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si on plante dans des endroits exposés à toute l’ar-deur du soleil.
Pendant les trois ou quatre premières années ondonne deux ou trois labours au pied des arbres , eton dirige leur tige en élaguant les branches commenous l’avons dit pour les plantations en pépinière ,c’est-à-dire , en les coupant en crochet, et en lesrabattant petit à petit en commençant par la partieinférieure de la tige. On doit éviter, dans les endroitsexposés aux coups de vents , et pour les arbres faci-les à éclater , de laisser subsister les fourches quisont formées par la réunion de deux maîtresses bran-ches; il faut en sacrifier une.
Quand il s’agit de planter des routes ou de fomterdes avenues, on peut donner une durée infinie à laplantation en plantant alternativement des arbresdont la vie se prolonge beaucoup et d’autres dont lavie est plus courte, et on augmente l’agrément etles avantages de ces plantations , en mêlant des es-pèces dont la tige forme la pyramide à celles dont latète est plus ample, comme des peupliers d’Italieavec des ormes. 11 résulte de ce genre de plantation,qu’on n’est jamais obligé d’abattre tous les arbresà-la-fois , et qu’on ne remplace jamais une espècepar la même espèce ; ce qui est, comme on le sait,d’un très-grand avantage pour la réussite. Les peu-pliers, étant mûrs à trente ou quarante ans, serontremplacés par des ormes, et ceux-ci le seront à leurtour par des peupliers ou d’autres arbres d’unecourte durée. V. Avenues perpétuelles.
De l’exploitation du chêne. — Le chêne s’ex-ploite de toutes les manières : en futaie , en taillis eten têtards. Nous ne répéterons point ici ce que nousavons dit sur l’exploitation de cet arbre en futaie.(V. Aménagement.) Nous traiterons aussi, dans un ar-ticle particulier, de l’exploitation des bois en géné-ral. (V. Exploitation.') Mais nous rappellerons quele meilleur moyen d’accélérer l’accroissement desbois et d’augmenter leurs produits,est de les éclair-cir à certaines époques de la vie végétale , pourvuque ces éclaircies soient faites avec soin, intelligenceet fidélité de la part des préposés forestiers et desbûcherons. Nous examinerons à l’article Exploita-tion les âges auxquels il peut être avantageux defaire les exploitations dans les différentes espècesde terrains, les signes qui annoncent la maturité desbois, la saison de les couper, et la meilleure méthodede le faire pour en favoriser la reproduction. Ceque nous disons sur ces dilférens objets , pouvants’appliquer au chêne , nous nous contenterons derapporter ici quelques observations particulièrespour cette essence.
Ce ne sont ni l’âge ni la grosseur qui doivent déter-miner à abattre un chêne ; les signes qu’il faut con-sulter à cet égard, sont : i°. ceux qui annoncent quel’accroissement de l’arbre ne fait plus que de faiblesprogrès, et que cet arbre ne pourrait être conservéavec avantage pendant une nouvelle révolution decoupe ; 2°. ceux qui dénotent qu’il est sur le retour;3 °. ceux qui témoignent l’existence de quelques ma-ladies , accidens ou défauts, comme les gouttières,les chancres, les ulcères, lagelivure, la rupture prèsdu tronc de quelques grosses branches , les éclats ,les fentes , les trous des piverts , les profondes ger-
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cures de l’écorce, et la carie interne, que l’on recon-naît en frappant sur le tronc ; car la plupart de cesmaladies sont incurables , et comme elles augmen-tent les défauts de l’arbre en vieillissant, elles doi-vent déterminer à couper, lors de l’exploitation dutaillis , tous les arbres qui en sont atteints.
L’ordonnance de 1669 , litre XXV, article 4 2 ,prescrit de couper les futaies le plus bas que faire sepeut, et les taillis à la cognée , à Heur de terre, sansles écuisser ou éclater. Avant d’abattre un arbre, ilest à propos d’examiner de quel côté il penche , etoù est le plus grand poids de ses branches, afin d’em-pêcher qu’il 11e rompe en tombant du côté où leporte son propre poids , et qu’il n’entraîne la pertede certaines branches qui, par leur contour, peuventfournir des pièces très-utiles, telles que des courbeset des fourçats pour la marine. Pour y parvenir , onfait une forte retenue au pied de l’arbre, et l’on di-rige les entailhs pour faire tourner l’arbre sur lui-même. Quand un arbre est fourchu , il faut le fairetomber sur le plat de deux branches, pour éviterqu’il ne se sépare en deux.
Pour bien abattre un chêne, le bûcheron doitfaire son entaille du côté qu’il veut le faire tomber.11 faut qu’elle pénètre plus avant que le cœur, pouréviter qu’il ne sorte du milieu de l’arbre un mor-ceau de bois, quelquefois de 3 , 4 ou 5 pieds de lon-gueur, appelé lardoir; ensuite , il fait la contre-en-taille, qui pénètre jusqu’à la première; après quoi,il abat l’arbre lorsqu’il a coupé les grosses racinesextérieures qui le retiennent. En suivant cette ma-nière , il est sûr de la direction. Il y a une autre façonde procurer à l’arbre environ 2 pieds de plus delongueur, c’est de pivoter; ce qui consiste à ôter laterre autour de l’arbre, et à couper les grosses ra-cines internes, afin que l’arbre tombe avec son pivot,ce qui s’appelle couper en cul noir. Cette méthodes’écarte de la loi ; mais elle peut être tolérée en cer-tains cas pour de belles pièces de marine, attenduque les souches qui ont cent cinquante ans et plus,repoussent rarement des rejets , ou ne produisentque du bois rabougri.
Quoique le chêne repousse bien après avoir étéabattu, et beaucoup mieux que le hêtre, il fautnéanmoins qu’il soit coupé avec soin et très-près deterre. Au moyen de cette attention, et lorsque le ter-rain est favorable, il 11’vapoint d’espèce de bois quise soutienne plus long-temps en taillis; il dure plu-sieurs siècles sans qu’on ait à craindre le dépérisse-ment des souches, et il donne, à chaque exploitation,un recru abondant, qui croît avec vigueur. Dans cetétat, il fournit des pièces propres à plusieurs usages ,un excellent bois pour le chauffage et pour la fabri-cation du charbon, la meilleure écorce qu’on puisseemployer pour les tanneries; enfin il offre encorela ressource de la glandée quelques années avantl’exploitation.
M. de Perthuis a remarqué que les souches dechêne coupées à trente ans , repoussaient presquetoutes; qu’à cinquante, on envoyait périr la moitié,et qu’à cent cinquante, elles ne repoussaient plus.Cette observation n’est pas généralement exacte, etelle exige d’ailleurs une distinction. La durée duchêne, comme celle des autres arbres, dépend de