C h a p. î. Sect. íîl Des Théâtres François * i 1
BîateurS ; âuxquels ils prenoient beaucoupde plaisir, & où ils se mêloient quelquefoiseux - mêmes.
L/usage de ce s sortes de divertissementsse conserva long-temps en France ; caren 577 , Chilperic I fit bâtir une especed’Amphìthéatre à Paris , dans l’endroit quiest présentement occupé par la maison & larue des Peres de la Doctrine, qui auparavantse nommoit le Clos des Arènes.
Pépin le Bref faisoit combattre des lionscontre des. taureaux ; & Philippe de Valoisacheta une grange , rue Froidmanteau, poury mettre des lions, des ours , & des tau-reaux.
.11 y avoit à l’Hôtel de Saint-Paul desbâtiments où étoient renfermés les lions duRoi. Ce ne fut que fous Henri III, Paniy 83 , que cet usage fut totalement aboli àîa Cour. Ce Prince ayant fait tuer à coupsd’arquebuse les lions, les ours, &les taureauxqu’il gardoit au Louvre pour les faire com-battre contre des dogues.
On a conservé jusqu à présent une legereimage de ce singulier & brutal spectacle,puisquil y a à Paris un lieu au-dessus dePHôpital Saint-Louis, près du vieux cheminde Pantin , où l’on fait combattre des bêtesJes unes contre les autres.
Les Peuples des Gaules, partagèrent peu-à-peu les goûts & les plaisirs de leurs nou-veaux vainqueurs ; alors les Théâtres dis-parurent ( à quoi servit beaucoup un espritde religion peu éclairé & mal entendu )& furent ignorés de la Nation pendant plusBe sept siécles, après lesquels on les vitreparoître ; mais bien différents de ce qu’ilsavoient été chez les Grecs & chez les Ro-mains.
Ce fut en Italie que Pidée des Spectacles,ou du moins de quelque chose Rapprochant,commença à renaître, puisque vers Pan y o 8 ,Clovis envoya demander à Théodoric, Roir des Ostrogots , un Pantomime, qui à son artjoignît celui de la Musique. Ces Mimes, connusfous le nom général d’Histrions ou Farceurs,furent l’amufement des Rois de la premiereRace, & se répandirent dans les provinces,où ils surent également goûtés. Leurs repré-sentations grossières, & souvent malhonnê-tes saisissent les délices du peuple : cepen-dant comme leur liberté dégénéra en licen-
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ce , Gharlemagne, p ar une Ordonnancé de78.9 , les bannit de ses Etats, & on n’eiîentendit plus parler fous les î^ois de là se->conde Race.
Les troubles qui agitèrent la France tout 'le nouvel Empire d’Occident après la mort jgGharlemagne , firent encore disparoître le SArts que ce Prince avoit rappellés ; toutfut replongé dans Pignorative & la barbarie;& si les François eurent encore quelquegoût pour les Spectacles , ce ne fut quepour ceux qui s’aúcorderent avec Pefprit dutemps , c’est-à-dire , avec la Religion, nondans fa pureté , mais mêlée d’ignorance ôed’absurdités : delà ces fêtes des Fous & desAnes, qui subsistèrent si long-temps au grandscandale de la Religion , malgré les effortsque firent les Prélats pour les détruire ,entre autres Eudes de Sully , Evêque deParis, qui les défendit par un Mandement deVannée l 198. Malgré ces efforts, ces fortesde Spectacles durerent jusqu’en 1 y 71 , oùils furent entièrement abolis ( 1 )
Ce fut au Midi de la France que les Beaux-Arts commenceront à renaître ; car en 99 8,Constance, fille de Guillaume I, Comte deProvence , ayant épousé Robert fils deHugues Capet, elle amena à fa fuite desDanseurs ôt des Farceurs , qui étoient dansce temps inconnus à la Cour de France imais leurs Jeux étoient encore barbares ôcmême obscènes , & ce ne fut que vers Pan1080 que les Poètes Provençaux commen-cèrent à paroître. Ces Poètes connus fous lenom de Trouveres ou Troubadours ( c’est-à-dire , Inventeurs ) compostaient diverses sortesde pièces , comme les Syrventes qui étoient
ou des louanges ou des satyres, des Tem.sons, qui étoient des questions délicatesfur l’amour, & des Comédies qu’ils nom-moient aussi Tragédies. Ces pièces étoient deseípeces de Dialogues rimés, qu’ils alloientreprésenter à la Cour des Princes,où ils étoienttrès-bien reçus & souvent comblés de richesprésents. Louis le Jeune, en 1147 , enemmena avec lui à son voyage de la Terre-Sainte. L’Empereur Frédéric I, en fit venirà sa Cour, & Richard Cœur-de-lion , Roid’Angleterre, s’en attacha un, nommé An-selme F ay dit , natif d’Avignon, Auteur d’unnombre de Comédies, & mort l’an 1220. Cedernier fit disposer un lieu propre à représenter
( 1 ) Ces Spectacles, ou > pour mieux dire, ces IndécentesOrgies, se donnoient dans les Eglises , où une troupe de gens en-îroit pêle-mêle & interrompoit le Service : ils éliíôient entr’euxtin Pape & des Officiers Ecclésta-fiíst 116s , mangeoient indécemment{ûr l’autel, brûloîent des ordures dans l’enceníòir, & faîíòient d’au-tres extravagances qu’il tzroit trop long de rapporter ici, Au íòr-
tlr de l’Eglise, ils íè promenoient dans des chamois, & montoientlùr des échafauds ou ils chantoient des chansons, oient despostures auffi indécentes que ridicules : c’f ío y ” on ® u e ®ent lePeuple, mais encore le Clergé gu -i*n"«en ons , e pareillesabsurdités; tant étoit grand* J’% norance & ia g r °ffierete de cestemps-là.