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Première partie.
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22 Traité de la Conflruaion des Théâtres , SCc. I. Part»

rents étages de Védifice , qui étoit isolé dePlanche toutes parts , ainsi que presque tous lesi. édifices publics des anciens ; car ils mettoient

beaucoup de foins dans la disposition deces mêmes édifices, sur-tout des Théâtres :ils observoient de les placer , de façon qu’ilsne fussent pas exposés à certains vents qui,€n corrompant la salubrité de l'air, auroientpu nuire à la santé des Spectateurs ; ce quime fait croire qu une partie des arcades del’Ordre supérieur, n’étoit que feinte, ou qu’onles bouchoit lors de la célébration des jeux.

Les Théâtres des anciens étoient souventaccompagnés d un autre édifice nommé Pro-menoir c’étoit pour l’ordinaire un bâtimentd’une forme à peu-près quarrée par son plan ,& qui étoit entouré à l’extérieur par undouble rang de colonnes en forme de pé-ristile adossé.

L'intérieur de ces promenoirs étoit vuide& planté d’arbres , fous l’abri desquels lepeuple se promenoir avant ou après le Spec-tacle , ainsi que fous les périítiles extérieurs,quand il survenois du mauvais temps.

Avant que de terminer ce qui concerneles Théâtres des anciens, il est nécessaire de

dire quelque chose des décorations & desinacUvMan. -1—- -«<=>0 HP^n f-r/=» ç _ rîll moins

autant que les connoiíTancës qui nous o».*

été transmises des unes & des autres, pour-ront me le permettre ; car nous n'avons riende bien certain à ce sujet.

Dès le temps d’Eschyle , Poëte Grec ,on étoit dans f usage d’orner la scène duThéâtre par des décorations peintes ; &Un nommé Agatarchus ou Agatarcus , con-temporain de ce Poëte, qui vivoit en z 500 ouenviron, les peignoir & les mettoit en pers-pective ; il fit même, dit-on, un traité de Pers-pective qui n’est pas venu jusqu’à nous, ainsique quantité d’autres ouvrages des anciens.

Les décorations théâtrales étoient detrois especes ; savoir , celles qui servoientpour les scènes tragiques qui représentoientdes Palais ; celles de la scène comique, quireprésentoient des maisons particulières &places des publiques, ( les scènes des anciensíe passant presque toujours dans les rues oufur les places ) , ôt celles qui servoient àla scene satyrique , qui représentoient desmaisons rustiq Ues , ^es rochers & des bois.

Ces décorations étoient probablementpeintCS fur des toiles tendues fur des châssis detoisj mais on ignore comment on les plaçoitfur } a scène , & comment se faisoient leschangements : tout ce qu'on a écrit a ce sujet|ie sont que des conjectures fur lesquelles il

n’estpas possible de porter un jugement certain.

Les machines des Théâtres anciens étoient PlaN cííEaussi de trois especes; les unes servoient pour í%faire paraître sur la scène les Dieux célestes,comme Jupiter , Apollon, Mercure, &c.les autres pour les Dieux terrestes, commePan, Faune, les Satyres; & les dernieres pourles Dieux des eaux & des enfers , comme 'Neptune , Amphitrite , Pluton , &c. Lespremieres especes de machines étoient nom-mées chez les Grecs ©éo \oytw , parce qu’el-les servoient à supporter les Dieux ; c’étoientdes especes de grues ou autres machines àpeu-près semblables, qui tournoient fur elles-mêmes, & qui étoient placées fur le hautde la scène p OU r faire descendre & remon-ter les Dieux, ou pour mieux dire, les Ac-teurs qui les représentoient.

Ces machines étoient dun grand usagedans les pieces du Théâtre ancien , ce quifit dire à un plaisant, que, pour le dénoue-ment de ces pieces, les Dieux étoient obli-gés de venir au secours du Poëte, afin de letirer d’embarras.

La seconde espece de machines Théâ-trales se plaçoit ordinairement dans les ou-vertures des portes de la scène, à fort peude distance de ces dernieres , & en dedans

de t*axricic-rcene.. - -

C’étoit des especes de prismes triangulai-res dont les faces étoient diversement pein-tes & qui tournoient fur pivots ; de fortequ’ils présentoient l’une ou P autre de leursfaces, comme on le jugeoit à propos.

Ces dernieres especes de machines étoientpeut-être la feule décoration de la scènedes Théâtres Romains ; ce qu’on peut «sau-tant mieux conjecturer que ces scènes étoientordinairement ornées d’Architecture, & quelors de la célébration des jeux on y plaçoitdes vases , des statues , des tableaux , &c,comme je l’ai dit ci-dessus.

La troisième & derniere espece de ma-chines des Théâtres anciens, n 5 étoit autrechose que des trappes qu’on faisoit ouvrirdans le plancher ou fol de Pavant - scène ,pour donner passage à diverses choses qu’on,.faisoit sortir de dessous cette derniere, parle moyen des leviers & des contre-poids, àpeu-près comme cela se pratique à nos Théâ-tres modernes.

En général, quelque peu de lumières quenous ayons au sujet des décorations & desmachines des Théâtres des anciens, il y atout à croire quelles étoient très-ingé nieu-ses & faisoient un très-bon effet : celaest d’autant plus vraisemblable , que ces