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au lieu que Du hamel a trouvé des bois de Provence qui pesaient, éitant secs, 72 livres le pied cube. Ladifférence spécifique de ces deux bois est donc entrele tiers et la moitié.
La plus grande dureté des bois dans les climatschauds paraît, suivant le même auteur, être l’effetd’une plus grande transpiration , qui enlève toutesles parties qui n’ont pas acquis dans le corps de l’ar-bre un haut degré de fixité, tandis que, dans les cli-mats froids, les arbres conservent des matières moinsfixes et moins solides. Cette explication de Duhamelse trouve confirmée par la différence de dureté quel’on remarque entre les bois crus sur un terrainsec ou exposé au midi, et ceux que l’on tire desbas-fonds et des terrains exposés au nord, où latranspiration est bien moins active.
De ces observations il résulte que l’on doit em-ployer, dans la construction des vaisseaux, les chênesdes pays chauds et ceux des terrains secs et exposésau midi, de préférence à ceux des climats froids etdes terrains où le soleil n’exerce pas son action avecle degré d’intensité capable de durcir la fibre du bois.
Exposition des terrains.
IMous venons de voir les effets des climats sur lavégétation et sur la qualité des bois. Il est égalementconstant que les diverses expositions, par rapportaux aspects du soleil, exercent une influence ana-logue ; elles modifient les propriétés du sol , ses fa-cultés productives , et accélèrent ou diminuentl’accroissement des arbres.
Il y a deux expositions principales : Vexpositionau midi, qui comprend tout le demi-cercle à partir del’est jusqu’à l’ouest, y compris le sud ; et Vexposi-tion au nord , qui comprend le demi-cercle opposé,à partir des mêmes points.
On sait que s'ïïr les montagnes la première expo-sition présente un sol moins fertile et plus sec quela seconde ; on sait aussi que dans l’exposition aumidi, les plantes verdissent et fleurissent plus tôtque dans l’exposition au nord , et que par conséquentles gelées tardives du printemps y sont bien plusdangereuses; mais ces expositions se trouvent, ainsique les climats, modifiées à leur tour par les abrisnaturels, les montagnes , le voisinage des rivières,des ruisseaux, des sources et des marais; parlesvents dominans, et par l’état habituel de l’atmo-sphère dans chaque localité. En effet, les jeunesplantes , les nouvelles pousses et les fleurs souffrentbien plus de la gelée dans le voisinage des rivières ,des étangs et des marais , que par-tout ailleurs,quelle que soit l’exposition.
Duhamel suppose , pour rendre plus sensibles lesdiftérens effets des expositions , une très - grossemontagne de forme pyramidale, et que chaque facede cette montagne regarde exactement un des pointscardinaux : la première, le midi; la seconde, lenord ; la troisième , le levant ; et la quatrième, lecouchant. Après avoir supposé ces quatre exposi-tions bien décidées, il examine leurs avantages etleurs iuconvéniens. Aous allons suivre cet auteur,ainsi que MM.. Burgsdorf, Ilartig et autres , dansles explication s qu’ils nous donnent sur cet impor-tant objet.
De Vexposition à l’est. — C’est celle qui reçoitle soleil dès le matin: la transpiration s’établit dansles plantes au moment où leurs vaisseaux sont rem-plis de sève, ce qui est très-favorable à la végéta-tion , et ces plantes ne courent point le risque d’êtredesséchées , parce que le soleil abandonne cette ex-position avant qu’il ait acquis toute sa force ; maiscomme il tombe peu d’eau par le vent d’est, le ter-rain y sera plus sec qu’aux autres expositions, sur-tout s’il se trouve sur le revers d’une haute monta-gne, eteette circonstance pourra préserver les plantesdes gelées du printemps. Cependant les arbres decette exposition étant les premiers frappés par lesoleil, souffrent beaucoup des gelées du printemps;car on sait que , dans cette saison, des gelées mé-diocres perdent tout quand la glace est fondue parle soleil; tandis que des gelées même assez fortesn’endommagent point les végétaux lorsque la glaceest réduite en eau avant que le soleil frappe les plan-tes. C’est pour cette raison qu’on trouve dans lesforêts les jeunes pousses de chêne entièrement ge-lées du côté du levant, pendant qu’elles conserventleur verdure aux autres expositions.
Il faut donc éviter de planter à cette exposition desarbres délicats , et sur-tout ceux qui poussent debonne heure au printemps. On peut y planter lehêtre , le bouleau , le charme, les pins et sapins.
De l’exposition au midi. — Les avantages de cetteexposition sont d’être puissamment échauffée par lesoleil, et souvent humectée par les pluies que pro-duisent fréquemment les orages qui se forment dansle sud : c’est pour cette raison que lorsque la terred’un coteau est forte, et qu’il survient de temps entemps et à propos des pluies chaudes, les plantes ypoussent avec une vigueur extraordinaire. De plus,comme le soleil ne commence à frapper un lieu ex-posé au midi que vers les dix heures , souvent lespetites gelées du printemps sont à cette heure réso-lues en eau, ce qui fait que les plantes n’en sontpoint endommagées ; enfin celte exposition est en-tièrement à couvert du vent du nord ; et cette cir-constance , jointe à la chaleur qui pénètre la terre,fait qu’il y gèle moins fort en hiver qu’à aucune au-tre exposition : c’est pourquoi il faut.y placer lesarbres qui demandent une température élevée , etceux des pays chauds qu’on veut acclimater.
Les inconvéniens de l’exposition du midi sont quele soleil la frappant long - temps et dans les heuresoù il a sa plus grande force, la transpiration, soitde la terre, soit des plantes, est alors si grande, que,dans les terres légères, les arbres soutirent beau-coup , sur-tout lorsque les années sont sèches : lesfruits succulens deviennent pâteux; ceux dont lachair est délicate sont brûlés d’un côté; la sève passefort vite; les feuilles jaunissent et tombent de bonneheure; les pousses sont peu vigoureuses; l’écorce desjeunes arbres se dessèche quelquefois du côté dusoleil, et la chaleur de cet astre étant quelquefoisassez forte en hiver pour faire fondre la glace quisubsiste aux autres expositions, si alors l’humiditéqui n’a pu être dissipée par le soleil, vient à se con-geler dans la nuit suivante , il se forme un verglas ,qui cause à la partie de l’écorce frappée du soleil undommage considérable. O11 trouve souvent, dans