1128 r ART DU TREILIAGEUR, Chap. IL
-soient, rompent plutôt le bois qu elles ne le courbent, Sc y forment plutôt desPlanche pans que des courbures ; il est cependant vrai qu’il est néceíïàire que les fils ex"35 ^ térieurs du bois soient un peu rompus pour qu’ils se courbent plus aisément, Scqssils ne se redreíîènt pas après avoir été mâtinés , comme je lai expliqué plushaut ; mais il ne faut pas que cette rupture soit trop considérable , Sc faction desdeux arêtes des pinces que je propose ici , seroit plus que suffisante ;de plus, le bombage intérieur de la branche D empêcherait que le bois ne restâtdroit entre deux coups de pinces , ce qui arrive â toutes les pieces mâtinées avecdes tenailles.
Soit qu on se serve des tenailles ou des pinces que je propose ici, on ne peutmâtiner de cette maniéré que les pieces qui ne sont pas trop découpées, ou quisont faites de bois de fente, soit de Châtaignier ou de Frêne ( qui est celuidont on fait un plus grand usage ) ; mais quand les pieces sont faites avec dubois de Boiíîèlierie, il faut les mâtiner au feu , parce quelles se rompraient sion les mâtinoit avec les tenailles ; c est pourquoi quand on a de ces sortes depieces, on les ceintre de la maniéré suivante :
j Après que les pieces ont été chantournées, on les met tremper dans seauenviron une demi - heure , plus ou moins , selon qu elles sont plus ou moinsseches ou de bois gras ; pendant ce temps , on fait du íeu de charbon clair dansune poêle de fer, fig. 1 6 } au-dessus de laquelle on fait chauffer les piecesles unes après les autres, du côté où elles doivent être creusées , qui doit toujoursêtre celui ou elles feraient déjà lorfquson les a achetées ; Sc quand elles sontsuffisamment chaudes , ( ce qu’on connoît quand le côté opposé au feu devientsec Sc cesse de fumer ) , on les retire promptement, puis on les passe fur unmoule, arrêté fur le bout de fétàbli , fig. 14, autour duquel on les fait ployer,après avoir pris la précaution de les envelopper à 1 extérieur avec un morceau depeau , tant pour ne se pas brûler les mains , que pour íàisir toutes les parties dela piece à la fois, Sc la mieux appliquer fur le moule, qui nest autre chosequ’un morceau de bois arrondi selon que la forme des pieces f exige.
Le morceau de peau dont on se sert doit être un peu consistant, Sc il fautavoir grand soin de le mouiller de temps en temps, tant pour qssii ne se crispepas, que pour conserver de l’humidité à f extérieur de la piece , Sc aider àf allongement des fibres.
On fait des moules de toutes sortes de formes Sc grandeurs, selon que f exi-gent les pieces qu on veut mouler ; Sc quand une partie de ces dernieres doitrester droite, il est bon de les diípofer comme celui repréíènté en coupe ,fig. 11 , c'est-à-dire, avec une rainure p , dans laquelle on fait entrer la partiedroite , afin que le cintre ne commence que quand on le juge à propos : il fautobserver que les moules soient toujours plus cintrés que la piece ne doit1 être, parce que quand on fa retirée de dessus, Sc qu’elle est entièrement re-froidie , elle se redresse toujours un peu , à quoi on remédie en la cintrant un
peu