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808 MENUISIER, III Pan. SeB. IIP Chap X.
aux Menuisiers , est le plus souvent sait par les Serruriers-machinistes 8c autresPlanche c est pourquoi ceux qui voudront acquérir une parfaite connoissaoce de toutesles eípeces de meules ou gagne-petíts, pourront avoir recours aux Arts duCoutelier 8c du Tourneur , où elles font amplement décrites.
Quoique je diíe que les Ebénistes affûtent leurs outils fur la meule, ce n’estpas qu'ils ne se servent aussi de grès comme les autres Menuisiers ; mais c est quela meule est d’un meilleur uíàge , tant pour bien affûter que pour le faire avecplus de diligence.
Quand les outils íont assistés, soit sur le grès, soit sur la meule , pour leurdonner un taillant plus vif & plus sin, on les passe íùr la pierre à í’huile, ce quîles rend très propres à couper le bois net, quelque tendre qu’il puisse être.
Ces pierres viennent du Levant ; les meilleures font celles qui font de cou-leur blonde , d’un grain ferré, uni Sc très-égal : cette pierre a le défaut d’avoirde petites veines blanchâtres , soit en long, soit en travers, lesquelles font au-tant de durillons qui empêchent de bien affiler ; c’est pourquoi il faut choisircelles qui seront les plus égales, ou, du moins, qui auront de plus petites veines,8c en moins grande quantité.
Comme ces pierres ne íont pas d’un très-grand volume, Sc que d’aiiieurselles íont fragiles , on les enchâsse dans un morceau de bois , dans lequel on lesfait entrer tout en vie, 8c le plus profondément qu'il est possible, 8c asin qu’eliesy tiennent plus solidement, on les scelle avec du mastic. Voye{ lesfig. 8 & 9.
On se sert d’huile pour affiler les outils íùr ces pierres , 8c il est bon qu’eliesen íòient toujours imbibées, 8c quelles soient toujours très-propres, parce quela poussière qui s’y attache forme une graisse qui les gâte, 8c empêche les outilsde prendre dessus.
Les pierres à l’huile íont cheres ; celles qui íont passablement bonnes coûtentdepuis quatre francs jusqu’à cent sols la livre ; mais aussi quand elles se trouventbonnes, c est un grand avantage qui diminue beaucoup de leur cherté.
Les outils d’affûtage des Ebénistes, comme sergents 8c valets, les varlopes ,demi-varlopes , les feuillerets, les guillaumes, 8cc , íont les mêmes que ceux desautres Menuisiers; il n’y a que les rabots qui font un peu différents, quoiqu’ilsfassent aussi usage des rabots ordinaires, pour la construction de leurs bâtis &autres ouvrages de peu de conséquence.
Les rabots des Ebénistes ,fig. 1 & 2 , diffèrent des rabots ordinaires par l’in-clinaison de la pente de leurs fers, 8c quelquefois par la forme de ces derniers, 1qui, au lieu d etre unis íùr la planche, íont cannelés juíqu’à environ la moitiéde leur longueur, comme je l’expliquerai ci-après.
La pente des rabots des Ebénistes , varie depuis celle des rabots ordinaires , 4indiquée p ar la ligne ab, fig. I, jusqu’à celle b c, qui est perpendiculaireavec le fût de l’outil ; cependant celle qui est la plus ordinaire, est celle b d tselon laquelle est placé le fer du rabot, cette pente est d environ 3 à q lignes, à
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