AUN
et des frênes. Une souche cçuverte de terre fournitaussi beaucoup de plants enracinés. Voici commenton procède à cette opération : on hutte arec beau-coup de terre de grosses souches qui aient fait des
f iousses nouvelles, soit d’un ou de deux ans, et ones charge jusqu’à ce que ces pousses se trouvent en-terrées d’un pied oit d’un pied et demi. Quand lesjets ont atteint 10 à 12 pieds de hauteur, on retirela terre qui couvre la souche et on entame le vieuxbois avec la cognée pour en détacher les plants,qui alors sont bien enracinés et qui réussissent àmerveille : ces plants s’appellent crossettes enraci-nées. Duhamel, qui indique ce moyen, en a ététrès-satisfait pour l’avoir employé en grand.
Plantation de racines. Les racines arrachées deterre et replantées reprennent, pourvu qu’on enlaisse une partie à découvert : les grosses souchesmême, partagées par la cognée en 5 ou 6 mor-ceaux , fournissent autant de pieds nouveaux.
Entretien des plantations en massifs. Cet entre-tien consiste à donner à la plantation quelques bi-nages pour détruire les mauvaises herbes, et à re-ceper, à la seconde année, tous les plants, notam-ment ceux de boutures et de marcottes, afin de forcerles racinçs à se fortifier et à pousser des jets vigou-reux.
Pépinière. Les semis se font avec un peu plus desoin que les semis à demeure. On choisit un terrainléger, mêlé de sable, frais et ombragé ; on le labouresoit à la charrue, soit à la houe, et on y répand, aus-sitôt le labour fini, la graine en suffisante quantité.On laisse aux pluies le soin de l’enterrer dans lescrevasses du sol, et, comme nous l’avons déjà dit,on recouvre le semis avec des feuilles sèche? ou dela mousse. Lorsqu'on ne peut se procurer de lagraine, on fait des boutures comme on vient de ledire, c’est-à-dire avec des rameaux de 2 à 3 ans ,que l’on plante à 18 pouces de distance.
Entretien des pépinières. On les débarrasse desherbes qui leur nuisent par des sarclages •, on les bineep temps opportun; 011 repique les plants de semisà 2 ans quand on veut les élever en arbres de tige;on recèpe les boutures à 3 ans, et on conduit les unset lesautres suivant la destination qu’on leur donne.Si on se propose d’élever des arbres de tige , on con-serve, lors du recepage des boutures, la branche laplus vigoureuse, pour la faire filer.
Extraction des plants. Les plants de pépinièresse lèvent à 2 ou 3 ans, quand on veut les employera des plantations en massif, et à 4 et 5 ans lors-qu’on veut les planter comme arbres de tige. L’ex-traction se fait, pour les plants provenus de semenceset pour les boutures ordinaires, coimn^çelle de tousles autres bois. Quant aux boutures en tancée, on lesdétache, dès l'hiver qui suit la plantation , ou un anaprès, de la branche qui les a produites, et on lesrepique en,pépinière pour en former des arbres, oubien on les'plante de suite à demeure pour etl for-mer des taillis. , , . • !
Plantations d’arbres de tige. Ces plantations ontlieu dans les fonds très - aquatiques et sujets auxinondations, parce que les semis ou les jeunes plantsn’y réussiraient pas. Si les terrains se trouvent tropmarécageux , on y pratique , comme nous l’avons
AUN 3 1 j
déjà dit, des fossés d’assainissement, et on plantesur les berges. On emploie aussi des plants de hautetige sur le bord des ruisseaux et des étangs, soit dansles parcs d’agrément, où la verdure sombre de cetarbre produit des effets pittoresques, soit dans lesprés et les pâtis. L’aune forme de beaux points devue dans les endroits marécageux.
Exploitation.
L’aune s’exploite en futaie , en taillis et parémondes.
En futaie. On peut le couper vers.sa 60 e . année,époque à laquelle il a acquis toutes les qualités quile rendent propre à être employé dans les arts. Ilparvient souvent à 60 pieds d’élévation, sur un diarmètre de 2 pieds. Les aunes d’un pied de diamètrene sont pas rares, et M. Thouin s’est assuré qu’il neleur faut que 3 o à IfO ans pour arriver à cette gros-seur. Ce savant professeur observe que la végétationde l’aune se ralentit dans une progression qu’il croitplus considérable que celle des autres arbres. Lesfutaies d’aune se vendent fort cher, quelquefois jus-qu’à 8 ou 10,000 fr. l’hectare.
M. de Perthuis conseille de mélanger, dans lesplantations pour futaies , les frênes avec les aunes.O11 peut en obtenir de grands produits en moins de60 ans , si la localité se trouve avoir des débouchésavantageux. Pendant que les frênes prendront touteleur croissance , on pourra couper l’aune trois ouquatre fois. Pour obtenir, dit-il, un plein succèsde cette amélioration, il faut absolument en exclureles bestiaux, et couper la futaie par éclaircis , à me-sure que les arbres mûrissent.
En taillis. L’aune repousse très-bien de souchesjusqu’à l’âge de 3 o à 4 ° ans, et il convient parfai-tement à ce genre d’exploitation.
Duhamel dit avoir vendu une aunaie de 3 o ansà raison de 1,000 fr. l’arpent. On l’exploite à diffé-rentes époques. Lorsqu’il est situé dans un terrainassez ferme pour qu’on puisse en faire la coupe versla fin de l’hiver, qui est l’époque la plus favorablepour cette espèce de bois, 011 l’exécute comme pourles autres taillis. Mais si le terrain est tellementfangeux, qu’on ne puisse faire l’exploitation et ledébardage que par la gelée , on y procède dans lemois de janvier, lorsque la terre a acquis la soliditénécessaire. Mais on 11e doit pas oublier que l’aunerepousse mieux lorsqu’onle coupe au mois de mars,,et que ce n’est que l’impossibilité de fréquenter leterrain à cette époque, qui puisse déterminerà couperdans l’hiver.
Ordinairement les taillis d’aune sont assez hu-mides pour n’avoir pas besoin de l’ombrage des ba-liveaux. On ne doit donc en réserver que le nombrestrictement nécessaire pour favoriser le repeuple-ment naturel, et en obtenir les pièces dont on peutavoir besoin pour les arts. Il arrive mème assez sou-vent que cas réserves, quoiqueèn grande quantité,11e fournissent pas un bon réensemencement, parceque les vides de ces taillis, situés en fonds humides,sont ordinairement si gazonnés et couverts d’herbes.,que les sentences ne peuvent y prospérer. Les semisartificiels) n’y ont pas plus de succès. Dans ce cas ,
4o *