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chêne jaune, Q. prinus acuminata ; le chêne-saule,Q. phellos; le chêne falqué , Q. falcata£ le chêneécarlate, Q. coccinea , arbre qui croît très-promp-tement, parvient à 80 pieds d’élévation , et à 10 et12 pieds de circonférence , et réussit très-bien enFrance . ( V. la figure A l 'Atlas , PL XI. ) Le chênegris , Q ambigua ; le chêne à chevilles , Q. palus-tris ; le chêne rouge, Q. rubra.
Les autres espèces sont moins importantes , soitpar leur petite taille, qui ne s’élève pas au-dessus de45 pieds, et qui reste souvent beaucoup au-dessous,soit par la faible qualité de leur bois ; ce sont : lechêne cendré, le chêne-châtaignier nain, le chêne àfeuilles de laurier, le chêne nain, le chêne aquati-que , le chêne ferrugineux , le chêne banistéry , quidonne beaucoup de glands et dès l’âge de 5 à o ans,et qui convient par conséquent dans les remises, oùil y a du fauve et des sangliers (V. la fig. à l 'Atlas,Pt. XI ), et le chêne catesbv.
De la culture du chêne en général.
Le chêne , étant la première espèce de bois, doitêtre cultivé de préférence à toute autre , par-tout oùle terrain, le climat et l’exposition conviendront àsa culture.
Des terrains , situations et expositions convena-bles au chêne. — On voit des chênes dans presquetous les terrains , parce que les forêts primitivesétaient peuplées en grande partie de cette espèced’arbre, et parce que les anciens forestiers n’enplantaient guère d’autre dans les repeuplemens.Cependant, il s’en faut bien que le chêne réussissepar-tout. Il lui faut les meilleurs fonds, et on nedoit pas regretter de les lui réserver, les produitsqu’il y donne étant au-dessus de tout ce qu’on pour-rait attendre des autres espèces de bois.
Les terrains qui conviennent le mieux au chênesont les mélanges de terre végétale ou d 'humus, desable et d’argile , qui joignent la fraîcheur à la pro-fondeur. Il vient bien aussi dans les terres fortes etdans les fonds d’argile, pourvu qu’ils soient un peudivisés par quelques parties de sable, de gravier oude pierrailles. Enfin, on le voit végéter et croîtredans les argiles très-j>eu mélangées d’autre terre ;mais il n’y parvient pas à une grosseur considérable,et son accroissement s’y ralentit de bonne heure.Les sables secs et peu alliés de bonne terre lui con-viennent encore moins. Cependant on peut faire en-trer le chêne dans la plantation de ces sables , maisen le mêlant, dans une faible proportion, avec lesbouleaux, les hêtres , les châtaigniers , les trem-bles, les peupliers blancs, les marceaux, le Sainte-Lucie, et en ayant l’attention de planter en automne.Quant aux sables humides, ils sont excellens.
Comme la racine pivotante du chêne est destinéeà s’enfoncer profondément, il faut que la coucheinférieure du terrain soit perméable à cette racine ,c’est-à-dire qu’elle soit composée de terre légère oude sable. En eflet, dans les terrains dont la pre-mière couche est d’ailleurs de bonne qualité, maisassise à peu de profondeur sur un lit épais et serréd’argile, ou sur un tuf calcaire, un banc de pierres,
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des terres métalliques ou tous autres obstacles queles racines fie puissent franchir, on remarque quel’arbre ne tarde pas à devenir languissant, à se cou-ronner, et qu’il arrive à la décrépitude bien avant letemps marqué par la nature. Il lui faut un terrainde trois pieds au moins de profondeur, pour s’éleveren futaie, et deux pieds pour fournir d’assez bonstaillis.
Quant à la situation du terrain, elle ne doit êtreni trop haute ni trop basse : dans le premier cas, lesarbres souffrent des froids, notamment le chêne pé-donculé, et ils sont exposés aux coups de vent ; dansl’autre , ils ont à souffrir de l’humidité et de la ge-lée , et leur bois est tendre et gras, sur-tout si le ter-rain est glaiseux. Dans l’un et l’autre cas, ils neparviennent jamais à leur entier accroissement.
Les chênes aiment les revers des montagnes , lesplaines , et ils s’accommodent assez des expositionsau nord , quoiqu’en général les arbres croissentmoins bien à cette exposition. On en voit même surles hautes montagnes froides ; mais s’ils y parviennentà un âge assez avancé, ils n’y acquièrent que bienrarement une grosseur considérable.
En général, on ne doit pas oublier que le chêneétant un arbre des climats tempérés, il aura à souf-frir toutes les fois qu’il se trouvera exposé à desfroids ou à des chaleurs trop intenses , et qu’il luifaut une situation moyenne et un peu de fraîcheur.
Mais comme tout est compensé dans la nature, siles climats chauds ne sont pas les plus propres à lavégétation du chêne , ils contribuent à donner à sonbois une qualité bien supérieure à celle qu’il a or-dinairement dans les pays froids et humides.
Ces indications sont suffisantes pour faire con-naître les principes généraux qui devront guiderpour le choix des terrains; on n’aura à distinguerque les cas particuliers applicables à telle ou telleespèce de chêne, et que nous avons d’ailleurs rap-pelés à l’article de chacune.
De la nécessité de mêler , dans les plantations dechêne , d’autres espèces de bois. —Le chêne , commetoutes les autres essences, croît moins vite et dé-périt plus promptement, lorsqu’il forme seul lamasse des taillis, que lorsqu’il est mélangé dansune certaine proportion avec d’autres espèces debois. Son mélange avec le hêtre et le charme accé-lère son accroissement, et sa végétation est encoreplus rapide lorsqu'il est mêlé avec les bois blancs.On n’était point assez convaincu de cette vérité au-trefois; on plantait le chêne par-tout et sans aucunmélange d’autres arbres, quoique la nature fît voirdans toutes les forêts , que les différentes espèces debois à feuilles étaient destinées à cro tre ensemble :de là tant de plantations infructueuses, tant de chê-naies malvenantes. Cependant il faut assortir les es-pèces cpii se conviennent, sous le rapport de l’aména-gement et de l’exploitation , et sous le rapport de lavégétation. On ne doit point planter les arbres àfeuilles caduques avec les arbres verts, parce qu’ilsne s’exploitent pas de la même manière , et on doitégalement éviter 4e placer dans le même terrain desarbres qui tous puiseraient leur nourriture a la memeprofondeur. Buffon dit que le chêne craint le voisi-nage des pins, des sapins, des hêtres et de tous les
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