MENUISIER, I. Pan. Chap. F.
Sc l’on doit avoir soin qu’ilfoit bien placé dans son fût, afin qu il ne íoit pas
P;l a n c h e sujet à fuir*. On doit avoir soin de bien arrondir toutes les arrêtes des bouvets ,ainíi que de tous les autres outils, asm de les rendre plus ailes à manier. Pource qui est du bois propre à faire les bouvets de deux pieces , il doit être fermeSc sec; c’est pourquoi le cormier est préférable à tout autre.
Les bouvets de deux pieces à vis, ne diffèrent de ceux dont je viens deparler , qu en ce que leurs tiges ne font pas arrêtées à demeure dansla piece de devant, mais seulement avec des vis, lesquelles les ferrent Scarrêtent par le moyen d’un écrou qui est placé dans le milieu de f épaisseurde la tige. Le haut de ces vis est garni d’un collet d’environ neuf lignes dediamètre, lequel porte fur une plaque ou rondelle de fer, qui empêche qu’enserrant la vis, ce collet neutre dans le bois : leur tête est percée à jour enforme de piton, afín de pouvoir les serrer plus commodément ; il faut que lestiges entrent de deux à trois lignes dans la piece de devant, en observantde faire un arrazement au pourtour, afin quelles portent bien quarrément.
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Ces fortes de bouvets font très-utiles, parce que non-seulement on peut yplacer des joues de différentes grosseurs de languettes, mais encore des gorgesde toute eípece , Sc autres outils propres à fouiller & ravaler le bois ; de plusils épargnent de faire un grand nombre d’outils , leíquels font souvent par lagrosseur de leurs fûts , rudes Sc difficiles à mener ; c’est pourquoi toutes lescoupes d’outils à joue qui font fur cette planche, font disposées de cette maniéré.
Il est des bouvets de deux pieces auxquels on ne met point de clefs, maisfeulement deux vis , lesquelles font arrêtées par des écrous dans le deíîùsdu bouvet , Sc en les ferrant font pression fur les tiges , en observant de mettreentr’elles Sc ces dernieres, un petit morceau de fer mince, lequel est arrêtédans la mortaise, Sc empêche le bout de la vis d’entrer dans le bois. (JFig* 3 9)*
Il est encore une autre maniéré de ferrer les tiges des bouvets , qui est defaire la principale piece de deux morceaux joints ensemble à rainures Sc lan-guettes , Sc de placer les tiges diagonalement au milieu de ce joint, que l’on afoin de faire un peu creux fur fa longueur, Sc de le faire porter égalementdes deux côtés ; ensuite de quoi on le ferre avec une forte vis qui est placéeau milieu de fa longueur, Sc laquelle passe au milieu de íòn épaisseur , Sc estarrêtée dans la partie du bas avec un écrou. (JFig. 47 & 48).
On fait aussi des bouvets de deux pieces, cintrés tant fur le plan que furfélévation, qui ne diffèrent en rien des premiers qu’en ce que le conduit oubien le desious de la joue de devant est cintré. Il est encore une autre eípecede bouvet que l’on nomme bouvet a noix , lequel ne différé des autres dontj’ai parlé ci-dessus , que parce que la languette de la piece du devant est arron-die. Ce bouvet sert à faire des noix ou rainures creuses pour les croisées & au~
* En terme d’ouvriers, on dit qu’un outil a fui lorsqu’il se dérange de sa place, & aisil ne se poussepas bien parallèlement.