1202 'CONCLUSION
lí faut cependant avouer que j’ai été le premier trompé sur f éten-due de mon Ouvrage, que je ne croyois pas devoir être íì consi-dérable, lorsque T Académie Royale des Sciences me fit l’honneurd’accepter mon travail, Sc d’en permettre l’impreffîon fous son nomSc avec son approbation; mais à mesure que j’ai avancé, j’ai étéentraîné malgré moi par 1 abondance des matières dont j’avois à trai-ter, comme je f ai dit ci-dessus, Sc que je f ai fait remarquer dansl’Avertissement qui est à la tête de ía seconde Partie.
De plus > il n’est pas possible, pour peu qu’on ait lu cet Ouvrageavec attention, Sc qu’on soit de bonne-foi ou sans préjugés, il n’estpas possible, dis-je, qu’on ne convienne que le détail des différenteseípeces de Menuiseries est immense ; que quelque concis qu’on soitdans ce détail, il ne peut être que très-constdérable ; Sc qu’ìl n’est pasde l’ouvrage dont il est ici question, comme de l’Histoire ou desouvrages d’imagination, où on fe contente d’exposer les faits auxyeux du Lecteur, ou de l’occuper agréablement, mais où on lui laissela liberté de faire f application de ce qu’iia lu, en ne prévenant passon jugement, ce qui deviendroit ennuyeux pour tout Lecteurraisonnable.
Ici, tout au contraire, Sc dans la description de tous les Artsen général , où il est question d’enseigner , i\ saut non - seulementtout dire, mais dire comment il faut faire, Sc pourquoi il faut faire;
exposer les différentes maniérés d’opérer dans tout leur jour, Sc enfaire voir les avantages Sc les désavantages, Sc les occasions où une 'méthode est préférable à une autre, ce qui entraîne nécessairementle détail des ouvrages de 1*Art, soit en tout ou en partie.
Je sai qu’il est des Arts qui ne consistent qu’en certaines prati-ques Sc manutentions, qui, une fois bien connues, font applica-bles dans tous les cas, du moins à peu de chose près ; mais aussi enest-il d’autres, Sc fux-tout celui dont je viens de faire la description -où cette manutention change à chaque ouvrage de différente na-ture , Sc où, aux connoissances nécessaires Sc relatives à l’état, il enfaut joindre quantité d’autres qui y font accessoires, & dont il fautdonner des notions du moins élémentaires.
Le détail de ces connoissances élémentaires, se trouve, dit-on-dans d autres Livres, où elles font traitées avec p!us d’étendusqu’on ne le pouroit faire dans un Art* (ce qui est en partie vrai;)