io 3 S r ART DU TRJEILLAGEUR.
conduite des Architectes , ou d’après leurs propres dessins, jusqu’en I769 $qu’ils surent réunis au Corps des Menuisiers (*).
Depuis lòn origine, c’est-à-dire, depuis le régné de Louis XIV, l’Art duTreillageur n’a ceíîe de faire des progrès ; de forte que maintenant les ouvragesde cet Art entrent pour beaucoup dans la décoration des Jardins de propreté,où on fait nonffèulement des Treillages de paliffâde , tant de hauteur que d’ap-pui, & des Berceaux, mais encore des Cabinets, des Salions, des Portiques,des Galleries , des Colonnades, dans lesquels on rencontre à la rois féléganceSc la légéreté jointes à la sévérité des réglés de f Architecture , n’y ayantaucun ouvrage de cet Art qu’on n’imite, ou qu on ne puisse imiter en Treillage,lequel íè lie beaucoup mieux avec les berceaux Sc les portiques naturels ,que ne pourroiejit faire des bâtiments construits avec des matières solides,telles que la pierre Sc même le plâtre , qui , quelque légers qu ils soienten apparence , opposent encore trop de masse dans un Jardin, dont il faut quePair íòit libre; ce qui doit faire préférer les ouvrages de Treillage , dont lesyuides annoncent une légéreté réelle Sc apparente , Sc aux ornements artificielsdeíquels on peut, dans la belle saison, en joindre de naturels , comme lesguirlandes <lc jasmins-} Ae «>sc 3 , de chevre-feuiiíe & d’autres plantes courantesSc légères, qui, disposées avec un heureux désordre, feroient douter desquels nous devrions être plus agréablement affectés, de la Nature ou de l’Art,toujours soumis & uni à cette derniere.
Qu’on y fasse bien attention, toute la ícience des Treillageurs, quant à ce quià rapport à la disposition & à la théorie, n’est pas renfermee dans leurs atteliers ;ce n est pas un Art de routine ; il faut de l’expérience, du goût, A ils doiventacquérir beaucoup de connoiffànces pour fe rendre habiles dans leur Art: car,fans parler des éléments de Géométrie, dont la connoiflance leur est absolumentnécessaire, ainsi qu’aux autres Menuisiers, il faut qu’ils entendent bien fAr-chitecture , du moins quant à la décoration ; qu’ils fâchent dessiner i ornement,Sc íiir-tout les fleurs, asin d’être en état de les bien découper, Sc d’en com-poser des guirlandes Sc des bouquets. Il faut aussi qu’ils ayent quelques notionsde 1 *Art du Trait, pour la construction des Berceaux, des Dômes Sc autresouvrages de cette nature. A ces connoiffànces élémentaires, ils doivent non-feulement joindre celles de la pratique ; pour ce qui a rapport au Treillage pro-prement dit, mais encore il faut qu’ils entendent bien la Menuiserie pour ce
(#) C’est au temps de ces deux grands Archi-tectes , qu’on peut fixer la naissance de f Art duTreillage proprement dit. Les berceaux des Jar-dins de Cl a g n y ( détruits depuis peu de temps ),Sc ceux des sins de Versailles & de Marly ,qui font les ptv, s an ciens Ouvrages de cet Artque l’on connoifle v furent faits fous leur condui-te; & il y 2 tout à crcû re qu’ils furent les créa-teurs de l’Art du Treillage , cornrae ils Pavaientété de l’Art du Jardinage , considéré d u côté dela décoration ; car, quoiqu'il soit fait mention
d’un très grand Treillis qui faifoit un des princi-paux ornements des Jardins des Rois Charles VISc fes Successeurs , lorfqu'ils demeuroient «l’Hôtel de Saint Pol, Sc dont la rue Beau-TreilUsa tiré son nom ; ce Treillis n’étoit sûrementsusceptible d’aucune régularité , non plus queles Jardins dont il faifoit partie , lesquels n’é-toient que des vergers spacieux , où futile étoitpréféré à l’agréable, ce qui faifoit des Jardinsmoins brillants, mais beaucoup plus utiles queceux d a-présent.