454 MENUISIER, III. Part.
ments de modes, Sc à des innovations, d’autant pins fréquentes, que ces fortesd 7 ouvrages ne semblent être faits que pour contenter le goût, lequel, dansles ouvrages dont il est ici question , n’a souvent d’autre régie que le génie del’Ouvrier Sc f opulence, ou, ce qui arrive quelquefois , le caprice de celuipour qui ces fortes d’ouvrages font faits ; ce qui fait que, par exemple, une voi-ture qui plaît Sc qui est à la mode dans un temps, n’est plus supportable Tannéesuivante , & cela parce que la mode est changée.
Il est cependant vrai qu il y a des changements qui font utiles Sc mêmenécessaires, fùr-tout quand ils tendent à rendre les ouvrages plus commodesSc d’une décoration plus analogue à leurs usages ; mais ces changements utilesfont très-rares, Sc dégénèrent souvent en abus, lorsqu’ils n’ont pour principeque le caprice Sc le plaisir de faire du nouveau. C’est pourquoi, dans la description des trois eípeces de Menuiserie dont il me reste à parler, je m’atta-cherai principalement à donner la maniéré la plus prompte Sc la plus parfaited'opérer, Sc a donner toutes les dimensions qui peuvent rendre ces ouvrages leplus commodes possibles, ce qui est très-eífentiei, puisque la commodité estce qu on y doit le plus rechercher. Quant aux formes extérieures & à la dé-coration , je me contenterai de donner des exempsessiîe celles qui lóntcn usageà présent, du choix que Ton peut en faire , & des principaux changements quiy ont été faits depuis le dernier siécle, afin que Ton puisse faire la comparaisondes ouvrages anciens Sc des modernes, du moins par rapport à nous, Sc enmême temps que Ton puiíîè juger de Tutilité des changements qui y ont étéfaits, soit pour la commodité, soit pour la magnificence.
Comme dans tout le temps que j’ai travaillé à la Menuiserie, je me sois plusattaché à la Menuiserie de bâtiment qu’aux autres eípeces de Menuiserie , dumoins pour la pratique , j’ai cru ne devoir pas me fier à ma propre expérience ;c’est pourquoi je ne me sois pas contenté de travailler à chacune de ces der*nieres, mais encore j’ai pris soin de suivre la construction des principaux ou-vrages , Sc de ne rien mettre au jour sens avoir consolté des Ouvriers reconnuspour habiles dans chaque eípece de Menuiserie , afin que l’ouvrage en soit plusparfait, ou du moins exempt de sautes grossières (*).
(*) On observera que dans la description de laMenuiserie en Carrosses, j’ai consulté M. Duboisle cadet, Compagnon Menuisier, lequel m'a été
d’un grand secours, sur-tout pour la partie de laPratique , qui ne m’étoit pas si familière que laThéorie,