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Première partie.
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Trahi de la ConílruEion des Théâtres , SCc. I. Part.

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enlever les pierres pour bâtir ailleurs ; ensuitele Pape Paul II, & les Cardinaux Raphaël,Mario & Farnèfe , en détruisirent d’autresparties pour se faire des Palais. Quoi qu’il ensoit, malgré ces enlèvements & le ravage detous ces Barbares, les restes de ce monumentqui existent encore, étonnent par leur gran-deur, & semblent n’avoir résisté au laps de tantde siécles, que pour faire passer à la postéritéla magnificence des anciens Romains & lahonte de ceux , qui,, comme à l’envi, détrui-sirent leurs ouvrages.

En i £40 , du temps de Fulvius, on jouoitf dans cet Amphithéâtre les Mystères de laPassion ; on y construisit ensuite une petitechapelle ; & en 17 3 o le Pape Benoît XIVy en fit construire d’autres, & défendit qu’ondégradât davantage cet édifice.

Les Théâtres Romains dont je donnerai

plus bas la description détaillée , étoient ,

comme on l’a pu voir, d’une vaste étendue, &

construits avec la plus grande solidité : lors-

qu’on en faisoit, usage on les décoroit avec

beaucoup de splendeur, sur-tout sous le régné

des Empereurs , où cette magnificence fut

portée jufqu’à i’excès.Ce n’étoientpar-toutque

riches tapis, que tableaux, vases & figures

^aamornb rc £c priv . dépouilles de la(jI 6 CC ÔC dfi 1 Aile 5 iualo tic dftirpn n c

Za proie des Barbares qui détruisirent l’EmpireRomain, du moins en Occident ( 1 ).

Section

A P exemple de la Capitale , toutes lesvilles de l’Empire, du moins celles qui étoientun peu considérables , eurent des Théâtres ;mais soit quais fussent peu solidement cons-truits , ou qu’on les ait abattus dans la fuite,il n'en reste presque plus de vestiges. Lesruines qu’on trouve en France & ailleurs,n’étant pour la plupart que des restes d’Am-phithéâtres , dont j’ai parlé ci-dessus , & dontles jeux devinrent par la fuite le plaisir favorides Romains. Cependant les Jeux Scèniquesfurent long-temps en usage ; car du temps deDioclétien , vers l’an 300 de J. C. on jouoitencore des Comédies de Fiante.

Lorsque dans le quatrième siecle la Reli-gion Chrétienne fut devenue celle du Prince ,les Théâtres devinrent moins fréquentés ,parce qu’ils furent défendus aux Chrétiens;ce qui engagea S. Grégoire de Nazianze àfaire construire un Théâtre où l’on représentades sujets de dévotion (2). Cependant legoût des Comédies anciennes se conservaencore quelque temps dans les Gaules ; car lePoëte Ausone, qui mourut l’an 35)4 , faitmention d’une Comédie d’Axius Paulus, in-titulée : Délírus ou £ Extravagant , qui futjouée dans fa maison, où étoit le Théâtre le

plus ordinaire des pièces de ce Poëte, amicTAufane _ Rr t--'-- composé plusieurs

Tragédies & Comédies qui furent jouées fut;le même Théâtre,

Troisième.

Des Théâtres François .

Les Gaules assujetties a l’Empire desB.omains depuis près de cinq siécles , avoient. pris une partie des mœurs & des usages deleurs vainqueurs. Les Arts & les Sciencesílorissoient dans cette belle partie de l’Eu-rope , lorsque le commencement du cinquiè-me siecle vit arriver la fameuse révolu-tion, qui changea la face de l’Europe , &'détruisit l’Empire Romain en Occident.

Les Peuples du Nord , connus fous lehom de Huns , de Goths & de Francs ,s’étant rendus les maîtres de cette partie de1 Empire , tous les Arts furent anéantis, ouprirent l a fuite devant ces farouches vain-queurs ; Rome fut prise & pillée, ses édifi-ces publics détruits, & s es Citoyens faits efcla-

(l) Ce fut le Consill L. Mummîus , qui, après la prlíê de^ 0 r«ithe , fit apporter à Rome quantité d’efïèts précieux com-me tableaux , des vases, &c. dont il orna les édifices publicsde la vfiu, & entr’autres les Théâtres : environ Y an de Rome éoé,& la troifíen\ e année de la cent-cinquante-huitieme Olympiade.

( i ) Saint Apollinaire en fit autant, comme nous 1 apprend.

ves ou dispersés. On vit alors se former denouveaux Royaumes fous le nom de Goths ,de Bourguignons , & de Francs : ces derniersfirent leur irruption vers l’an 420 , & lesGaules qu’ils conquirent prirent le nom deFrance, du moins en partie.

Cette nouvelle domination fut l’époquede la chute des Arts. Les Francs qui n’enconnoissoient d’autres que celui de la guerre ,les chassèrent, ou du moins les négligèrent :alors tout fut plongé dans l’ignorance &la rusticité, & les Francs ne conservèrentdes Spectacles Romains, que ceux qui étoientanalogues à la férocité de leur caractère ;c’est-à-dire , les jeux de F Amphithéâtre ,comme les combats d’animaux ou de gla-

Sozomene dans son Histoire Eclésiastiq ue , Ies ^ u ^ tS de ces P»écesétant des faits tirés de Fancien &du n° uveau * dament ; ce qu*prouve que les Mystères qui ne furent connus en France qu’ancommencement du quatorzième ^ e , c ^ e * Noient d’une inventionbeaucoup plus ancienne que celle qu’on leur dojjne ordinairement