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Tome premier.
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CER

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la mythologie, est la déesse des moissons. Soisle nom de céréales , on comprend tontes les gra-minées que l’on cultive pour leurs grains , tellesque le froment, le seigle , l’orge et l’avoine.

Dans les cultures forestières , on mêle des céréalesaux semences d’arbres, pour servir d’abri aux jeunesplants dans la première année du semis , et pour seprocurer une indemnité des frais de culture. V. Semis.

CERF. Y. ce mot dans le Dictionn. des Chasses.

CERISIER , cerasus. Genre d’arbre de l’icosan-drie monogynie et de la famille des rosacées.

Dénomination. — Il se nomme en grec kerasos ;en latin, cerasus ; en italien , ciriegio ; en espagnol ,cirezas; en anglais, cherry-lree; en allemand , kirs-chen-baum; en flamand , kcrsen. Le mot cerasus dé-rive de Cérasonte , nom d’une ville de Pont dansPA sie mineure.

Histoire. — Suivant Pline, il n’y avait point decerisier en Italie avant la victoire de Lucullus surle roiMitliridate. Ce fut ce général qui, le premier,l’an de Rome 680, apporta de ces arbres de la pro-vince de Pont, et au bout de 120 ans on en trans-porta dans la Grande-Bretagne. Cerasi ante -victo-riam mithridaticarn Luculli non fuêre in Italid.Ad urbis 680 is primùm vexit è Ponto : annisque120 trans Occanum in Britanniam usque pervenére.( P lin. , lib. XF, cap. XX F. )

Cet auteur fait mention de huit sortes de ceri-siers, et il en cite quelques-unes, qui, de son temps,étaient cultivées dans la Gaule-Belgique , et sur lesbords du Rhin . Il dit que les cerisiers aiment leslieux froids et septentrionaux, et qu’on n’a jamaism les naturaliser en Égypte , sans doute à cause dea chaleur excessive du climat.

Plusieurs auteurs ne partagent point l’opinionassez généralement reçue , que les cerisiers furentapportés de l’Asie . Le traducteur de Pline, Poinsi-net de Sivry , fait remarquer que Casaubon s’est ins-crit en faux contre cette opinion, et qu’il a tentéd’établir que la ville de Cérasonte elle-même étaitainsi nommée, parce que son territoire produisaitles meilleures cerises qu’il y eût dans la provincepontique. M. Desfontaines, dans son Histoire desarbres et arbustes , n’est pas non plus de cette opi-nion , et il pense qu’il y avait des cerisiers en Eu-rope , avant l’époque indiquée par Pline. 11 cite lemerisier comme étant indigène à la France , etcomme existant, de temps immémorial, dans nos an-ciennes forêts. 11 croit avec Linné , Rai et Rozier,que le cerisier apporté d’Asie par Lucullus étaitquelque espèce inconnue jusqu’alors, et dont lefruit avait une qualité supérieure à celui du meri-sier sauvage. D’ailleurs, ajoute-t-il, 11’eût-il pas étépossible que le merisier existât dans la Gaule sansqu’il fût connu en Italie ? »

M. Loiseleur Deslongschamps, dans la nouvelleédition du Traité des arbres et arbustes de Duha-mel , a discuté ce fait historique avec beaucoup desoin , et il parait incontestable, d’après ses savantesrecherches, que véritablement le cerisier n’existaitpoint en Italie ni dans les Gaules avant la victoirede Lucullus sur Mithridate , et que ce fut ce géné-ral qui, le premier, l’apporta à Rome , d’où il s’estensuite répandu dans les autres parties de l’Europe .

Cet auteur convient que le merisier est un arbreindigène à nos forêts ; mais distinguant cet arbre ducerisier, il fait remarquer que ce dernier est beau-coup moins répandu dans les bois ; qu’on ne letrouve pas avec l’autre au fond des grandes forêts ;qu’il 11’existe sauvage que dans les lieux voisins deshabitations, et qu’il provient évidemment de noyauxjetés par la main des hommes ou disséminés par lesoiseaux. « Le cerisier , dit-il , soit cultivé , soitabandonné à la nature , a deux grands moyens demultiplication ; ses fruits nombreux lui fournissentle premier, il tire le second de ses racines. Autemps de Virgile , où cet arbre était encore toutnouveau, on avait déjà observé la propriété qu’il ade pousser de ses racines une innombrable quantitéde rejets, et le poète la.in y fait allusion dans cesvers :

Pullulât ab radice aliis densissima Sylva,

Vtcerasis ulmisque ; etiam parnassia laurus

Parva sub ingenli matris se subjicit umbrâ.

Geohg. , lib. II.

« Avec ces puissans moyens de multiplication, lecerisier pourrait, à lui seul, formerdes forêts en-tières, et à plus forte raison, il aurait dû se con-server dans celles de notre pays, si, dans l’origine,

il y eût été planté des mains de la nature.C’est

donc pour avoir manqué d’exactitude , et pour avoirconfondu deux arbres bien distincts, le merisier etle cerisier , que quelques auteurs modernes se sontécartés de ce que les anciens avaient écrit sur l’ori-gine du dernier. »

M. Deslongschamps, combat la conclusion quele docteur Thore avait tirée en faveur de l’opinionde Rozier, de la découverte faite par ce médecin d’unbois fossile qu’il avait reconnu pour être du bois decerisier. Cette découverte , dit-il , serait sans répli-que , si l’auteur avait attaché au mot cerisier lesens que nous lui donnons avec tous les botanistes;mais comme il est d’ailleurs évident qu’il n’a pasdistingué le cerisier du merisier , et que le dernierseul existe aujourd’hui sauvage dans les forêts del’ancienne Aquitaine, il doit être démontré quele bois qu’il a trouvé enterré dans la tourbe desenvirons de Dax , appartient au merisier et non aucerisier.

Il conclut de ces observations , qu’avant Lucul-lus il n’existait point de cerisier dans les Gaules ni en Italie, quoique, d’après Théophraste et Athé-née , les Grecs le connaissaient depuis long-temps.Il pense même que le merisier proprement dit n’exis-tait pas non plus en Italie , au moins dans les par-ties méridionales; et il observe, à cet égard, quePline , qui a parlé des arbres sauvages , n’a rien ditdu véritable merisier des bois; que même cet arbren’a pas de nom en latin, et qu’enfin aujourd’hui, iln’existe pas sauvage dans le midi de l’Italie . Sonopinion est encore fortifiée par la considération quele cerisier et le merisier sont des arbres des régionstempérées et même un peu froides, et il rapporte, àcette occasion, qu’on n’a jamais pu naturaliser lecerisier en Egypte , et qu’il est très-rare aujourd’huidans toute la campagne de Rome , tandis que saculture s’est multipliée avec rapidité en Angleterre,