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Essai sur la construction navale des peuples extra-européens, ou collection des navires et pirogues construits par les habitants de l'Asie, de la Malaisie, du Grand Océan et de l'Amérique / dessinés et mesurés par M. Paris
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ARA 151 K.

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avoir la pirogue; ils y enfoncent des chevilles dune couleur sombre, et coupent le bois dans lintérieur encreusant avec confiance, certains que les taches quelles font les avertiront quand ils seront a lépaisseur voulue.Par ce moyen, ils obtiennent un résultat beaucoup plus exact quavec des mesures; ils peuvent hardiment cons-truire de grandes pirogues, minces et fortifiées par des courbes en quelques endroits, et principalement auxextrémités, le bois est coupé à contre-fil. Ces pirogues marchent très-bien à la pagaie, et, par leur légèreté,sont propres à parcourir les récifs de Madagascar ou des Seychelles ; leur durée est assez grande et nest pasdiminuée par les chevilles laissées dans le bois. A Malié, on se sert de pirogues plus petites (fig. 9 et 10)pour naviguer en dedans des récifs; et dautres plus fortes (fig. 6, 7 et 8), qui portent, rarement des voilessont employées au transport des marchandises. Ces dernières, quoique dune seule pièce, sont; souvent très-larges,tant les forets de Mahé fournissent, de beaux arbres; quelques courbes suflisent pour maintenir le bois et lefaire résister aux chocs : elles supportent de grandes charges, durent longtemps sans aucune réparation; aussi,dans ces contrées, sont-elles préférées aux canots européens, dont les pièces, facilement désunies, demandent dessoins continuels.

A HA IME.

Le reste des côtes de lAfrique étant tout à fait sans intérêt et les naturels nemployant que les constructionsdes Arabes , nous sommes amené au détroit de Bab-el-Mandeb (porte «le la destruction ou de la mort), dont lenom effrayant dénote les dangers encourus jadis par ceux qui osèrent le franchir, et prouve «pie, comme auxcolonnes «lHercule , les premiers navigateurs furent longtemps arrêtés. Près de cet étroit passage est, situéMoka, dont les minarets et les murs blancs sétendent sur une plage monotone et se détachent sur les montagnesde lintérieur. Une brise fraîche descend du fond de la mer Bouge; sur la surface écumcuse de la rade sautillentde petits bateaux quon dirait abandonnés sans guides aux caprices du vent, car leur voile en lambeaux est maldisposée, et le groupe dArabes accroupis à lintérieur reste immobile et semble une masse inerte. Personne negouverne, et, si de temps à autre on ne voyait un bras jeter de leau sur la voile, on ne soupçonnerait pas quily ait des hommes dans ces bateaux ni «juils suivent une route donnée.

Ces pirogues sont membrées à leuropéenne; les bordages ont o m ,ou 5 dépaisseur, celui «lu haut a o",o 3 ,et un clou, rivé en dedans, les réunit à la fois aux membres et à la «juille, qui est creuse (pl. 2, f/g. 4) et laisse unlibre passage à leau. Le creux existe aussi à létambot et à létrave, mais il est moins prononcé, et il cesse vers b;haut, ces deux pièces prennent la forme représentée fig. ô. Les bordages sont grossièrement joints, mal cal-fatés et rarement peints; une natte attachée aux côt«is garnit le fond, et larrière seul a une partie pontée, surlaquelle, lorsque par hasard il fait calme, se tient lhomme qui gouverne avec une pagaie ( fig. G).

Le mât repose au fond , dans la rainure de la «piille; il est retenu, du côté d vient le vent, par une corderattachée sur elle-même, espèce de longue estrope passant dans les deux trous a et b ( fig- 1 et 2) et embrassant lemât; cette corde se change suivant le vent. La voile, formée dune grosse étoffe de colon rayé, est mal réunie àune ralingue; son point damure «xsl toujours attaché à lavant, et ses angles supérieurs sont supportés, lun parle mât, lautre par un arc-boutant, sorte de livarde «jui sappuie au fond de la pirogue et qui est enlevée lorsquela brise est trop fraîche : la voile se trouve alors réduite à un petit triangle placé tout à fait à lavant, et lon com-prend difficilement comment, ainsi et sans gouvernail, le bateau peut suivre sa route. Les Arabes ny parvien-nent quen se groupant près du mât, sils veulent tenir le plus près : alors larrière se relève, reçoit limpulsion