J 9 S ME NU1SIER, III Pan. Sec! III. Chap. X.
On peut obtenir des teintures composées de toutes les nuances imaginables *En teignant le Bois dans une couleur primitive, puis dans une autre plus ou moinsfoncée, afìn que la teinte qui résulte de ces deux couleurs, tienne plus ou moins«de chacune d’elles, ce qu’il est très-poíîìble de faire , puisqu’on est le maître deforcer ou d’affoiblir les teintures primitives autant qu on le juge a propos , soiten raison de ce qu exige la forme de fobjet qu’on veut représenter, ou bien enraison de la différente qualité des Bois qui prennent plus ou moins bien la teintu-re, ou qui en augmentent ou affoiblissent la couleur, ce qui est fort à considérer,Sc qui demande beaucoup ffattention Sc d’expérience de la part des Ebénistes.
En général, toutes les teintures dont je viens de parler Rappliquent à bains *froids ; ce n'est pas que plusieurs d’entr’ elles ne puistent être employées àchaud, mais c'est que comme il faut un temps très - considérable pour que lesmêmes teintures pénètrent l’rntérieur du bois, il n est pas possible de les employera chaud ; de plus » la teinture froide a , fur les Bois, beaucoup plus de brillantqu étant employée à chaud.
Voilà, àpeu-près, le détail des Teintures en bois, du moins telles que íaplupart des Ebénistes les emploient, ou que je les ai moi-même employées dansles estais que j'en ai faits , leíquels m ont assez bien reuíïi, mais qui n ont pas etefoivis un assez long espace de temps pour être bien sûr du succès de mes tenta-tives. II seroit fort à souhaiter que ceux qui font présentement uíàge de cesteintures, ou qui s'en serviront dans la fuite, Rappliquassent à les perfectionner ,ce qui, je crois , n’est pas absolument impossible ; Sc que l’ayant fait, ils fussentassez bons Citoyens pour ne pas faire un mystère de leurs découvertes, qui nepourront jamais que gagner à être rendues publiques.
Les Ebénistes teignent non-feulement leurs Bois pour les plaquer Sc les em-ployer à la place des Bois de couleur naturelle ; mais ils emploient ces mêmesteintures pour imprimer diverses parties de leurs ouvrages lorsqu’elles sont tra-vaillées ; alors ces teintures, comme le Rouge de Brésil, le Violet de Boisd inde, le Noir, &c. s’emploient à chaud, ce qu’ii est très-aiíé de fairê , puis-qu il suffit que f extérieur des Bois soit teint. Outre ces teintures, les Menuisiersen meubles emploient quelquefois une eípece de couleur jaune pour les Bois delits , laquelle est composée d’ochre jaune Sc de vernis commun , ou de ce mêmeochre Sc de la colle d’Angleterre très-claire, quelquefois même ils n’y mettentque de beau, ce qui ne vaut rien.
Avant que de terminer ce qui concerne la teinture des Bois, j’ai cru devoirdonner une méthode peu coûteuse pour teindre les Bois blancs en rouge , cequi se fait de la maniéré suivante.
On prend du crotin de cheval, qu on met dans un baquet dont le fond est percéde plusieurs trous, Sc qu’on place au-dessus d’un autre baquet, dans lequel tombeseau du crotin à mesure qu’il sc pourrit; Sc quand il ne se pourrit pas assez vîte,©n l’arroso de temps en temps avec de surine de cheval, ce qui laide beaucoup,
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