Soudure
pourl’étain.
Soudurepour l’ar-gent.
Soudurepour l’or.
w MENUISIER, III. Part. SeB. III. Chap. XIV.
puis quand le lingot est froid , on l’applatit au marteau en lames très-minces ?pour en faire des paillons de Soudure.
La Soudure d’étain se fait avec de f étain fin Sc du plomb neuf, dont onmet environ une partie ou une partie ÔC demie, contre cinq d’étain, qu’oiifait fondre ensemble ; Sc pour s’affurer si cette Soudure est à son vrai degré onen prend quelque peu , qu’on verse fur une brique bien feche. Si quandla Soudure est refroidie , il paroît à fa íùrface comme des petits yeux moyen-nement brillants, c’est un signe quelle est bonne pour souder l’étain. Si aucontraire ces yeux étoient très-grands Sí brillants , il faudroit y mettre un peuplus de plomb. En général, la Soudure est matte Sc blanche quand l’étaindomine trop, Sc elle est matte Sc grise quand c est le plomb qui domine.
La Soudure d’argent se fait en mettant dans un même creuset neuf, troisparties de bon argent au titre de onze deniers , avec une partie de laiton ; onles fait fondre , puis on les verse dans une lingotiere ; Sc après que le lingot estrefroidi, on le forge à froid pour le réduire en lames très-minces A en faire despaillons. Si en forgeant cette Soudure elle vient à fe fendre, il faut la remettreau feu Sc la laiíîer refroidir avant que de recommencer à la forger. Cette Soudurese nomme Soudure au tiers : on en fait auísi au quart Sc au sixième ; cette der-niere est la plus forte de toutes.
La Soudure d or est composée d’une partie d or, de deux parties d’argent,
Sc d’une partie de rosette. Quand on veut qu’elle soit plus forte de couleur ,on augmente la quantité de Tor. Cette Soudure fe fait de la même maniéré
que celle d’argent ; c’est pourquoi je n’en parlerai pas davantage.
Il seroit très-difficile de faire u sage des Soudures dont je viens de parler *pour la réunion des différents métaux, si on n’y joignoit le borax, eípece desel ou substance fossile blanche Sc transparente, à peu-près semblable à de l’alun ;le borax a la propriété de faciliter .la fonte des métaux , d’en réunir toutesles parties , Sc de les garantir des impressions de l’air Sc du feu, en les envelop-pant d’une eípece de verre mince ; c’est pourquoi on l’emploie dans lesSoudures , parce que non-feulement il précipite la fusion de la Soudure Sc1 empêche de fe brûler avant que d’entrer en fusion , mais encore parce qu’illa rend plus coulante , Sc l’attire à lui dans toute la partie de la piece où on laseme.
II ne saut pas employer le borax fans auparavant lavoir fait calciner , ou,pour parler plus juste, savoir fait fondre à part, ce qui se fait en le mettant dansun creuset , autour duquel il f aut f a i re U n feu modéré , parce qu’il fe vitrifiroità un trop grand feu ; c est pourquoi il faut avoir íoin de le retirer du feu lorsequ’il ne bouillonne plus: il faut aussi que le creuset soit grand; car quand le boraxest en fusion, il s’éleve beaucoup. La plupart des Ouvriers ne font pas tant defaçon pour faire fondre le borax, ou, comme ils disent communément , I efaire calciner : ils se contentent de le mettre chauffer fur une pelle de fer, Scils le retirent lorfqu’il cesse de bouillonner.