien , étant plus formés , plus durs ,il- doit se fendre plus sûrement que le taillis de3 o ans , dont les tubes sont beaucoup plus élas-tiques , et se prêtent davantage aux tuméfactionsde la gelée.
Peu de' forêts se trouvent plus exposées aux effetsde la gelée que celle d’Orléans , parce que le sol en estmaigre et plat, et que la glaise, qui forme la secondeou la troisième couche, s’oppose aux infiltrations del’eau. Aussi a-t-elle beaucoup souffert des hivers de1709, 1740 , 1776 et 1788. Mais les fossés consi-dérables, soit de défense, soit d’assainissement,qui y ont été faits depuis plusieurs années , dimi-nueront ces effets, en soutirant les eaux qui entre-tenaient une trop grande humidité dans plusieursparties de cette forêt.
M. Plinguet n’était point d’avis que les parti-culiers élevassent des futaies , et il pensait queleur intérêt était plutôt de faire 5 coupes de 20 en20 ans , que de n’en faire qu’une seule à 100 ans. Ilappuyait son opinion sur les calculs suivans :
Le produit de la première coupe, supposé de100 livres pour un arpent âgé de 20 ans, fera un
premier capital de. joo liv.
Intérêt de ces 100 liv. pendant 80 ans. . 40°
A- 40 ans , la deuxième coupe donnera
un second capital de. 100
Intérêt de ce second capital pendant
60 ans. 3 oo
A 60 ans, la troisième coupe donnera un
troisième capital de. 100
Intérêt de ce capital pendant"4o ans. . . 200
A 80 ans, la quatrième coupe donnera
un quatrième capital de. 100
Intérêt pendant 20 ans. 100
A ioo ans , la cinquième coupe donnera
un capital de. 100
Intérêt. »
Total en capitaux et intérêts.i, 5 oo liv.
ce Ainsi, ajoute M. Plinguet, le père de famille
» qui n’aurait peut-être pas vendu i, 5 oo liv. son» arpent de bois à 100 ans, aura joui et il aura» retiré cette somme ; et même si l’on veut calculer»> et y ajouter les intérêts des intérêts, il aura retiré» beaucoup au-delà (1). »
Il en conclut que le gouvernement, les princes ,les gens de main-morte, les établissemens publics,sont les seuls qui puissent élever des futaies ; quemême il est à désirer que ces futaies soient aména-gées à des âges qui sortent de la proportion don-
JO M. Noirot, arpenteur-vérificateur dans la conservationde Dijon , a publié un ouvrage sur Vaménagement des forêtsdes particuliers, qui me paraît contenir d’excellentes obser-vations , des calculs bien établis , et des conséquences fortbien déduites. Les observations qu’il renferme ne font queconfirmer les principes que j’ai établis sur la différence desvues qui doivent diriger le gouvernement et les particuliersdans l 'aménagement de leurs forêts.
née par le plus ou moins de qualité et de bonté dusol.
Aucune de ces observations ne contredit ce quia été avancé sur l’utilité des aménagemens à longstermes pour les bois du gouvernement, situés enbons fonds. Elles prouvent seulement que le particu-lier ne doit pas être guidé par les mêmes vues quele gouvernement , et que son avantage consistedans des rentrées de fonds plus fréquentes et dansl’intérêt qu’ils lui rapportent. Au surplus, nous nedevons admettre dans ces dissertations que les cal-culs établis sur des expériences ; et quoique ceuxqu’on vient de rapporter puissent être exacts, ilsne pourraient servir de règle qu’autant que l’auteuraurait fait connaître, par des expériences bienfaites, les rapports , en matières et en argent, du
f iroduit d’un arpent coupé 5 fois en 100 ans , avece produit d’un même arpent coupé une seule fois en100 ans.
Quant à la valeur progressive qu’un taillis peutacquérir à mesure qu’il avance en âge, M. Plingueten donne l’idée suivante : il établit que ce n’estqu’à 4 ans que l’on peut compter pour quelquechose la repousse d’un taillis, et qu’elle dédomma-gerait des frais de recepage. Supposant donc qu’àun an, le recepage coûte 9 liv. , il dit qu’à 2ans il ne coûtera plus que 6 liv., à 3 ans que 3 1 .,et plus rien à 4 ans > parce que les brins de4 feuilles feront du menu liage , qui indemniserades frais de recepage. Il suppose ensuite qu’à 5 ansle taillis d’un arpent vaudra 10 livres; à 6 ans20 livres, à 7 ans 3 o livres, et ainsi de suite jus-qu’à 16 ans que l’arpent vaudra 120 liv. Mais ilajoute que tout ceci ne convient qu’à un bois coupéassez jeune, pour ne point éprouver de retard dansson accroissement, et qu’il 11’en sera pas de mêmed’un bois fatigué et d’un âge outré.
Pour prouver la nécessité de 11e point trop diffé-rer la coupe d’un taillis , si l’on veut ménager lessouches, il fait remarquer la quantité de sucs sé-veux qu’il faut à un taillis parvenu à 25 , 3 o et 60ans,_ comparativement à celle qui suffit à un taillisplus jeune, et les efforts progressifs que les souchesdoivent faire à mesure que le bois avance en âge. Ilregarde donc la coupe d’un taillis comme un moyende repos que l’on procure aux souches, puisque ,pendant les premières années de la repousse , la dé-pense de la sève sera moins forte. Ces observationsme paraissent justes , et il en résulte une nouvelledonnée pour fixer l’époque de la coupe d’un taillis;il faut donc calculer, non-seulement quels serontles produits en matières et en argent de tel ou telâge, mais encore si à cet âge la souche ne sera pasépuisée par les efforts qu’elle devra faire dans lesdernières années qui précéderont la coupe du taillis.D’un autre côté, si on coupe les bois trop jeunes,on fatigue encore les souches, parce que les racinesqui ne poussent qu’en raison du développement destiges et des branches, restent dans un état de fai-blesse qui ne promet rien d’avantageux pour la re-production. Ces combinaisons de calculs rendenttrès-difficile l’art d’aménager les taillis. Aussi y a-t-il autant de manières de les traiter , qu’il y a demanières de voir et d’intérêts différens. L’usufrui-
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