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i°. La bouture à bois de deux ans , c’est-à-direfaite avec une jeune branche, sur laquelle se trouveune portion de bois de deux ans et de l’année pré-cédente. On l’emploie à la multiplication des arbreset des arbustes au printemps , et on les place enrigoles en pleine terre et au nord.
2 °. En plançon. C’est une branche de 8 à îo piedsde haut en forme de pieu , propre à la multiplicationdes arbres aquatiques, tels que le saule et le peu-plier. On la fiche en terre dans un trou fait avec ungrand pieu.
3°. En ramée. Grande branche avec tous ses ra-meaux, propre à fournir des pépinières d’oliviers,à garnir des berges de rivières , de marais, à affermiret exhausser le terrain. Les oliviers, les saules, lespeupliers, le tamaris, le chalef, l’aune, etc., sontpropres à cet usage. On la plante horizontalement àla fin de l’hiver à 4 ou 5 pouces de profondeur, enayant soin de laisser sortir l’extrémité des rameauxde 3 à 4 pouces.
4°. En fascines. Ce sont de jeunes branches de ladernière ou de l’avant-dernière pousse, réunies enfagots de 2 pieds de long et ployées sur elles-mêmes.On s’en sert lorsqu’on veut retenir des berges sur lepoint d’être enlevées par les eaux. On enterre cesfascines de manière à n’en laisser sortir que l’épais-seur de 4 pouces, et on les assujettit avec un pieupassé à travers. Ce sont les osiers ou les saules qu’onplante ainsi.
5°. A crossette. Elles ont la forme de petitescrosses; elles sont formées du bois de la dernière etde l’avant-dernière sève. Le bois le plus ancien nedoit former que le quart de la longueur de celui del’année précédente, et la longueur totale de la cros-sette ne doit pas passer 1 5 pouces. Un certain nombred’arbres et d’arbrisseaux se multiplient par la voiedes crossettes, principalement ceux dont la consis-tance du bois est aussi éloignée de l’extrême duretéque de la mollesse. On se procure des crossettes pen-dant l’hiver lors de la taille des arbres. On choisit,autant que possible, des rameaux crus sur des bran-ches vigoureuses, et on les coupe le plus près qu’ilest possible de la tige, de manière à emporter avecelles le bourrelet qui les unit ensemble. On nommece bourrelet le talon de la bouture. Il est tout dis-posé à produire des racines , et par conséquent infi-niment utile à la reprise de la bouture. Les cros-settes se lient par bottes et se gardent dans une cavejusqu’à ce que les gelées soient passées, époque oùon les met en terre.
Tels sont les principes établis par M. Thouinsur les cinq espèces de boutures ci-dessus décrites.M. Bosc y en ajoute quelques-uns dont voici unbref exposé. Une terre humide, meuble, chaudeet bien pourvue de principes nutritifs, présente lestrois conditions qui assurent le mieux la reprise desboutures. On place au nord celles qui, se conten-tant de la pleine terre, sont délicates et susceptiblesde se dessécher au soleil, et à l’égard de celles quiexigent la chaleur de la couche ou des châssis, onles couvre pendant que le soleil brille. Il est bon decouper toutes les feuilles lorsqu’elles favorisent tropl’évaporation, et de tenir le plus court possible lapartie qui est hors de terre , d’arroser fréquemment,
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mais sans excès. Il y a cependant beaucoup d’arbreset d’arbustes qui ne doivent pas être étètés, sur-toutceux qui ont une flèche , comme les frênes, les éra-bles , 1 es cornouillers, etc. La position oblique estordinairement la plus favorable à la reprise, et ondoit éviter d’employer le plantoir, qui durcit laterre. Il vaut mieux faire des tranchées ou des trous,et recouvrir les boutures avec de la terre meuble.
On ne doit pas couper en talon ou à crossette lesboutures du peuplier d’Italie, du saule de Baby-lone, etc., mais bien celle^dont la reprise est unpeu plus incertaine, telles que celles de platane, depoirier, etc.
Comme la jeune écorce est plus propre à formerdes bourrelets que la vieille, il est beaucoup d’es-pèces d’arbres et d’arbustes dont on ne peut fairede boutures qu’avec des branches de l’année précé-dente ou de deux ans au plus. Quelques-uns cepen-dant, dont le bois est mou et l’écorce d’une faciledistension, tels que le saule , le peuplier noir, etc. ,peuvent être employés à un âge plus avancé. Ce sontces sortes de boutures qu’on appelle plancons. Onplante beaucoup de ces plancons pour gagner dutemps ; mais il est infiniment plus avantageux d’em-ployer des boutures d’un à deux ans, et de les teuiren pépinière jusqu’à ce qu’elles puissent être plan-tées à demeure. L’augmentation de dépense qui ré-sulte de cette première éducation est bien compenséepar la beauté et la durée des arbres.
Tous les peupliers reprennent de boutures; ce-pendant ces boutures ne se traitent pas de la mêmemanière pour toutes les espèces : le peuplier du Ca-nada demande à être très-enfoncé en terre, le peu-plier d’Italie doit conserver sa tête, le peuplier-bau-mier être muni d’un talon, le peuplier blanc êtreplanté en ramée, le peuplier de Caroline être pourvud’un bourrelet, le peuplier argenté être placé surcouche et sous châssis, etc.
Les boutures sont plus sujettes à la gelée que lesrameaux qui tiennent encore à l’arbre. Il périt, parcette cause, quantité de boutures de saule de Baby-lone (saule-pleureur). On éviterait cette perte si onles plantait en rainée, parce que le bois , couché enterre, pousserait des rejetons après la mort des extré-mités saillantes.
Lorsque les boutures sont placées dans un lieuexposé à l’action des vents, il est utile de les en ga-rantir pendant les premiers jours par des paillas-sons, des fagots ou autres moyens; car ces ventssont quelquefois plus desséchans que le soleil leplus ardent. Cette pratique a lieu rarement ; mais ilest souvent nécessaire de mettre de la cire, du suif,de l’argile ou autre englument sur la plaie supé-rieure des jeunes boutures dont on a retranché latête, afin d’empêcher la déperdition de la sève. Lamême opération sur la plaie inférieure produit éga-lement de bons effets.
C’est, ajoute M. Bosc, parce que la quantité desève qui se trouve dans une bouture est presque tou-jours insuffisante pour nourrir la tige et les feuilles,lorsque la première est trop longue et les secondestrop abondantes, et supporter en même temps la dé-perdition qui a lieu par l’évaporation , qu'il faut,dans les cas les plus ordinaires, couper, à deux ou