DE DA R T DU MENUISIER. i ^ 9ruiel Sc assidu , passées , tant à composer Sc à faire des dessins desHanches de mon Ouvrage, ( dont j ai gravé un grand nombre) qu àen faire Texplication, je jouis de la douce satisfaction de le voir ter-miné, St d’avoir été assez heureux pour avoir atteint le but que jem’étois proposé, non pas en commençant cet Ouvrage; car je neconnoissois pas alors toute f étendue de mon entreprise, ni la gran-deur des engagements que je prenois avec le Public Sc avec moi-mêoie; mais lorsque j’eus fini la premiere Partie de mon Ouvrage,A bien avancé la seconde, ce fut alors que je m’apperçus de Tim-menfité du travail qu’il me restoit à faire pour ne rien négliger de cequi pourroit contribuer à donner de Tordre Sc de la clarté à monOuvrage, asm que s’il n’étoit pas agréable , il fût du moins utile.
J a vois cependant beaucoup d 5 obstacles à surmonter; car, excep-tion faite de la Menuiserie de Bâtiment, Sc de T Art du Trait, jen’étois pas familier dans la pratique des diveríes autres parties de laMenuiserie, dont, par conséquent, j'ai été obligé de faire une étudeparticulière, afin de joindre la pratique à la théorie, tant pour laconnoissance, le choix, remploi des matières Sc celui des différentsoutils, que pour la parfaite connoissance des ouvrages auxquels onemploie les uns Sc les autres.
J’ai même été privé de tous secours étrangers, étant le premier
qui ait écrit fur T Art du Menuisier, L n’ayant pas, par moi-même,les secours que peuvent fournir une éducation soignée, ce qui nepouvoit pas être, Sc ce qui se trouve rarement dans la classe desCitoyens dans laquelle la Providence m’a placé.
Né de parents honnêtes, mais pauvres comme le font tous lesOuvriers quin’ont d’autres ressources que le travail de leurs mainsils furent, par conséquent, hors d’état de me donner de bons Maî-tres, L je ne reçus d’autre éducation que celle des Ecoles publiquesde charité, où j’ai à peu-près appris à lire une Langue morte que jen’entendois pas ( Sc que je n’entends pas encore , ) Sc celle qui m’é-toit naturelle; mais je n’y ai pas appris à parler ni Tune ni l’autre deces deux Langues, ce qui ne pouvoit pas être , puisqu on ne T en-seigne pas, du moins dans les Ecoles dont je parle ici.
Je n’ai pas même joui long-temps de cette éducation - toute im-parfaite quelle étoit, parce qu à sage de u ans, (c étoit en 1750 )uion pere, qui étoit, Sc qui est encore Compagnon Menuisier, me