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[Troisième partie. Troisième section.]
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8i2 MENUISIER, III. Pan. Se 3 . III. Chap. X.

fans preíqu’aucun ailemblage, si ce n est quelques mauvaises queues. Quand l’ou^vrage est cintré en plan, ils mettent les panneaux à plat-joint collés fur destaílèaux, tant à bois de bout qu’à bois de £1 , ce qui fait de fort mauvais ouvrage,lequel íè détruit en très-peu de temps £*) ; c’est pourquoi je ne faurois tropexporter les Menuisters-Ebénistes à faire leurs bâtis de bon bois de chene un peutendre A très-fec , afin qu’ils prennent mieux la colle, 8c quìls fassent moins

d'eifet.

Après le choix du bois propre à faire les Bâtis, les Menuiíìers-Ebénistes doiventavoir soin de leurs dispositions générales, c’est-à-dire, qu’ils n’en doivent déter-miner les formes qu’après avoir destiné bien exactement tous leurs ouvrages ^tant en plan qu’en élévation, asin qu’ii ne s’y trouve point de forme ni de com-partiment interrompus, comme il arrive presque toujours, quand on attend queles Bâtis soient faits pour déterminer la forme & la grandeur des compartimentsdont ils doivent être revêtus.

En dessinant, soit le plan op les élévations de l’ouvrage , 8c par conséquentdes Bâtis, il est bon d’obferver toutes les épaisseurs des revêtissements, du de-hors defquels on doit compter le nud de l’ouvrage, conjme je l’ai observé auxfig. r , 1 & 3, 8c sur-tout à la fig. 2 ., où le nud du quart de cercle du pied cor-nier , indiqué par les lignes ponctuées a , b , c , est pris du dehors du revêtistè-ment.

Il faut avoir íe même foin pour tous les avants Sc arrieres-corps, 8c pour lesfeuillures , qu’il est auffi bon de revêtir , rien n’étant si ridicule que de voir lebois des Bâtis apparent, lorsque les tiroirs ou les portes font ouvertes.

Quand ces mêmes portes ou tiroirs ouvriront à recouvrement, c’est-à-dire,qu’ils feront corps fur le nud de l’ouvrage, comme à la fig. 1 , 8c que ce corpsne fera pas d’une forte épaisseur, il est nécessaire d’y faire une double feuillurepar derriere, qui porte le coup de l’ouverture, 8c par conséquent soulage lerecouvrement du dehors.

Quand les portes ou les tiroirs entreront tout en vie, comme à fa fig. 1 , & àla fig. 5 » il faudra toujours y faire des feuillures , asin que Favant-corps du Bâtisfig . 1 , soit toujours égal, ou que la parcie ouvrante affleure toujours avec le nuddu Bâtis, comme à la fig. j>* Je rie íài pourquoi les Ebénistes n’ont pas cette comtume , íè contentant, pour la plupart, de faire porter fur des tasseaux le fond

. *\ Ce que pavance ici n’est que trop vérita-ble • cependant ce n’est pas tout-à-fait la faute

des Menuisiers -Ebénistes, qui, la plupart, ne

vendent l’ouvrage tout fim que ce qu il vaudroicde façon s ’il étoit bon & bien fait, ce qu’ils nepeuvent faire autrement, VU qu ils ne travaillent,en plus grande partie, que pour les Marchands,qui ne leur payent leurs ouvrages que ce qu’ilsveulent. Le luxe actuel est auffi une des causesdu peu de bonté des ouvrages d’Ebenisterie, toutle monde voulant en avoir, quoique fans avoirte moyen de les payer ce qu’ils valent, ce qu k a

mis les Ouvriers dans le cas de faire de mauvaisouvrage , afin de contenter tout le monde , & depouvoir vivre en le faisant à bon marché , ce quîest très-préjudiciable à cette partie de la Menui-Jferle, laquelle ne peut souffrir aucune espece demédiocrité, & ne peut avoir de mérite qu autantquelle est parfaitement bien raite; c est pour-quoi, je l’ai déja dit, & je le repete encore,cette espece de Menuiserie ne devroit être em-ployée que pour les grands Seigneurs , ou damoins pour des gens très-rxclies, qui auroicnt lemoyen de te bien payer,