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824 MENUISIER, III. Pan. Seâ. III Chap. XI.
Ii n’est guere possible de donner de préceptes touchant la seconde eípece dscompartiments, c’eíl-à-dire, ceux qui font formés par les différentes figuresqu on donne aux frises & aux plates-bandes qui entourent les panneaux, vuqu’iís dépendent de la forme générale de l’ouvrage, du plus ou moins de richessequ on veut lui donner, Sc encore plus que tout cela, du génie de l’Artiste. Jeme contenterai donc de donner ici quelques exemples de compartiments, tancde l’intérieur des panneaux, que des frises qui les entourent, Sc de ceux quif on t les plus en usage, d’après lesquels on pourra en inventer d’autres, ou íëservir de ceux-ci, ainsi qu’on le jugera à propos, le choix de ces différents com-:partiments étant purement une affaire de goût.
En faiíànt la description des compartiments de la premiere eípece, je les aisupposes de bois unis , c’est-à-dire, d’une même couleur & qualité ; au contraireceux dont je vais parler présentement, se sont non-seulement de bois d’une cou-leur Sc d’une qualité opposées, mais encore dans lesquels on fait choix desnuances , pour donner aux différents compartiments une saillie du moins appa-rente.
La Figure r représente l’eípece de compartiment le plus simple de tous, Scqu’on nomme en échiquier ; il est composé de plusieurs quarrés de bois de diffé-rentes couleurs, placés alternativement a cote les uns des autres , de forte qu nnquarré blanc se trouve entouré de quatre quarrés noirs, & un quarré noir en-touré de quatre quarrés blancs. Cette forte de compartiment, quoique très-simple, demande beaucoup d’attention, pour que tous les joints de chaque piece8 alignent Sc se rencontrent parfaitement ; il faut aussi observer , quand on saitde ces fortes de compartiments, que le nombre des quarrés qui les composent ^soit non-pair, afin qu’il s’en trouve quatre de même couleur dans les angles, cequi ne pourroit être si le nombre des quarrés étoit pair, comme on peut le voirdans cette figure. S’il arrivoit que la piece qu’on auroit à revêtir avec cette fortede compartiment, fût d’une forme barlongue peu différente d un quarré, ondiviserait les deux côtés de la piece en autant de parties l’une que l’autre, Sc
toujours en nombre non-pair, afin d’avoir un même nombre de quarrés de cha-que côté; & que ces mêmes quarrés de remplissage soient d’une forme barlongueen rapport avec celle de la piece à revêtir.
Si, au contraire, la différence des côtés de la piece à revêtir, étoit trop con*sidérable, on la remplirait avec des quarrés à l’ordinaire, dont on augmenteraitou retrancherait le nombre autant qu’il ferait nécessaire, en observant toujoursque ce nombre soit impair, tant sur le grand que sur le petit côté de la piecejQuant à la couleur des bois de l’espece de compartiment dont je parle , il est
sent toujours les fils de leurs bois, ou les jointsde ces derniers , à l’ordinaire, c’est-à-dire, quar-re'ment, ou suivant la diagonale d’un quarré, cequi fait un très-mauvais effet, parce que les angles.des compartiments du placage nes’accordent plus
avec ccux de la piece à revêtir , & s’en éloignent!plus ou moins, selon que le parallélogramme,qu’elle représente, est d’une forme plus ou moinsallongée.