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Tome premier.
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forts, où la plantation à la pioclie et à la houe n’au-rait pas de succès, et où il faut des labours prépara-toires. Nous en avons la preuve dans une grandequantité d’essais infructueux, qui ont été faits de laméthode de Buffon.

Cet auteur se déclare, en général, l’ennemi descultures soignées dans les plantations forestières,qu’il regarde comme faisant plus de mal que de bien,et comme étant hors de toute proportion avec lesproduits qu’on peut espérer. Il ne veut même pasqu'on donne des binages aux jeunes plants deux foisl’année, comme cela se pratique, et il propose, commemoyen de suppléer aux labours et à presque toutesles cultures, de recéper les jeunes plants près deterre. Nous rapporterons ses observations à cetégard, en parlant du recépage.

« Si l’on veut, dit-il, réussir à faire croître dubois dans un terrain, il faut imiter la nature ; il fauty planter et y semer des épines et des buissons, quipuissent rompre la force du vent, diminuer celle dela gelée, et s’opposer à l’intempérie des saisons; cesbuissons sont des abris qui garantissent les jeunesplants, et les protègent contre l’ardeur du soleil et larigueur des frimas. Un terrain couvert, ou plutôt àdemi couvert de genièvres, de bruyères, est un boisà moitié fait, et qui a peut-être dix ans d’avance surun terrain net et cultivé. »

Nous avons déjà eu occasion de faire quelques ob-servations sur ce précepte. Sans doute, il est très-important de procurer de l’ombre et des abris auxjeunes semis, et notamment à ceux de chêne (1);mais pour cet effet, il est bien plus avantageux d’ysemer des céréales, ou d’y mêler une plantation debouleau et d’autres bois blancs, que de jeter dansle terrain des épines ou des genévriers, dont les ra-cines voraces absorbent la substance du sol. Quantaux terrains qui se trouvent déjà garnis de mau-vaises plantes, on peut y élever du bois, en y ré-pandant des semences, après avoir fait arracher à lamain une partie de ces plantes, ou en faisant les cul-tures que nous avons indiquées.

Quelle que soit la méthode de semis qu’on em-ploie, on ne doit pas oublier que le mélange des boisblancs est de la plus grande importance pour abri-ter les plants, et les forcer de croître en hauteur.Quelques auteurs conseillent de semer avec le glanddu bouleau, des noisettes, de l’ajonc, du genévrier,du genêt, des épines, etc.; mais nous répétons en-core que le bouleau planté remplit beaucoup mieuxl’objet, et qu’il est d’ailleurs infiniment plus utileque toutes ces espèces de bois.

La croissance rapide des semis mêlés de plants debois blancs peut être attribuée à deux causes : àl’état serré dans lequel les plants tiennent le semis,et à la fraîcheur qu’ils lui procurent. En effet, on

(i) Les auteurs allemands regardent les semis de chêneque l’on fait en plaine et sans abri, comme étant d’une réus-site presque impossible , parce que les froids leur nuisentbeaucoup à l’époque du développement des feuilles , etqu’ils ont également besoin d’être protégés contre l’ardeurdu soleil. M. Becker considère la chute verticale du glandcomme une indication donnée par la nature , que les jeunesplants ont besoin de l’abri de la mère-plante, ou au moinsd’un abri artificiel.

remarque que les arbres serrés s’élèvent davantageque les autres, parce qu’ils cherchent constammentl’air, et qu’ils ne le trouvent pour ainsi dire que versleur cime ; et quant à la fraîcheur, elle est toujoursplus grande dans une planlation serrée, et l’air yest par conséquent plus chargé de principes propresà la végétation : c’est encore par ce motif qu’il fautsemer plutôt un peu trop dru que trop clair, sur-tout dans les terrains légers. L’état serré qui en ré-sulte est très-utile dans les premières années, et ilvaut mieux, d’ailleurs, être obligé d’éclaircir le se-mis que de le regarnir. Cependant il faut garder unecertaine mesure, car l’excès des semences produitaussi un mauvais effet; il occasionne une dépenseinutile, et les jeunes plants, trop pressés, ne peu-vent étendre leurs racines ni prendre du corps, et ilss’étouffent les uns les autres.

Une attention assez importante qu’on doit recom-mander dans toutes les sortes de semis, c’est de nepoint laisser de glands sans être enterrés, parce quecela engage les sangliers à fouiller la terre.

De l’entretien des semis. — On doit éviter de re-muer la terre avant que les jeunes plants se soientaffermis par des racines assez fortes : c’est pourquoion ne donne aucune culture la première année; onse contente d’arraclier les grandes herbes à la main,si toutefois elles nuisent au semis; car dans les ter-rains secs, elles peuvent être fort utiles, ainsi quenous l’avons rappelé plus haut. Quant à la secondeannée, on fait un petit binage au printemps pourdétruire les herbes , et donner lieu au soleil d’é-chauffer la terre. La troisième année, on donne unbon binage au mois de mars; et si on veut hâterla croissance du plant, on en donne un second aumois de septembre. Il est bon de répandre des se-mences à chaque binage de la troisième année, sur-tout s’il se trouve quelques parties un peu dégar-nies; mais comme ii est rare qu’on ait des glands asa disposition aux époques de ces binages, on pourrafaire un petit labour après la récolte des glands dansles endroits vides , pour les regarnir.

Des plantations de chêne en massif. — On peutappliquer en grande partie aux plantations en massitce qu’on a dit plus haut sur la nature et le choixdu terrain pour les semis, sur la saison à laquelleil convient de semer, sur la manière de préparer lesplants pour les plantations en pépinière , sur l’obli-gation de semer dru dans des sols médiocres, et surl’entretien des semis.

Les meilleurs plants de chêne, ainsi que de biend’autres espèces d’arbres, tels que l’orme , le lietre,le frêne, le châtaignier, sont ceux qu’on a élevésen pépinière, et qui ont deux ou trois ans; maisquand on est obligé de les tirer des forets, il fautprendre de préférence ceux qui se trouvent dans lesendroits aérés.

Il y a plusieurs manières de préparer les terrains :

i°. On les défonce à la bêche ou à la pioche, à4 ou 5 décimètres (environ 18 pouces) de profon-deur : c’est la manière la plus dispendieuse, mais laplus sûre.

2 0 . On les cultive à la houe; savoir, a plat si lesol est sain et léger ou en pente, et en planches plus