Sèct, L Matières quon emploie dans la f. espèce d’Ebiûìflèrie. 98P
§. III. De la Corne .
L a Corne dont les Ebénistes font uíàge, est une eípece de Corne blan-che , qu’on vend à Paris fous le nom de Corne d’Angleterre , d'oà elle estapportée dans de petits barils. Ce íònt de ces Cornes dont les Fer-blantiers font uíàge pour fermer les lanternes. On en vend de plus ou moinsépaiíîès : celles qui font les plus blanches, qui n ont point de taches, Scqui font bien transparentes, font les plus recherchées par les Ebénistes, àmoins qu ils ne veuillent en faire de fausses écailles ; alors ils fe fervent de laCorne rouílè , qui imite en quelque façon le clair de Fécaille, dont ils contre-font les nuances avec de la couleur, comme je le dirai en son lieu. Je nem’étendrai pas davantage au sujet de la Corne, parce qu’on la trouve par feuilletoute apprêtée , Sc qu'il ne s’agit que du choix loríqu’on veut en faire em-plette. Quant à son uíàge, j’en parlerai en traitant de la pratique de laMarqueterie.
§. IV* De la Nacre de perler ^ \
O n nomme Nacre de perle , ou simplement Nacre, la coquille dune eípeCed’huître , dans laquelle fe forment les perles. Ces huîtres font trois ou quatrefois plus grosses que les huîtres ordinaires. La Nacre est pesante Sc très-dure Z
son extérieur est d'un gris roufsâtre Sc tout ridé ; mais les premieres feuillesextérieures de cette coquille, une fois enlevées ( ce qui peut íe faire par íémoyen de l’eau-forte Sc dutourret d'un Lapidaire, ou même tout simplement dufrottement d’une meule à l'eau ) , elle paroît aussi belle qu en dedans, où íàcouleur est d’un beau blanc argentin très-luifant , lequel est mêlé des plusbelles couleurs de f iris ou arc-en-ciel ; de maniéré qu’ori y volt tout à la foisdes teintes de jaune, de rouge, de violet, de bleu Sc de verd, lesquelleschangent incessamment selon quon regarde la Nacre en différents sens, ce quiest causé par les diverses maniérés dont les parties qui composent la Nacre ,reçoivent la lumière, Sc la réfléchissent à nos yeux. Ce changement de couleuríe nomme orient ; ainsi on dit que la Nacre à un bel orient , quand ceschangements de couleurs font très-variés, Sí la différence de ces dernieres biensensible. La Nacre a encore la singularité de paroître ondée à íà íùrface , quoi-S[U elle soit parfaitement unie ; Sc cette apparence approche si fort de la vérité,flu’on la touche quelquefois pour s’assûrer, par le tact , de f illusion quellefait aux yeux.
Ces ondes Sc ces changements de couleurs ne íònt apparents que parallèle-ment a la surface de la Nacre ; car quand elle est refendue, ion épaisseur estd’une couleur égale Sc unie, d'un blanc mat, tirant fur le gris-vineux.
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