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Tome premier.
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8.o DUlSf

ni assez petit pour être enlevé comme de la pous-1sière; ils ne font que rouler sur la surface dont ils Jsont arrachés , s’élèvent rarement à plus de trois à |quatre pouces de hauteur , vont souvent avec une 'très-grande vitesse , et retombent par leur proprepoids , lorsqu’ils sont à l’abri du vent; ce qui arrivetoujours quand ilsont surpassé le sommet de la mon-tagne. Ainsi, chacun de ces mêmes grains occupealternativement le centre de la dune, et ils passenttous successivementdela base au sommet et du som-met à la base.

» Il arrive cependant assez souvent, et sur-toutaprès les temps de sécheresse, que cette espèce d’or-dre dans le mouvement de ces sables est dérangéepar les vents d’ouragan et de tempête, qui en enlè-vent et transportent au loin des masses considérablesà-la-fois ; et c’est à ces sortes d’accidens que l’ondoit la formation de ces monticules isolés, qui s’é-tendent toujours en avant, et vont désoler les payset couvrir les campagnes.

» A mesure qu’une dune avance, elle perd danssa marche toujours quelque chose de son volume ,dont elle laisse nécessairement des parties dans lescavités et les inégalités du sol qu’elle parcourt ; etelle deviendrait insensiblement à rien, si elle n’étaitpas entretenue et fortifiée par de nouvelles matières,produites par la même cause , ou produites par lamême source.

33 La vitesse de la marche des dunes doit être enraison inverse de leur volume, c’est-à-dire que lors-qu’il est peu considérable , elles doivent avancerplus vite, et réciproquement.

33 Les dunesducentre sont ordinairement les plusélevées: ce sont de véritables chaînes de montagnes,toujours susceptibles d’être accrues par les autresmontagnes moins fortes qui les suivent.

33 II est généralement reconnu et démontré, mêmepar les progrès des dunes dans les terres, que lesvents, dans la partie de l’ouest, soufflent ou pluslong-temps, ou avec plus de force sur nos côtes, queceux qui viennentde la partie de l’est ; car si, à cetégard, leur activité était égale, ces sables nécessaire-ment n’occuperaient qu’un espace circonscrit, etseraient alternativement poussés et repoussés, soitdu côté des terres , soit du côté de la mer. On peutdonc mettre en principe que les vents d’ouest régnentsur nos côtes. »

M. Brémontier fait remarquer ensuite que lapente d’une dune exposée aux vents régnans esttoujours uloins rapide que celle du côté opposé ; quece dernier talus est ordinairement de 5 o à 6o degrés,tandis que le premier est de îo à 25 ; que tous cessables, sortis de la mer, continueront de s’en échap-per, tant que les vents seront les mêmes ; que si cettecause ne cessait point, les dunes acquerraient, parla suite, une hauteur aussi considérable cpie celle denos plus hautes montagnes, et que le riche territoiredes environs de Bordeaux serait couvert un jour de3 à 400 pieds de sable. 11 observe que l’avancementvers i’est de la masse générale de ces sables estd’environ 10 toises par an; que déjà ils ont envahides bois d’une étendue considérable et plusieurscommunes, obstrué des rivières et des canaux , dontles eaux r -Huent dans les terres , inondent et déso-

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lent les campagnes, et donnent lieu, lorsqu’on nepeut leur ouvrir un nouveau passage, à des lacs età des marais immenses.

cc Les dunes, continue l’auteur, restent quelque-fois toute une année sans faire de progrès, ou dumoins des progrès bien sensibles ; mais un fort coupde vent d’ouest répare très-promptement le tempsqu’elles semblaient avoir perdu pendant cet inter-valle. J’ai vu une montagne avancer de plus de deuxpieds pendant l’espace de trois heures, malgré unepluie assez forte, qui devait naturellement en retar-der la inarche. C’est dans ces momens de tempêteque les dunes sont véritablement.intéressantes èt di-gnes de toute l’attention de l’observateur. Des brouil-lards de sable couvrent absolument leur surface : lespremières couches ( celles qui reçoivent immédia-tement les impressions de l’air) sont d’abord enle-vées; les autres , au contraire, en repos depuis plu-sieurs années, déjà dans une espèce de concrétion( car la nature travaille sans cesse à se réparer), ontacquis une certaine dureté , et opposent une assezforte résistance pour se défendre pendant quelquetemps ; et comme chacune des parties qui les com-posent ne résiste pas également, comme encore l’ac-tion qui tend à leur désunion est elle-même inéga-le, toute la nouvellè surface de ces sables se trouveremplie d’un nombre infini de trous, et hérisséed’une quantité non moins considérable de buttes ,toutes de différentes formes.

33 D’autres accidens ajoutent encore à cette espècede désordre : des morceaux de bois pourris , desfeuilles de goémon, un brin d’herbe enfin , y pro-duisent des effets aussi singuliers que bizarres, qu’ilserait presque impossible de se figurer , si on ne lesavait exactement suivis, et qu’on 11’eôt pas bienétudié les causes qui les ont produits.

» Une grande partie de ces buttes ont à leur som-met un corps ou plus tenace , ou plus pesant, qui,s’il ne l’empêche pas tout-à-fait, retarde au moinsde quelques momens leur destruction.

33 Toutes ces couches ont des couleurs particuliè-res, d’une teinte plus ou moins foncée, qu’elles pa-raissent tenir des diverses substances répandues dansl’atmosphère dont elles s’emparent. Elles n’ont gé-néralement que quelques lignes d’épaisseur , sont-très-marquées, et aussi faciles à distinguer que cellesde nos anciennes terres. Le fer paraît y dominer.

De légers brouillards, les moindres pluies , lesseules impressions del’air faiblement agité, suffisentpour détruire en très-peu de temps les irrégularités,ouvrage des ouragans.

33 Le gluten qui avait commencé à lier ces sables,se décompose ; et tous ces édifices tombent, pourainsi dire, en efflorescence.

33 Les fortes pluies occasionnent encore, dans lesdunes, des changement assez sensibles, et mettent,dans leurs couches, une confusion d’un autre genre.Il se forme dans les forts talus ( ceux à terre cou-lante ) une grande quantité de ravins, presque aus-sitôt remplis que creusés, et l’on en voit descendredes plaques de plusieurs pieds de largeur, et quel-quefois de plusieurs toises de hauteur.

33 Ideffet ordinaire de ces pluies est d’arrondir