I25 § conclusion
au leur : c est ce que je n ai cessé de leur recommander dans le cou-rant de mon Ouvrage, qui ne leur fera vraiment utile, qu’autantqifils joindront à beaucoup de bonne volonté & d’amour pour leurétat, une grande assiduité à fétude Sc au travail, n’y ayant que cemoyen pour acquérir les connoissances théoriques Sc pratiques deleur Profession, les Livres pouvant bien aider le génie, mais ne ledonnant jamais , quelque bien faits qu’ils puissent être.
Quant à celui-ci, il feroit à souhaiter que fa perfection répondîtaux foins Sc au zèle avec lequel je f ai fait ; Sc je fuis persuadé que ficela étoit , le Public, Sc fur-tout mes jeunes Confrères, nauroientrien à deíìrer à cet égard ; car je puis bien assurer que je n ai épar-gné ni peines ni dépenses (*), enfin rien de ce qui pouvoit concou-rir à fa perfection, tant dans Tordre & Tarrangement des matièresqui y font présentées , que par rapport aux recherches Sc aux expé-riences que j’ai été obligé de faire pour ne rien dire d’après des rap-ports souvent incertains, quelquefois peu fideles ou mal entendus,ayant voulu être moi-même persuadé, A cela par le secours de T ex-périence , de ce que j’enfeignois aux autres.
J’ai aussi fait en forte de joindre toujours Texemple au précepte,en Renseignant rien, de quelque chose que ce fût, fans en faire
remarquer les avantages & les désavantages, Sc les différentes occa-sions où certaines formes d’ouvrages, ou certaines maniérés d’opérer
dévoient être préférées à d'autres, quoique meilleures, & dont j’a-vois montré favantage en d’autres occasions; ce qui m’a quelque-fois mis dans le cas de faire des critiques, peut-être un peu vives,mais dans lesquelles, en parlant mal de T ouvrage, j’ai toujours res-pecté T Ouvrier, du moins telle a été mon intention.
Quant à Tarrangement Sc à la division de T Ouvrage , j’ai euattention de les faire de maniéré que les Menuisiers en puissentacquérir la Partie qui leur est nécessaire indépendamment des autres,quoique toutes fe suivent Sc fassent un corps d’Ouvrage complet,qu’ils feroíent cependant très-bien de fe procurer, pour les raisonsque j’ai données ci-dessus. Enfin après sept années d'un travail conti-
<*) La dépense la plus considérable que f aiété obligé de faire , & celle qui m’a été la plusonéreuse , est la perte de mon temps ( du moins
pa r rapport à mon établissement ) laquelle a né-cessairement entraîné celle de mon état, percepeut-être irréparable , & dont rien ne peut m’in-demniser, que le plaisir d’avoir été utile à mes
Concitoyens : trop heureux encore si mon tra-vail & mes foins peuvent etre vraiment utiles!& si le sacrifice que j’ai fait, (dont je ne merepencs cependant pas, ) peu t m’être comptépour quelque chose , Sc contre-balancer en quel-que sorte les fautes involontaires dont mo#Ouvrage n’est sûrement pas exempt !