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mûrissent en octobre. Cet arbrisseau ne se trouveguère que dans les terrains secs et au bord des fo-rêts. Ses racines, fortes et étendues, gênent beau-coup dans la culture des champs.
La Bugrane des champs a les fleurs médiocres,purpurines, géminées, en grappes, et les rameauxvelus et sans épine.
Cette espèce, comme celle qui la précède , offreun grand obstacle à la culture des terres et au dé-frichement dans les forêts. 11 faut presque toujoursemployer la pioche pour l’extirper, ou armer lacharrue d’un ou de deux coutres bien effilés.
Les vaches , les ânes, les moutons et les chèvresla mangent avec plaisir , sur-tout au printemps.Ses racines passent pour être apéritives et diuré-tiques , et les feuilles pour être astringentes.
La Bugrane gluante est un arbrisseau touffu,d’environ un pied à un pied et demi, qui croît dansle midi de la France , et dont les feuilles inférieuressont composées de trois folioles , longues d’environun pouce et dentées seulement au sommet, et lesfeuilles inférieures ordinairement simples ; les fleurssont de couleur jaune, moins grandes que celles dupois ordinaire, et solitaires sur des pédoncules munisd’un filet. Elle fleurit au printemps et répand uneodeur forte ; toutes ses parties sont gluantes.
La Bugrane précoce ou ligneuse croît sur lesmontagnes du Dauphiné ; on en décore les jardins.C’est un joli arbuste d’un à a pieds, remarquablepar ses grandes et belles fleurs purpurines, réuniestrois à trois sur chaque pédoncule, et disposées plu-sieurs ensemble à l’extrémité des rameaux ; sesfeuilles sont nombreuses, fermes , luisantes , muniesà leur base de stipules en gaîne , composées chacunede trois folioles lancéolées et dentées. Elle fleuritau printemps. Elle a besoin d’être abritée, pendantsa jeunesse, dans les jardins des environs de Paris .
La Bugrane élevée croît en Allemagne ; ellediffère de la bugrane épineuse par l’absence desépines , par une tige plus élevée et plus forte,par ses feuilles plus grandes et réunies trois à trois,et par l’odeur désagréable de ses fleurs.
BUIS , buxus. Genre de plante de la monoécietétrandrie et de la famille des euphorbes, qui a desfleurs monoïques, réunies en paquets axillaires. Lesfleurs mâles sont composées d’un calice à quatre fo-lioles colorées , arrondies au sommet, entourées dedeux ou trois petites bractées écailleuses; de quatreétamines plus longues que le calice, attachées auréceptacle. Les fleurs femelles, placées au centre dechaque paquet des fleurs mâles, ont un calice forméde trois écailles, entouré de trois ou quatre bractées ;d’un ovaire supère , de trois styles courts, persis-tans , obtus, marqués d’un sillon longitudinal. Lefruit est une capsule presque globuleuse , à troispointes, à trois valves et à trois loges renfermantdeux graines.
Dénomination. Le buis ou plutôt le hou-ys commeécrivaient nos pères, signifie bois de fer , car le ferse nomme en langue celtique , ys , yser, eysen. Cebois se nomme , en grec, puxos ou pyxos , d’où estvenue la dénomination de pyxides , donnée par lesGrecsaux boites, parcequ’elles étaient faites de buis.Il s’appelle, en italien, bosso ou busso ; en espagnol
box ; en allemand, bux-baum; en anglais , box-tree;en flamand, bosch.
Du mot buis on a fait buisson, qui signifiait origi-nairement une clôture de jardin faite en buis, et quiaujourd’hui indique une haie, un hallier, une touffed’arbrisseaux sauvages et épineux , et toutes sortesd’arbustes, auxquels on donne, par la taille, la formed’un buisson.
Histoire. Le buis est l’un des arbustes dont lesanciens ont le plus parlé , à cause de ses qualités etde ses usages. Ils le plantaient dans leurs jardins etlui donnaient différentes formes. Quœ arbor , ditPline le jeune , ob dense subnascentes surculos etfrondes , in animalium aliorumve effigies componiet detunderi prœ alia quœcumquœ apta est. Ce quiprouve que les Romains connaissaient, comme nous,l’art de tondre les arbres de manière à leur faireimiter toutes sortes de figures. Pline le naturalistea vanté les qualités du buis , qu’il regarde commel’un des plus beaux bois , in primis verà materieshonorata buxo. Il dit qu’il est très-dur et jaunâtre ;et c’est sur cette dernière qualité que roule une épi-gramme de Martial :
Et très sunt tibi, Maximina , denta,
Sed plané piceique buxtique.
C’est particulièrement au buis que Pline et d’au-tres auteurs latins donnent l’épithète de tonsilis ,parce que cet arbre est l’un des plus propres à latonte. Pline et Vitruve employaient un nom parti-culier pour exprimer l’art du jardinier, qui fait repré-senter à des arbrisseaux diverses figures : c’était le motlatin topiaria , dérivé sans doute du grec topo,paysage , et dont ils faisaient topiarius , jardinier quisait donner aux arbres diverses formes, et topiariumopus , l’ouvrage de ce jardinier.
Pline regarde le buis comme étant recommandable
sous ce rapport. commendabilis . topiario
opéré. Il distingue trois sortes d,e buis, et il placeau premier rang le grand buis gaulois , qui n’est pasaujourd’hui le plus commun en France ; puis il parledu petit buis sauvage et du buis d’Italie . Les buisétaient, deson temps, fort multipliés surlesPyrénées,sur le Cytore , sur le Bérécynthe en Phrygie , et ilen est question dans les poëtes latins qui rappellentles usages qu’on en faisait pour la fabrication desflûtes, des peignes , etc. :
Et jurât undantem buxo speetare cytorum.
Virg. Georg., lib. II.
Scepè cytonaco diducit pectine crines.
Ov., Met.
C’est à la grande quantité de buis du mont Béré-cynthe , que Virgile fait allusion, lorsqu’il dit deCybèle , honorée sur cette montagne :
. Buxos vocat Berecynthia mater.
Les flûtes de buis furent inventées à Célène , an-cienne capitale de la Phrygie :
Fceda Celened committere prcelia buxo ,
a dit Stace , Thébaïde ,11. EtClaudien, par allusionà ces flûtes de buis, a dit :
Si buxos injlare velinu .
Chez les Romains , le buis était consacré àCérès,il l’était aussi à Cybèle. Stace , que nous venons de