Planches72 & 75.
XI6 MENUISIER. IL Partie , Chap . IK
ou des denticules, ou enfin des modillons, selon que l’ordonnance totale l'exí-géra. C’est pourquoi les Menuisiers doivent lavoir l’Architecture, non-seule-ment les cinq Ordres tels que Vignolle nous les présente, mais encore ladécomposition de ces mêmes Ordres , afin que dans le cas d’un ouvrage sim-ple , ils puissent les íùpprimer, Sc n’en réserve^ que l’expreísion. Ils doivent auffilavoir les rapports Sc proportions de toutes les parties d’Architecture qui íbntrelatives ou accestbires aux Ordres, tels que {ont les soubassements, les atti-ques , les portes , les niches, les balustrades, les vases Sc les figures, enfinde tout ce qui peut servir à accompagner ou à décorer les ordres (*).
Quant à ce qui est des corniches en gorge, on doit avoir íòîn que les mem-bres qui les composent, íbient graves & en rapport avec le reste de la décoration;on doit toujours y mettre un larmier, afin que les moulures ne se confondentpoint, Sc que ces corniches ne ressemblent pas à celles des appartements, ( quielles-mêmes ne font faites de cette façon, que parce que c’est f usage ). Ceuxqui voudront prendre une connoiíîànce parfaite de ces fortes cf ouvrages, pour-ront voir le chœur de Notre-Dame, celui des grands Augustins , celui des Au-gustins de la place des Victoires, celui de f Abbaye Saint-Germain , les deuxchœurs des Chartreux, où l’on trouvera la plus excellente main-d’œuvre ; celuides Missions étrangères ; Sc celui des Bénédictins Anglois, Fauxbourg Saint-Jacques.
Je ne donne pas tous les chœurs dont je viens de parler ici comme des mo-delés à imiter dans toutes leurs parties, mais seulement comme ceux qui ontle plus de réputation, Sc de l’étude desquels on peut tirer beaucoup d’avantage.
J ai mis ici des desseins des trois eípeces de lambris dont je viens de parler ,afin que l’on puisse mieux en connoître la différence Sc l’uíàge. J ai joint à cesdesseins le détail de toutes les parties qui les composent, afin d’en donner uneparfaite connoiíîànce. Voye £ les blanches 72 & 73.
Quant à la construction de ces lambris, elle ne íàuroit être trop solide, àcause de l’humidité & du grand air qui régné dans les Eglises. Les bois des bâtisdoivent avoir deux pouces d’épaisseur, ou un pouce Sc demi au moins, encorenest-ce que quand ils feront dune moyenne hauteur. On doit auíîì avoir grandfoin d’y faire le moins de collages que l'on pourra; & que ceux qu’on fera obligéd y faire, soient bien solides. On aura foin , autant que faire se pourra, de rava-ler les moulures dans l’épaiíseur des bois, Inexpérience faiíànt connoître que lesmoulures embreuvées ne íbnt pas aísez solides pour ces lottes d’ouvrages , íur-tout quand les profils íbnt d’une moyenne largeur. Les panneaux doivent avoirun pouce d’épaisseur au moins, Sc davantage lorsqu ils font taillés d’ornement,
(* ) Je ne me fuis étendu ici fur la nécessitéoù étoient les Menuisiers de prendre des connoif-sances détaillées de toutes les parties de l’Ar-chitecture, ( du moins quant à ce qui a rapportà la décoration, ) que parce que la plupart n’ontqu’une connoissance vague de ce que le vulgaire
appelle les cinq Ordres, fans s’embarasser d’enconnoître les rapports & les proportions, ce quicependant n’est pas tout-à-faitleur faute, puisqueles Maîtres qui les enseignent n’en savent pas da-vantage.
afin
l