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aujourd’hui un problème, d’après la méthode bienconnue de conduire les futaies par des éclaircies pé-riodiques , et je ne doute nullement qu’en appli-quant cette méthode aux forêts de châtaigniers, onn’en obtienne des arbres de la plus belle dimension.
Exploitation. — Le châtaignier peut s’exploiteren futaie , en taillis et par émondes.
JJ es taillis de châtaigniers. — L'exploitation entaillis convient particulièrement au châtaignier ,c’est le moyen d’en tirer le plus grand produit enargent. Il repousse bien de souche, et il produit,sur-tout dans les fonds sableux un peu frais, lesplus belles perches qu’on puisse voir : on peut lecouper tous les sept ans; cependant on ne l’exploiteguère dans les forêts de l’état que tous les quinze àvingt ans. 11 fournit d’excellens cerceaux pour lestonneaux et les futailles, et qui résistent mieux queceux de toute espèce de bois dans les caves humides ;on fait aussi avec les jeunes perches de châtaignierde très-bons échalas et du treillage. Le bois de châ-taignier est particulièrement propre à ces usages , parla propriété qu’il a de résister long-temps à la pour-riture dans la terre , dans l’eau , et même à l’air lors-qu’il est à couvert, de se fendraXrès-aiséinent danssa longueur et d’être très-élastique. Nous avons déjàrapporté les prix qu’on tirait des taillis de châtai-gnier exploités à sept ans et au-dessus. Lorsqu’onles coupe à quatorze ou quinze ans, on en fait descercles, des pieux , des échalas de refente, toujoursbien meilleurs que ceux de bois plus jeune ; et àvingt ou vingt-cinq ans, on en fait de la charpentelégère et même les articles précédens. Les avantagesque procurent les taillis de châtaignier font regret-ter qu’il ne soit pas plus cultivé L’Administrationforestière a senti l’importance de cette culture , etelle y a donné des soins tant que ses moyens le luiont permis jamais c’est sur-tout aux particuliers quicherchent des produits rapides, à former des châtai-gneraies dans tous les endroits où l’on a besoin d’é-chalas, de cercles et de merrains.
JJ es futaies de châtaigniers. — Quels que soient ce-pendant les avantages que procurent les taillis dechâtaignier, il ne faut pas le négliger comme grandarbre. Il fournit, par l’exploitation en futaie, unemasse de bois bien plus considérable, et si on letraitait comme il vient d’être dit dans l’extrait del’article de feu l’abbé Rozier, on en tirerait de bellespièces de charpente.
Qualités et usages du bois de châtaignier. — Lejeune bois de châtaignier est blanc ; mais celui desarbres plus âgés est d’un jaune brun, dur et d’unbon usage. «Il a , dit Varennes de Feuille , tant derapport avec celui du chêne, qu’il est très-ordinairede les confondre, et quelquefois très-difficile de lesdistinguer. La disposition des pores et des fibreslongitudinales, la qualité du grain et la couleur pa-raissent à l’extérieur les mêmes; la teinte du châtai-gnier est seulement un peu moins obscure, et le con-tact de l’air ne la rembrunit pas autant que celle duchêne : leurs qualités intrinsèques ont aussi beau-coup d’analogie. Egalement propres l’un et l’autreà la grande charpente, à la menuiserie, aux ouvragesde fente, ils durent des siècles sans s’altérer. Tousdeux se conservent long-temps dans la terre; ils
>arviennent à-peu-près à la même hauteur dans le»)ois, et vivent très-fong-temps. Tous deux souffrentdifficilement la transplantation quand ils ont acquisun certain âge. »
On prétend avoir remarqué que des constructionsde bois de châtaignier, quoique fort anciennes,étaient exemptes de vermines et même de toiles d’a-raignée.
Il résulte des expériences de l’auteur que nous ve-nons de citer, que le bois de châtaignier pèse vert68 livres g onc. par pied cube, et sec 4 1 livres 2 onc.7 gros 5 qu’il perd par la dessiccation plus du vingt-quatrième de son volume.
Maisd’aprèslamoyenneproportionnelle, tirée desexpériences de cet auteur et de celles de M. Hassen-fratz, le pied cube du bois de châtaignier pèse, étantsec, 48 livres.
Autant les éruptions transversales, dit encore Va-rennes de Fenille, sont apparentes dans le chêne ,autant elles sont confuses et difficiles à apercevoirdans le châtaignier, sinon à l’aide d’une loupe.Cette observation donne un moyen bien simple dedistinguer avec quel bois ont été construites cer-taines charpentes parfaitement conservées et très-an-ciennes, qu’on suppose de châtaignier : un coup de ra-bot sur l’extrémité d’unè solive décidera laquestion.
De ce que les éruptions transversales qui lient lesdifférentes couches annuelles du bois sont peu sen-sibles, M. Bosc tire la conséquence naturelle queles couches annuelles doivent être sujettes à se sé-parer et à se trouver dans l’état de maladie qu’on ap-pelle cadrunure. 11 dit que de trente châtaigniersd’environ un pied de diamètre, qu’il a vu équarrirdans la forêt de Montmorency, il y en avait unevingtaine dans cet état. Cette organisation , ajoute-t-il , concourt encore à rendre rares les vieux troncspropres à la charpente et à la menuiserie , et en ac-célère beaucoup la décomposition après qu’ils sontemployés; mais si d’après ces considérations levieux bois de châtaignier ne doit pas être regardécomme véritablement propre à la charpente et à lamenuiserie , à la fabrication du merrain pour lestonneaux, et des bardeaux pour la couverture desmaisons, cependant on l’emploie quelquefois à cesusages. Voici ce que Miller dit à cet égard : « EnItalie , on plante le châtaignier en taillis, qu’oncoupe de bonne heure pour en faire des. soutienspour les vignes, et ces échalas durent ordinairementle double de ceux qui sont faits avec tout autre bois.Il possède la propriété de conserver toujours sondiamètre sans se gonfler ni se resserrer, ce qui lerend très-propre à contenir toutes sortes de liqueurs.En Italie , toutes les futailles, grosses et petites,sont faites avec ce bois ; et comme il a plus de duréequ’aucun autre, on s’en sert sur-tout pour les ca-naux souterrains destinés à conduire les eaux d’unlieu dans un autre. ( Dict. de Miller , t. II ,p. 2 13 . ) »
On assure que dans les tonneaux de bois de châ-taignier , le vin fermente plus lentement, s’évaporemoins, se fortifie et s’améliore davantage que danstout autre bois, et qu’il y contracte moins de mau-vais goût.
Il y a peu de bois, suivant Duhamel, qui four-