24 MENUISIER, I. Pan. Chap. IL
jmenter que les bois cartelés, & qu on a refendus fur la maille.
Le bois de Fontainebleau tient le milieu entre le bois François Sc le bois deVosges ; il est moins dur que le premier Sc moins tendre que le second, cequi le rend très-propre pour l’aflemblage, ainsi que pour les moulures j il íè tra-vaille aifément, Sc reçoit mieux le poli que le bois de Vosges, qui étant tropgras, a les ports très-ouverts, Sc est toujours rude, quelque précaution quel’on prenne en le travaillant.
Le défaut du bois de Fontainebleau est d’être sujet à une espece de ver,qui y fait des trous de la grosseur du doigt íùr cinq à six pouces de long , Scmême plus, lesquels ne s’apperçoivent quelquefois que quand l’ouvrage estpresque fait ; il est aussi sujet à être fendu par le milieu, ce qui fait qu’il n’estpropre que pour les bâtis , Sc presque jamais pour les panneaux. Sa couleur esttrès-belle , Sc un peu plus foncée que celle du bois de Voíges ; son grainplus serré , Sc ses pores moins ouverts : on le rendroit propre pour les pan-neaux, si on le refendoit íùr la maille.
On fait encore uíàge de bois de chêne du Nord, dit de Hollande , parce quSc est dans ce pays qu’il est fabriqué ou débité en planches. Autrefois on appor-toit ce bois en France de toutes fortes d’épaiíîeurs, ainsi que les autres bois 5mais présentement il n’en vient preíque plus que de six Sc de neuf lignes d’é-paisseur , ce qui fait qu on ne s’en sert que pour faire des panneaux, à quoiil est très-bon , parce qu’il est refendu fur la maille ; c’est pour cette raisonque les planches de ce bois ont toujours une rive dure Sc une tendre ; ces rivesne font preíque jamais droites, parce que son fend les arbres par quartiersavant de ies refendre , ce qui fait qu il y a beaucoup de déchet dans remploide ce bois, sur-tout quand il est néceíîàire que les planches soient d’une cer-taine longueur ; de plus, la rive dure étant très-rude Sc presque toujours priseau cœur du bois , on est obligé d’en hacher un pouce ou deux, ce qui jointà la courbure des planches, diminue considérablement de leur largeur. Au restelorsque ce bois n’est pas trop dur, il est très-propre à faire des panneaux ; Sc cequ’il a d avantageux fur le bois de Voíges, c’est qu étant presque aussi tendre,íl est moins sujet à se travailler , son grain étant plus ferré Sc moins poreux :ce bois est presque toujours refendu fur la maille, ce qui le rend moins sus-ceptible aux impressions de l’air ; fa couleur est d’un jaune de paille ,tirant quelquefois fur le brun : il est refendu au moulin, ainsi que Je boisde Voíges, Sc n’est point flotté.
Il y a encore une autre eípece de bois qu’on emploie pour les panneaux,on le nomme Mérin , ou Crefon ou Courfin , en terme d’ouvrier ; il n est pasrefendu à la scie , mais au contre, ainsi que la latte Sc le bois des seaux. An-ciennement Íl ëtoit fort en usage, mais depuis que l’on donne une certainegrandeur aux panneaux, on fa totalement abandonné, les plus longues pièces dece bois n ayant que quatre pieds à quatre pieds Sc demi de longueur : on
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