Sect. L §. IH. Des Teintures propres à teindre les Bois } ôCc. 793Les cinq couleurs primitives sont, comme je Tai dit plus haut, le bleu, lejaune , le rouge, le fauve Sc le noir ; chacune de ces couleurs est donnée pardifférentes drogues, lesquelles , mêlées ensemble , donnent les couleurs secon-des ou composées.
Le Bleu propre à la teinture des Bois, sc fait avec de ilndigo délayé dans del’huile de vitriol, Sc mis ensuite dans une quantité suffisante d’eau.
Le Jaune se fait avec de i’Epine-vinette, de la terre à Jaune Sc du Safran
mêlés ensemble, ou bien. simplement de la Gaude.
Le Rouge sc fait avec du débouilli de laine, ou bien de la décoction de Bois
de Brésil mêlée avec de F Alun.
Le Fauve se fait avec du Brou de noix.
Le Noir sc fait avec le Bois d’Inde, la Noix de galle Sc la Couperose verte.Avant d’entrer dans le détail de la composition des différentes Teintures, jevais donner une idée générale des drogues avec lesquelles elles sont composées,afin que les Menuisiers-Ebénistes soient moins se jets à être trompés lorsqu ils lesachetent.
» dans leur intérieur, j’ai jugé que toutes ces 1-» couleurs étant faites avec des drogues de-» faux teint, on ne pouvoic désirer autre choie,aa sinon de faire les mêmes couleurs auísi bien» tranchées avec des ingrédients colorants de» bon teint. J’ai donc fait quelques tentatives en33 essayant d’aluner ces Bois comme les étoffes,
33 A de les teindre ensuite dans des bains de33 Cochenille, de Gaude Sc de Garence; mais» ils n’ont pris que des couleurs assez ternes,a> qui n’étoient même appliquées qu’à la sur-33 face de ces Bois, l’intéríeur n’en étant aucu-» nement atteint, ce qui m’a fait renoncer bien* vire à cette méthode. Je lui ai fait succéder« celle qu’on emploie pour teindre en rouge de» Garence très-beau & très-solide, les cotons &
» fils ; pour cela j’ai donné à plusieurs des mor-3> ceaux de Bois les mêmes préparations qu’on» donne au coton pour le teindre en rouge33 d’Andrinople. Ces Bois ainsi préparés ont assez93 bien pris la teinture j mais la couleur n’étoit33 toujours appliquée que fur la surface, & l'in-3> térieur n'étoit nullement coloré. J’ai jugé,as d’après ces épreuves, qu’apparemment les par-33 tic 3 colorantes des drogues de bon teint,« étoient trop grosses pour pénétrer jusques dans33 rincérieur du Bois, Sc qu’elles n’étoient dépo-» fées à fa surface que comme sur celle d’un33 filtre ; cela m’a fait désespérer de trouver rien,3 de mieux que ce que l'on a jusqu’à présent.33 Néanmoins j’ai voulu faire encore quelques3, essais pour voir si ma conjecture avoir quel-» que fondement ; mais pour cela j’ai tenté des33 procédés absolument différents de tous ceux•» qu’on emploie dans aucune espece de Tein33 cure. J’ai imaginé que l'Esprìt-de-vin étan
33 une liqueur beaucoup plus pénétrante que* l’eau, & que les matières colorantes capables33 de se dissoudre dans ce menstrue , pouvant» ctre plus divisées & plus atténuées que celles33 qui sc dissolvent dans 1 eau, cela seroit capa-
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1 e de remplie mes vues ; mais la Teintured’Orcanette , extraite par l’Efprit-de-vin ,
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3 précédentes, j’ai encore abandonné cette mé-3 thode ; & enfin pour derniere ressource , j’ai» eu recours à quelques dissolutions métalliques ,
« qui, par elles-mêmes & fans aucun ingrédient» colorant, ne laissent pas de faire quelques>3 couleurs très-fol ides fur les marieres végétales.
33 J’ai fait pour cela macérer mes Bois dans des33 dissolutions affoiblies d’or, d’argent & de mer-33 cure; je les ai eníuite exposés à l’air, puis33 trempés , celui qui écoic imprégné de diffolu-33 tion d’or dans une dissolution d’étain , & les33 deux autres dans une dissolution de foie desoufre. J’ai eu un pourpre par le moyen de ladissolution d’or, mais feulement à la surface ;
& différentes nuances d’assez beau gris , parcelles d’argent & de mercure : quoique Fin-térieur de ces derniers Bois fût teint jusqu’àun certain point > il étoit cependant beau-33 coup plus clair que leur surface; en un mot,
> cette derniere méthode, quoique très-recher-* chée , n’a pas eu un succès assez marqué pouc» me donner envie de la pousser plus loin,
33 Voilà, Monsieur, tout ce que j’ai pu faire;
>3 vous voyez qu’il en résulte qu’il faut s’en tenir» à la méthode usitée du faux teint. Je ne pré-33 tends pas pour cela qu’il soit impossible d’ob-3» tenir sur ces Bois des couleurs aussi pénétran-3> tes & plus vives que celles qu’on a faires juf-33 qu’à présent ; mais les essais infructueux que38 j’ai faits, me donnent lieu de croire qu c>n» ne pourroit y parvenir que par des recherc es33 qui, par leur longueur , leurs dépenses Sc e^rs33 difficultés , n’auroient point de propos
" *™= > 1 ™,Pitance de M. Maca
D âpres 1 expose des expériences mquer a faites, il y a tout à croire q u ’ .guerepossible de se servir des drogues; ' n eint , amoins qu’on ne trouve I e e e ses fairepénétrer dans le Bois, par le moyen de quelquespréparations données aux .Ois ouaux Teintures,• - • '-al > ou bien en faisant toutes
*ce qui seroit e n tassant toutes
les Teintures a froid , en y laissant séjourner les
- , — i mprit-ûe-vin , ne Jbois ]uiq“ ~ ~ "
m ayant pas mieux réussi que mes tentatives que cela soit possible.
Bois jusqu’à ce qu us en tussent pénétres, íuppose