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il convient, par conséquent, d’avoir égard à ces évé-nemens particuliers; sans quoi, d’après le mesurage,on pourrait prendre pour une diminution perma-nente dans l’accroissement celle qui ne serait qu'ac-cidentelle.
Il est certain que la végétation varie d’une annéeà l’autre d’une manière étonnante, ainsi qu’on peutle voir par la différence d’cpaisseur des couches li-gneuses sur les bois abattus. Les grandes sécheresses,en enlevant l’humidité de la terre et de l’atmos-phère , privent les racines et les feuilles des fluidesqu’elles auraient aspirés pour la nourriture de l’arbre;les canaux séveux se rétrécissent et les feuilles tom-bent de bonne heure. Le contraire arrive dans lesétés chauds et pluvieux ; la végétation acquiert unegrande vigueur, et l’arbre pousse et grossit d’unemanière remarquable ; preuve l'année 1811, dont leprintemps a été humide et chaud. Les froids engour-dissent la vie végétale; la force attractive des feuilleset des racines se ralentit, et ensemble le mouvementdes sèves ascendante et descendante; il ne se formeque peu de cambium , et par conséquent qu’une faibleépaisseur d’aubier. Les chenilles viennent-elles dé-vorer les feuilles au printemps? l’arbre ne reçoit plusles fluides qu’elles aspiraient dans l’atmosphère, etil n’y a que peu ou point d*accroissement tout letemps que dure la perte de ces feuilles. Enfin, lescelées du printemps, si elles arrivent après le déve-loppement des feuilles, les font périr et produisentle même effet que les insectes ; elles arrêtent le mou-vement de la sève , tuméfient le corps ligneux, oc-casionnent souvent la désorganisation de l’aubier ,et donnent lieu à des crevasses, à la gelivure et àd’autres accidens non moins funestes à l’économievégétale. Toutes ces circonstances doivent être ap-préciées dans les expériences sur l’accroissement an-nuel des arbres.
Varennes de Fenille n’a eu aucun égard, dans sescalculs, à la hauteur que les taillis acquièrent parsuccession d’années, parce qu’il a cru pouvoir faireentrer cet accroissement en compensation avec laquantité assez considérable des petits brins étoufféssous la masse des tiges plus vigoureuses. Mais comme,à 20 ans , il subsiste assez peu de brindilles, ilpense qu’à cet âge, l’accroissement en hauteur d’untaillis pourrait entrer comme donnée utile dans lecalcul, et que cette donnée ne fera qu’ajouter au bé-néfice de la prolongation des coupes.—11 fait encoreconsister le bénéfice de cette prolongation jusqu’à3 a ans , par exemple , dans l’avantage d’obte-nir des bois de charpente, et de procurer aux brinsplus de bois parfait et moins d’aubier. Comme, d’unautre côté, plus les couches sont épaisses, plus lebois acquiert de force, de densité , de dureté, etmoins les couches sont nombreuses, il en conclutavec raison qu’il est très - avantageux de faire deséclaircies qui favoriseront lé grossissement. Enfin ,plus uu taillis est jeune, plus il est exposé aux fu-nestes effets de la gelée , de la grêle , aux dégâts dubétail, de la bête fauve, etc. Ce sont autant de mo-tifs pour éloigner les coupes; d’ailleurs, la dépensede la clôture revient moins fréquemment. L’autèuraurait pu ajouter qu’un taillis coupé trop jeune nepeut étouffer les bruyères, genêts , ronces et autres
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plantes parasites, qui disparaissent toujours sous lestaillis plus âgés ; qu’en abattant trop souvent unbois , on fatigue les racines, et que comme les boisne produisent de racines que proportionnellement àce qu’ils croissent en branches , on fait, par des aba-tages trop fréquens, un tort considérable au recru.—11 combat fortement l’usage où l’on est en Bresse de couper les taillis à neuf ans, et, pour prouver letort cpie les propriétaires se font, il rappelle que ,d’après son troisième tableau , la valeur de deuxcoupes d’un arpent de taillis exploité à 9 ans ,n’est à celle du taillis coupé à 18 ans que dansles rapports de 2,400 fr. à 5 ,184, ou 12 à 28. —Du reste, il pense que les devoirs d’une grande ad-ministration, et que les vues générales et profondesqui déterminent ses décisions ne doivent pas êtrecirconscrits dans les limites étroites où peut, où doitmême se renfermer un simple citoyen , sage éco-nome , et que cette économie qui, à l’égard d’unpère de famille, serait digne de louange, pourraitdevenir très-blâmable dans un administrateur qui nesaurait pas sacrifier l’intérêt du moment à un grandintérêt public , à un intérêt qui se perpétue d’àge enâge. Il assure donc , et son opinion est celle de nosmeilleurs auteurs, que les bois de l’état ne doiventêtre abattus que lorsqu’ils ont acquis le plus hautpoint d’accroissement physique, le maximum sim-ple. Ainsi , le propriétaire particulier se dirigerad’après le maximum composé, c’est-à-dire d’aprèsles calculs réunis des produits en matières et en ar-gent, tandis que le gouvernement ne doit se dirigerque d’après le maximum simple, ou le plus haut pro-duit en matières, et ce plus haut produit suivra tou-’ours les amênagemens à longs termes, autant quee permettra la qualité des terrains. Puissent ces vé-rités écarter enfin les doutes sur l’utilité des forêtspossédées et administrées par l’état !
Je ne suivrai pas plus long - temps M. Yarennesdans ses excellentes observations ; il faut les liredans l’ouvrage même. Je me bornerai seulement àrappeler que ses calculs l’ont porté à penser que sile particulier devait couper à 20 ans ses bois si-tués en bon fonds, le.gouvernement ne s’écarteraitpas beaucoup du maximum d’accroissement, en ré-glant à 3 o ans la coupe de ses taillis situés sur desterrains semblables (1).
8°. Si maintenant nous jetons les yeux sur le travailde M. de Perthuis, nous nous convaincrons de plusen plus de l’avantage des aménagemens à longs ter-mes. Cet auteur a donné le tableau comparatif ci-après du produit des bois sur les différentes espècesde terrains, d’après l’âge de leur aménagement , telque le lui avaient fourni les résultats des nombreusesexploitations qu’il avait faites.
11 annonce que , pour simplifier ses calculs, il n’aopéré que sur des bois de chêne sans mélange, ou dehêtre sans mélange , ou sur des bois garnis de cesdeux essences. Il a compris le charbonnage et lesbourrées dans ces évaluations, afin d’être plus exactdans les produits; et pour ne pas multiplier les co-lonnes du tableau, il a compté 4 cordes i de char-
(1) C’est aussi à cet âge qu’ils sont le plus généralementaménagés.
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