et Refeux de l a M e r. 13 f
traire nous supposons ces trois ehoscs n’etre pas les memes de part &dautre , il me paroit bien clair & bien certam, que l’effet du Tourbil-lon devroit se manifester infiniment davantage dans le mouvement dela Lune , qu^dans celui des Eaux de la Terre. Cependant on sqaitparfaitement bien que Ia Lune , quoique sujette a beaucoup d’irregula-rite's dans fes mouvemens, n’en a aucune qui puiste etre attribuee ä 1’ac-tion aulli sensible d’un Tourbillon. Si nous passons par destus toutesces differentes difficultes, nous en rencontrerons d’autres egalement em-barassanres. C’est contre les loix dt 1’Hydrostatique, que la Lune, quinage dans le Tourbillon, puiste cauter des variations dans la compres-sion des parties du Fluide. C’est une propriete essentielle des Fluidesde se remetere austi- tot ä 1’Equilibre, lorsque ses Parties en sont sor-ties. Si une colonne de Tourbillon, entre la Lune & la Terre, etoicplus comprimee qu’une autre colonne semblable , rien ne sqauroit empe-clier ses parties de s’echaper de cote jusqu’au retablistement de 1’Equili-bre. Qu’on s’imagine , par exemple , Fair de notre Atmosphere toutd’un coup extrememenc echauffe; ce changement seroit en meme temshaulfer ä proportion le Mercure dans le Barometre, puisque Fair chauda plus de reffort que 1’air froid ; mais comme rien n’empeche Fair des’echaper de cote jusqu’ä la parfaite conservation de 1’Equilibre , celafair qu’un tel changement n’en sqauroit faire aucun fur le Barometre;aussi n’observe-t-on dans le Barometre aucune Variation du jour ä Januit, qui cependant, par un raisonnement tout-ä-fait semblable ä ce-lui des Tourbillonnaires pour expliquer les Mare'es , devroit etre tres-sensible. Pareillement si les eaux d’une Riviere donnern contre un pieu,on ne remarquera aucune disterence dans la surface des eaux, que bienpres du pieu, & le sond du lit de la Riviere fera toujours egalementpresse. En voilä aller & trop für cette matiere; car ce sera toujoursaux Sectateurs de Descartes de montrer l’effet des Tourbillons für l’O-cean , avec la meme clarte qu’on peut le faire, moyennant le principede Kepler , principe d’ailleurs qui n’est plus conteste j sqavoir , que laTerre & tous les Corps eelestes ont une tendance mutuelle ä s'appro-cher les uns des autres. Ce principe pose, il est sacile de faire voir ,que la Terre que nous supposerons devoir etre fäns cette tendance par-faitement ronde, en changera continuellement fa figure , & que c’est cechangement de figure qui est la caufe du Flux & Reflux de la Mer:Comme ce changement dans la Figure de la surface de la Terre est pro-duit de differentes faqons , j’en serai ici un denomfc>rement, & je tache-Uü dans la suite d’en donner la mesure. Ä