DE L’ART DU MENUISIER ., á
objet, mais faites dans un temps où ma raison commençoit à sedévelopper, (à quoi ma beaucoup servi sétude de la Géométrie )îisont mis en état de rendre mes pensées, linon dans un stylefleuri Sc élégant, du moins avec précision Sc une sorte de clarté-
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elles mont aussi mis à portée de connoître Sc de sentir Tordre quiíétoit nécessaire de faire régner dans un Ouvrage didactique telque le mien, où toutes les phrases doivent être liées ensemble, Scsouvent en conséquence les unes des autres, Sc où les répétitionsfont quelquefois inévitables, Sc même nécessaires pour faire mieuxconnoître la vérité Sc Timportance de ce quon-avance , Sc les con-séquences qu’on doit ou qu’on peut en tirer.
Aussi est-ce à Tordre Sc à l’arrangement des matières à quoi je mefuis le plus attache dans le courant de mon Ouvrage, fans memettre beaucoup en peine de la beauté du style , qui, bailleurs*devoit être simple & à la portée des Ouvriers, mes'Confrères, pourlesquels je T ai particulièrement écrit.
Ce n est pas que, semblable à ce Consul Romain (Marius), jefasse mépris des Arts que je ne connois pas, & fur-tout des Belles-Lettres Sc de TEloquence ; au contraire, je fais combien la puretédu style , le choix Sc Tarrangement des mots donnent de grâce à unOuvrage, Sc en rendent la lecture agréable. Mais, comme je T ai déja
dit, cette perfection est au-dessus de mes forces ; Sc je fuis assuré quefi j'avois voulu écrire dans un style plus exact Sc plus châtié, j’au-rois donné dans fensture ou dans le verbiage , auxquels ma simpifcité est certainement préférable.
Un des plus grands obstacles que j’aye eu à surmonter, c est le cridu Public contre les gros Livres, que les uns n’acheterit pas, parcequ’ils font trop chers, ou que les autres achetent , mais ne lisent pas,parce qu ils font trop volumineux. Mais comment falloit-il que je fissesDevois-je tromper le Public en travaillant, à la vérité, à son goût,mais contre ses intérêts, en lui donnant un Abrégé peu considéra-ble , Sc par conséquent peu cher, mais où il n’auroit rien appris, outout au plus que des mots ou des noms d'Arts ( *).
(* ) Ce que je dis ici est une vérité incontesta-ble : rien n’a fait plus de tort aux Sciences & auxàts, que les Abrégés qu’on a donnés des Ou-vrages déja faits, ou bien les Ouvrages nouveauxfaits de cette maniéré. J’ai donc cru être bienfondé à donner à mon Ouvrage toute l’étendueConvenable, du moins autant que mes forces ontpu me le permettre , afin d’être utile tant à pré-
Treillageur*
sent qu’à l'avenir, en n’obligeânt pas le Publicà faire une double dépense, comme il arrive tousles jours, p ar les augmentations Sc les change-ments qu’on fait à la plupart des Ouvrages donton multiplie l es éditions ainsi augmentées, les-quelles deviennent très coûteuses , <5c dtzmeuteuItoujours très-imparfaites,
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