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BOI
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» Ce n’est donc point de l’imbibition absolue del’eau qu’il faut préserver les bois , mais de l’actiond’une quantité assez considérable pour dissoudre lessubstances végétales , conserver ces substances etfermenter avec elles.
33 Lorsque l’eau est en petite quantité dans le boiset qu’elle peut y séjourner, elle s’unit, se combineavec la substance du bois, exerce son action surelle ; le jeu des affinités commence , le bois s’é-chauffe, l’action augmente et la décomposition sefait.
33 Quand le bois est plongé dans une grande massed’eau, et sur-tout dans l’eau courante, l’eau, encoulant, est sans cesse renouvelée; l’action de sacombinaison est sans effet, et l’échauffement n’apoint lieu.
33 Ce que l’on doit craindre le plus dans les bois,c’est la succession d’action de l’air et de l’eau. Ceuxqui sont exposés à cette double action se décom-posent en très-peu de temps ; mais ceux qui sontexposés à une humidité continuelle, et dans lesquelsla même eau séjourne long-temps, se décomposentencore plus vite.
33 Parmi les bois , il fen est dont la décompositionà l’air se fait plus rapidement que d’autres. Les boisrésineux sont ceux qui se décomposent le moins, àcause de la résine dont ils sont pénétrés ; ensuiteviennent les bois durs. Les bois tendres, comme lesaule, le peuplier, le bouleau , l’aune, sont ceuxdont la décomposition à l’air est la plus prompte.On a vu des portes de cèdre et même des boiseriesconserver, après un usage long-temps continué, lafraîcheur du moment où elles avaient été posées.
33 11 est des bois qui se conservent plus facilementimbibés d’eau, tel est, par exemple, l’aune; c’estpourquoi on le préfère pour la construction destuyaux destinés à la conduite des eaux. A défautd’aune on emploie l’orme , qui se conserve assezlong-temps.
33 La position des tuyaux de conduite n’est pascelle des bois plongés dans l’eau ; ils sont au con-traire dans un état d’humidité qui accélère leur des-truction. C’est pourquoi on doit faire choix de boispropres à résister fortement à cette tendance.
3 > Les bois ont deux propriétés qui influent surleur corruption ; ils sont hygrométriques et ther-mométriques.
33 On appelle propriété hygrométrique la facultéqu’ont certains corps d’arracher à l’air humide uneportion de l’eau qu’il contient, pour s’en pénétrer,et rendre ensuite à l’air sec l’humidité qui les pé-nètre.
33 Lorsque le bois, par sa propriété hygromé-trique, s’empare d’une portion de l’eau dissoute oususpendue dans l’air, et qu’il s’en pénètre, il aug-mente de volume ; lorsqu’il rend à l’air l’eau qu’illui avait enlevée, il diminue de volume.
33 On appelle propriété thermométrique la facultéqu’ont les corps d’augmenter de volume par la cha-leur, et de diminuer de volume par le froid ; ce quifait que, toutes choses égales d’ailleurs, les bois
sont plus longs (i) les jours d’été secs que les joursd’hiver secs.
» Ainsi, lorsque ces deux propriétés agissent dansle même sens, les bois augmentent ou diminuent devolume avec une grande vitesse; mais lorsqu’ellesagissent en sens contraire, l’augmentation et la di-minution sont plus lentes , quelquefois elles sontmilles.
33 Lorsqu’il fait sec, par exemple, l’air arracheau bois l’humidité qu’il contient, en même tempsque la chaleur augmente son volume ; mais commepar la sortie de l’eau du bois celui-ci diminue devolume dans un plus grand rapport que celui de sonaugmentation par la chaleur, la différence des deuxeffets diminue ses dimensions.
33 Ces deux propriétés hygrométrique et thermo-métrique , qui augmentent et diminuent les bois,occasionnent dans les assemblages des variationsconsidérables, qui tantôt font déjoindre les bois etd’autres fois compriment les joints avec force. Cetravail, produit par l’augmentation et la diminutiondans le volume ,est une des causes qui contribuent leplus à briser les charpentes.
33 II est facile, d’après les développemens quel’on vient de lire sur les causes qui contribuent àfaire corrompre le bois , de prendre dans chaqueconstruction les moyens les plus propres à diminuerleur action. 33
M. Hassenfratz rappelle ensuite plusieurs obser-vations de Duhamel sur la corruption des bois.V. marine et les expériences de Duhamel dans souTraité du transport des bois.
Puis il observe que dans les constructions les boissont dans trois positions différentes : par la première ,comme dans les barrières ,.les ponts, ils sont exposésà toutes les variations de l’atmosphère ; par la se-conde, comme dans les combles, les planchers, 1 in-térieur des édifices, ils sont préservés de l’action deseaux pluviales, et ont un contact continuel avecl’air qui y pénètre; par la troisième, comme dansles planchers plafonnés, les pans de bois , les cloi-sons recouvertes, les bois sont entourés de mortier.
Dans la première, les bois se pourrissent promp-tement lorsqu’on n’a pas l’attention de les peindreou de les goudronner. Quelquefois on applique à lasurface goudronnée un ciment gras et résineux quel’on saupoudre de sable fin,’de manière à formerune couche pierreuse qui empêche l’eau de pénétrer.Ces enduits se mettent particulièrement sur lespièces des ponts que l’on recouvre de sable, deterre, et que l’on pave, conséquemment qui sontexposées à l’action de l’eau qui les pénètre.
Mais s’il est avantageux pour la conservationdes bois de peindre ou goudronner ceux qui sontsecs, il est imprudent de le faire sur des bois hu-mides, parce que ces enduits empêchent l’humiditéde s’évaporer.
La seconde exposition est la plus favorable pourla conservation des bois, lorsqu’on a soin de'les ga-rantir des eaux pluviales ; cependant dans les lieux
(1) C’est beaucoup moins sur la longueur que sur la gros-seur que le retrait ou l’augmentation de volume se lait sentir.