458 MENUISIER, 111 Part. Chap. 1
une autre ( qui, exception faite de celles des Princes, font peut-être les seulesPlanche néceíseires, ) le nombre des Voitures s’est tellement multiplié , que l'on en111 ' compte dans Paris plus de 15000 de toutes eípeces, où les Artisans qui lesconstruisent, ont, comme à l’envi, épuisé toutes les ressources de leur Artpour en rendre l’usage doux Sc commode, Sc où l’on voit briller non-seule-ment les peintures Sc les vernis les plus précieux, mais encore les plus bellesétoffes, les broderies, for Sc les glaces (* ).
La construction de ces Voitures appartient à différents Ouvriers, tels que lesCharrons, qui n’en font que le train , c’est-à-dire, la partie qui comprend lesroues, Sc fur laquelle le Carrosse, ou pour mieux dire, la caistè est íùípendue ;les Menuisiers , qui ne font que ces mêmes cailles ; les Sculpteurs , qui les or-nent de seulptures ; les Serruriers, qui les ferrent ; les Peintres, qui les impri-ment , qui les dorent Sc vernissent ; enfin les Selliers , qui les siniísent en lesgarnissent Sc les revérifiant d’étofses.
Quoique tous ces Ouvriers paroiísent être Sc íbient exactement, chacun enparticulier, dune profession opposée, ou du moins indépendante l’une de l’au-tre, il est cependant néceíseire qu’ils prennent tous des connoiísences, du moinsélémentaires, de leurs différents talents , afin que le travail de l’un ne nuise pasà celui de l’autre ; mais qu’au contraire , ces connoiísences servent Sc concou-rent à l’accélération & à la perfection de tout l’ouvrage, qui alors n’en pourraêtre que meilleur, vu l’accord qui se trouvera entre lès différentes parties quile composent.
Section Seconde.
Des différentes efpeceS de Voitures modernes.
L e nombre des Voitures modernes est très-considérable, vu leurs différents• useges, formes Sc grandeurs, ce qui est très-secile à concevoir, puifqu’étantdes ouvrages de goût, Sc même, si j’ose le dire, de caprice, on peut envarier les formes Sc les grandeurs à l’infini, sens ri«n changer à leur construc-tion , qui, dans tous les cas , est à peu-pres la même. C’est pourquoi je croisque l’on peut considérer nos Voitures comme faisent trois eípeces distinctesSc séparées les unes des autres : savoir, les Carrosses anciens, dont on ne con-noît pas la forme au juste , Sc auxquels ont succédé les Coches, qui, quoiquecouverts dune impériale, n’étoient fermés que juíqu’à la hauteur des accoudoirsou accotoirs, le reste de la hauteur n’étant fermé que par des rideaux de diffé-rentes étoffes ou même de cuirs, ainsi qu on peut encore le voir à quelquesVoitures publiques qui ont conservé le nom Sc la forme de ces anciens
(*) Le nombre des Voitures ne s’est accru enFrance que depuis le régné de Louis XIII; Scce n’est qu’en i6so , que le nommé Sauvage in-venta & fit l’entreprise des Voitures publiques,
connues fous le nom de Fibres , du nom de l’hô-tel de Saint-Fiacre, rue Saint Martin, où cet En-trepreneur demeurok.