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Tome premier.
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pluvieux, comme cela arrive souvent, alors le ter-rain léger n’a plus de consistance s’il est sec, et lesol compacte se lève par mottes; s’il est mbuillé, ilse pétrit et devient plus compacte encore : la saisonavance, on est forcé à planter, quelque temps qu’ilfasse, et souvent l’opération est manquée. On necourt aucun risque de planter avant l’hiver, de très-bonne heure, et on en court beaucoup si on attendla cessation du froid. »

De la conduite et de Ventretien des plantations.— et Lorsque l’arbre a été mis en terre, il exige dessoins. Le premier et le plus essentiel est de recou-vrir les tiges avec des épines, pour empêcher lesbestiaux de venir se frotter contre les arbres, qu’ilscouchent et déracinent souvent par la pesanteur deleur masse. La paille, dont quelques personnes en-tourent aussi la tige pour la garantir des rayonsdu soleil, est, en définitif, plus nuisible qu’utile,en ce qu’elle fait étioler l’écorce et la rend, lors-qu’elle est ôtée, et il faut bien en venir là, beau-coup plus susceptible des impressions de l’air. Lesagronomes prudens, qui ne font rien à la hâte, maisqui opèrent avec poids, mesure et discernement,ont la précaution, dès que les chaleurs se font sen-tir, de couvrir toute la superficie de la terre remuéeau pied de l’arbre, avec des fagots de fougère ouautres herbes, afin d’empêcher la trop facile éva-poration de cette terre ameublie, et par conséquentd’y maintenir cette fraîcheur salutaire qui assure lareprise et la végétation de l’arbre. Peu-à-peu cesherbes pourrissent et deviennent un nouvel engrais;on fera encore mieux si on recouvre ces herbes avec6 pouces de terre. Un particulier, dans la vallée deJJaigorri, a porté l’attention jusqu’à faire chausserle pied de ses jeunes arbres pendant les cinq ou sixpremières années, non-seulement avec la fougèredont on vient de parler, après leur avoir fait don-ner un labour sur un diamètre de 6 à 7 pieds ; maisencore avec de la terre relevée de tout le pourtourde l’arbre. Ce travail donnait plus de solidité aupied de l’arbre, et le fortifiait coptre les coups de\ent, ménageait, dans toute la circonférence du ter-rain travaillé, une espèce de petit réservoir auxeaux pluviales. Il est résulté de ces sages précau-tions que ses châtaigniers ont fait des progrès si ra-pides, que, dans l’espace de treize à quatorze ans, àcompter du temps de la transplantation dans la chà-taignerie, ils avaient au-dessus du talon 3 piedsde circonférence, et qu’ils avaient produit du fruitdepuis jrlusieurs années.

» Dès que la tige a produit des branches d’unegrosseur convenable, il faut greffer l’arbre en flûte.L’opération se fait au mois de mai de l’année sui-vante.

jj Tout le monde sait que le châtaignier porte sonfruit à l’extrémité de ses brandies; que la partie desbranches couverte par celles des arbres voisins n’enproduit plus. On doit se régler d’après cette loi de lanature, pour la conduite de cet arbre, soit qu’onle destine à donner des récoltes abondantes en châ-taignes, soit qu’on se propose de l’élever commearbre de charpente : ceci exige quelques détails.

» La beauté d’üne châtaigneraie est d’étre peu-plée d’arbres dont la disposition des branches forme

une houppe régulière. L’arbre prend naturelle-ment cette disposition sur les endroits élevés ;l’art doit cependant venir au secours de la nature ,s’il pousse des branches tortueuses ou mal placées.Le grand point, dans les premières années, est defaire prendre et conserver aux branches la directionde l’angle de 45 degrés; elles ne la perdront que troptôt, par la pesanteur et le nombre de leurs fruits, quiles abaissent successivement à l’angle 5o, 60, etc.Ainsi, dans les endroits élevés, il n’est pas nécessairede faire monter beaucoup la tige des arbres, puis-qu’un libre courant d’air et la lumière du soleil en-vironnent de toutes parts la circonférence des bran-ches. Il n’en est pas ainsi dans les endroits bas : l’arbrene se coiffe plus de la même manière que le premier,et au lieu d’y former la houppe, sa tête s’allongeen pyramide, parce qu’elle est forcée d’aller cher-cher le courant d’air et le contact immédiat desrayons du soleil : c’est donc le cas de faire filer latige, en l’élaguant de. ses branches latérales, jusqu’àce que son sommet, parvenu à la hauteur requise,puisse étendre ses branches en liberté, respirer sanspeine, et jouir amplement de l’influence du soleil.

» Le châtaignier est sujet à produire beaucoup debranches gourmandes , qui affament les voisines.

jj Le mal provient de ce que les mères-branchess’écartent trop promptement de l’angle de 45 degrés.Dès-lors, la force ue végétation, l'abondance dessucs qui affluent aux branches inclinées, Les con-traint à produire des gourmands qui poussent surune ligne perpendiculaire; mais si, à la fin de la sai-son , vous tirez un rayon du sommet de ce gourmandvers le tronc de l’arbre, vous trouverez un angle de45 degrés, à moins qu’il n’ait poussé immédiate-ment près du tronc. Cette loi est invariable ; elletient à la nature, et La naissance de ce gourmanddémontre que la nature cherche toujours à reprendreses droits, tant que la sève monte librement dansses canaux. S’ils sont en grand nombre, et disposésrégulièrement dans le pourtour des branches, n’hé-sitez pas à sacrifier la partie des branches au-delàdes gourmands, vous renouvellerez l’arbre; mais siau contraire vous sacrifiez les gourmands, il enpoussera perpétuellement de nouveaux, jusqu’à ceque l’arbre soit épuisé.

jj Le châtaignier fournit encore beaucoup debranches chifones. On doit les abattre; elles ab-sorbent une nourriture dont les branches à fruit ontle plus grand besoin. Quant à celles qui surviennentdans l’intérieur de l’arbre, elles tirent moins à con-séquence ; étouffées par les branches supérieures, ilest rare qu’elles végètent après la seconde année :une sève trop abondante les a fait naître, jj

De la manière de rajeunir les châtaigniers. —ce Lorsque les châtaigniers sont très-âgés, qu’ils ontde deux à trois cents ans, ils se couronnent; les ra-meaux supérieurs sont successivement frappés demort, et le fruit devient plus petit. On les rajeuniten coupant les branches à 2 ou 3 pieds du tronc; ilpousse du tronçon de ces grosses branches de nou-veaux rejets, de véritables gourmands, qui, quel-quefois au bout de trois ou quatre ans, commencentà donner des fruits peu abondans, mais très-gros.Il est même des pays où l’on fait subir cette opé-