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[Troisième partie. Troisième section.]
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8j2 MENUISIER, III. Pan. Sel I. Uî. Chap. XI.

§. II. De la maniéré de découper & d’ajuflcr les pieces droites ,& des Outils qui y font propres .

Après avoir traité sommairement des différents compartiments propres àfEbénisterie, (lesquels font à cette efpece de Menuiserie, ce que s on t les pro-fils & les contours aux autres parties de cet Art déja décrites), il s’agit main-tenant de passer de la théorie à la pratique, en enseignant la maniéré de procédeíà sexécution de ces mêmes compartiments, tant ceux qui font composés departies droites, que ceux qui font composés de parties circulaires, ce qui entrai-»nera après foi le détail de plusieurs Outils nécessaires à sexécution de cettepartie de fEbénisterie, comme je l’ai annoncé ci-devant, page 811.

Les compartiments d’Ebénisterie íont, comme on a pu le voir ci-dessus, com-poses d’une infinité de morceaux de bois de placage de différentes formes SCgrandeurs ( cependant semblables, comme disent les Ouvriers , chacun à leurchacun ) , cest-à-dire , que dans un compartiment composé de cent morceauxdifférents, il y en a, par supposition, dix dune forme, six d une autre, vingtd’une autre, Sc c, lesquels doivent être parfaitement égaux entr’eux , soit pourla grandeur, soit pour la direction des fils, ou pour les nuances des couleurs&c.

Avant d’entrer dans ce détail, je vais donner la maniéré de préparer les filetsSc de les mettre d’épaiíïeur, afín de ne me point répéter lorsque j’enfeignerai lamaniéré de les employer.

Les filets dont on fait maintenant usage, íònt de deux eípeces ; lavoir, ceuxd’osier, qui font les moins bons, Sc que les Vanniers vendent tout préparés ; Scceux de bois de houx, que les Ebénistes préparent eux-mêmes, ce qui se faitde la maniéré suivante.

On commence par choisir un feuillet de houx, refendu à l’ordinaire des boisde placage , dont le fil se trouve le plus droit possible, Sc qu’on dresse fur larive en suivant toujours le fil du bois ; ce qui étant fait, on le refend au trusquin ,par le moyen d un outil ou entaille nommée bois à refendre. Cette entaille A B 9représentées, r , n’est aiutre chose qu’un bout de membrure d’environ 3 poucesd épaisseur, fur j à 6 pouces de largeur, fur lequel est fait un ravalement d’en-viron une ligne Sc demie d’épaïíïèur, ce qui est suffisant pour contenir le feuilletqu’on veut refendre. Voye{ la fig. 1, cote C.

Ce ravalement ne se fait pas dans toute la longueur de l’entaille ; mai s on yréserve un talon par le bout supérieur coté A , contre lequel vient butter 1©bout du feuillet. La largeur du côté de l’entaille, contre lequel s’appuie lefeuillet, est arbitraire ; il suffit qu'il soit bien dressé Sc exactement parallèle d’unbout à l’autre ; parce que s il arrivoit qu’il ne le fût pas, le filet se trouveroicrefendu d’inégale largeur, ce qui est tout naturel, puisque le trusquin D , dont